A
la veille de la cérémonie du
“Bûcher de la paix” et devant les
informations de plus en plus recurrentes, faisant état de
manoeuvres de
déstabilisation depuis le 43e Bima, le président
de l’Alliance monte
ici au créneau pour interpeller le commandant de la force
Licorne sur
les graves dangers auxquels s’exposent les soldats
français à travers
un tel projet.
Mon commandant,
Je voudrais d'entrée de jeu, demander votre
clémence pour le caractère
peu protocolaire de cette adresse.
J'imagine que vous vous demandez ce que ce petit jeune homme que je
suis, vous veut encore. Je ne vous veux aucun mal mon commandant,
soyez-en rassuré. Seulement à quelques jours de
l'évènement historique
que va vivre notre pays, des informations de sources concordantes,
accusant la Licorne de manœuvres de
déstabilisation, nous parviennent.
C'est pourquoi j'ai tenu à vous écrire ces
quelques lignes afin de vous
interpeller.
Mon commandant, voici cinq ans que mon pays est divisé. Une
division
occasionnée par une guerre avec son cortège de
malheurs. Est-il besoin
de vous rappeler que cette guerre a fait des orphelins, des veuves, des
milliers d'innocents tués ? Au niveau économique,
les activités sont au
ralenti et les Ivoiriens continuent d'en souffrir. C'est un secret de
polichinelle, que de rappeler que votre pays a activement
participé à
mettre la Côte d'Ivoire à genoux, à
l'image d'autres pays comme le
Rwanda, le Congo-Brazzaville, le Libéria pour ne citer que
ceux-là.
Les autorités françaises d'alors, nous ont
promené de capitale en
capitale. Et cela sans succès. Face à ce triste
constat, le Président
de la République de Côte d'Ivoire a
puisé en lui le dialogue direct,
qui a engendré l'Accord politique de Ouagadougou, dont les
effets se
ressentent aujourd'hui, partout en Côte d'Ivoire.
Grâce à cet accord,
la zone de confiance, devenue zone de méfiance, a disparu,
rapprochant
ainsi les Ivoiriens de toutes ethnies, de toutes religions et de tous
bords politiques. Ce rapprochement aboutira ce 30 juillet à
la
réunification du périmètre
géographique ivoirien ainsi qu'aux
retrouvailles de ses fils et filles. C'est à quelques jours
de cet
évènement que, des informations font
état de manœuvres de
déstabilisation en cours au 43è Bataillon
d'infanterie marine (BIMA)
d'Abidjan-Port-Bouët. En ma qualité d'acteur
avisé de la longue crise
que vit mon pays, je voudrais ici m'autoriser à vous
interpeller.
Mon commandant, je vous en prie, laissez-nous mettre fin à
notre guerre
comme vous l'avez fait il y a de cela plus d'un siècle chez
vous en
France. Qu'y a-t-il de mal pour un peuple, à retrouver la
paix ? Quel
mal avez-vous à voir notre Afrique se libérer ?
Maintenant que le pot aux roses est découvert, je vous
demande
d'abandonner cette sale besogne, sinon la sanction que le peuple de
Côte d'Ivoire va vous infliger sera
sévère et sans appel. Pourquoi
voulez-vous imposer la force là où les
belligérants que vous êtes
censés séparer, ont décidé
d'abandonner la force qui elle, a montré ses
faiblesses ? Et vous le savez très bien, si vous avez
échoué face à une
partie du peuple en novembre 2004, ce n'est pas tout un peuple uni
assoiffé de paix, que vous pouvez vaincre aujourd'hui. Comme
le dirait
l'autre, même si vous n'avez pas honte, au moins, ayez
pitié. Alors
arrêtez !
C'est le lieu pour moi d'appeler tous les fils et filles de la
Côte
d'Ivoire à rester déterminés afin que
personne ne puisse nous distraire
de l'essentiel : la paix et la réunification de notre pays,
seul gage
du développement. Contre les messages des oiseaux de mauvais
augure qui
se font peur, allons tous à Bouaké pour retrouver
notre Côte d'Ivoire
une et indivisible. Quant à vous Licorne, vous jouerez
certainement
votre rôle mais sachez que nous aussi, nous jouerons le
nôtre ;
c'est-à-dire défendre notre patrie.
J'espère bien mon commandant, que nous nous sommes compris.
Charles Blé Goudé
Président du COJEP, président de
l'Alliance de la jeunesse pour le sursaut national
Source
: lematindabidjan.com
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