Le Parti Ecologique Ivoirien



Commission électorale indépendante Comment Gbagbo a récupéré la machine


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samedi 27 février 2010 - Par Soir /Info


Avec la nouvelle composition, depuis le jeudi 25 février 2010, de la Commission électorale indépendante (Cei) désormais présidée par l’ex chef de la diplomatie ivoirienne, Youssouf Bakakoyo, on pourrait affirmer que Laurent Gbagbo a su retourner la situation en sa faveur. Dans son dernier discours à la nation, le président de la République a affiché sa réelle détermination à totalement ‘’refonder’’ l’institution. Bien que rappelé à l’ordre par Blaise Compaoré, Laurent Gbagbo a toutefois su tirer profit de la situation. Contraint de tenir compte des accords politiques de Ouagadougou (Apo), après le passage éclair à Abidjan du facilitateur dans la crise inter-ivoirienne, Laurent Gbagbo a néanmoins obtenu, au grand désarroi de l’opposition, le départ de Beugré Mambé, pour avoir ‘’mené une opération illégale, visant à obtenir l’inscription frauduleuse de 429 030 personnes sur la liste électorale’’. Sortant, du coup, victorieux du bras de fer qui l’opposait, sur la question, au Rhdp (Rassemblement des houphouëtiste pour la démocratie et la paix) qui avait fait du maintien de ce dernier à la tête de la Cei, un préalable à toutes discussions. En plus de Beugré Mambé, le vent de changement, qui a soufflé sur la structure nationale chargée de l’organisation des élections, a également emporté quatre de ses vice-présidents. Youssouf Bakayoko le nouveau président de la Cei est une personnalité qui a le profil qui sied, à tous points de vue, à la vision du Chef de l’Etat. Car, bien qu’élu sous la bannière du Pdci (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), cet homme qui a représenté la Côte d’Ivoire en qualité d’ambassadeur en France, en Allemagne, en Suisse…est un ‘grand serviteur de l’Etat’’, comme l’indiquent diverses sources. Puisqu’au cours de son allocution à la nation du vendredi 12 février 2010, Laurent Gbagbo avait regretté que certains membres du gouvernement et de la Cei, à l’instar de Beugré Mambé, faisait prévaloir des intérêts partisans, au détriment de l’intérêt républicain. ‘’Au moment où nous pensions être au bout de nos efforts pour avoir des élections propres, nous constatons qu’en réalité le processus de paix que nous avons patiemment élaboré est pris en otage par des partis politiques à travers leurs représentants au sein des institutions chargées de le mettre en œuvre. Le président de la Commission Electorale Indépendante (Beugré Mambé : Ndlr) n’a pas agi conformément à ce que la nation était en droit d’attendre de lui ; à savoir, demeurer rigoureux, neutre et impartial’’ avait déclaré le président Laurent Gbagbo. Pratiquement plébiscité lors de son élection jeudi dernier à la tête de la Cei par 19 voix sur 20, l’ancien ministre des Affaires étrangères qui a reçu l’appui de Laurent Gbagbo et de son parti d’origine le Fpi, est considéré comme un bon travailleur de l’Etat. On dit de lui qu’il a un profond respect pour le chef de l’Etat qu’il a d’ailleurs accompagné dans ses différentes visites officielles à l’extérieur. Ce qui n’aurait pas plu, par moment, à son parti politique, qui le suspectait de rouler pour Laurent Gbagbo. Sans jamais confirmer ou infirmer auprès de l’instance suprême de son parti ses accointances supposées avec le chef de la Présidence de la République, l’ancien directeur de la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles en France a pris ses distances avec le Pdci. Un avantage psychologue que Laurent Gbagbo, candidat à sa propre succession et son staff de campagne pourraient mettre à profit pour la victoire finale à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril et début mai 2010.


Claude Dassé

Source : ivorian.net

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