
Les deux hommes forts de
l’opposition ivoirienne, réunis au sein du
Rassemblement des houphouétistes pour la
démocratie et la paix (RHDP), Alassane Ouattara, le candidat
encore en lice contre le président sortant, Laurent Gbagbo,
et le président du Parti démocratique de
Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan
Bédié, refusent le couvre-feu instauré
par le chef de l’Etat pour la sécurisation du
second tour de l’élection
présidentielle. Ils l’ont exprimé
clairement samedi 27 novembre 2010 au palais présidentiel du
Plateau, à leur sortie d’audience avec le
président burkinabé, facilitateur dans la crise
ivoirienne. Blaise Compaoré est arrivé en pompier
ce samedi pour tenter de calmer la tension entre les deux camps rivaux.
Alassane Ouattara a été reçu
à deux reprises par le président élu
burkinabé. Après la première audience,
le président du Rassemblement des républicains
(RDR) a affirmé qu’il n’acceptera pas
cette décision du chef de l’Etat Laurent Gbagbo,
car à l’en croire, c’est une
manière pour le camp présidentiel
d’intimider les votants pour pouvoir facilement frauder.
« En fait, c’est une volonté de fraude,
de tricherie, d’intimidation qui est inacceptable. Je reviens
tout à l’heure voir le président
Compaoré. Et le président Gbagbo et moi, nous
aurons un entretien entre candidats, il faut que ce décret
soit annulé purement et simplement pour qu’il y
ait la paix en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens veulent
la paix, qu’on les laisse aller aux élections dans
la paix », a indiqué Alassane Ouattara
à la presse. Il a exprimé son
mécontentement face à la décision du
président sortant, estimant qu’elle a
été prise de façon
unilatérale, à 24 heures du scrutin
d’hier dimanche 28 novembre 2010. Il a
déclaré ne pas comprendre la présence
de chars de l’armée et de la police dans les rues
abidjanaises avant la tenue de l’élection.
« En venant ici, nous avons vu des chars en ville. On me dit
qu’il y a des affrontements à Abobo, qui ont
été bien sûr manipulés et en
définitive, un couvre-feu qui commence ce soir
jusqu’à mercredi littéralement. Dans
tous les pays du monde, il n’y a pas de couvre-feu avant
l’élection. Le couvre-feu, c’est
après l’élection quand il y a des
problèmes. Une telle décision est inacceptable et
nous avons dit au facilitateur que nous ne l’accepterons pas.
Nous considérons qu’elle est illégale,
anticonstitutionnelle. Laurent Gbagbo, à 24 heures du
scrutin, n’a pas le droit de prendre de manière
unilatérale une décision qui crée des
troubles en Côte d’Ivoire. Nous voulons aller
à des élections apaisées, nous voulons
aller à ces élections comme au premier tour, sans
char dans la rue, sans militaire, où les Ivoiriens pourront
choisir librement la personne qu’ils veulent pour essayer de
sortir le pays de la crise », a-t-il signifié.
Pour sa part, le candidat malheureux du premier tour, membre du RHDP,
Henri Konan Bédié, a
déclaré que les militants de leur coalition ne
respecteront pas le couvre-feu instauré. « Nos
militants n’obtempéreront pas », a-t-il
assené, notant que le camp présidentiel veut
tricher à ce scrutin.
Hervé KPODION