Pour
le numéro deux de l’état major des
forces nouvelles, le processus de
paix est irréversible. Il œuvre à
l’accomplissement de l’accord de
Ouagadougou et travaille d’arrache-pied avec les forces
loyalistes.
Non, le chef d’état major adjoint des forces
nouvelles n’a pas déserté
Bouaké. Il n’est non plus en
délicatesse avec Soro. Seulement, Issiaka
Ouattara alias Wattao s’est résolument
engagé dans le processus de
sortie de crise. Et rien ne semble l’arrêter, au
point qu’il ne fait
presque plus de différence entre les états-majors
de l’armée régulière
et celle de l’ex-rébellion. En ce moment, de
concert avec le
lieutenant-colonel Konan Boniface, commandant du
théâtre des opérations
des forces de défense et de sécurité
(fds), il sillonne l’ex-zone de
confiance. Le 22 décembre dernier, il était au
centre de commandement
intégré de Yamoussoukro où, avec le
com-théatre, un plan de
sécurisation a été
élaboré. « Ce qu’on peut
retenir, c’est que la Côte
d’Ivoire est en marche et que tout va bien entre les deux
forces. Nous
avons décidé de mener une opération de
sécurité sur l’ex-zone de
confiance pour pouvoir rassurer nos populations qui vivent
là bas. Vous
savez bien, il y a des coupeurs de route, il y a des braquages qui se
passent. Nous n’allons pas laisser la Côte
d’Ivoire aux mains des
braqueurs et des coupeurs de route », avait confié
Wattao à l’issue de
près d’une heure de conclave avec les forces
loyalistes, comme pour
montrer que le processus de sortie a atteint un point de non retour.
Pour les observateurs de la scène politique nationale, celui
que
l’accord complémentaire (Ouaga 4) vient
d’élever
‘’officiellement’’ au
grade de commandant est l’un des grands défenseurs
de l’APO en zone ex-
rebelle. Ce proche collaborateur de Soro Guillaume, assure-t-on, ne
ménage aucun effort pour faire aboutir la sortie de crise. A
ce titre,
il a été plus d’une fois
mentionné la forte implication de Wattao dans
l’organisation de la mémorable
cérémonie de la ‘’Flamme de
la paix’’.
Dans la foulée, et comme pour donner le ton de la nouvelle
vision des
forces nouvelles, il a libéré la
résidence du préfet qu’il occupait
à
Bouaké. Le CEMA adjoint des FN a aussi
déserté les locaux de la COOPEC,
base de l’unité
‘’Anaconda’’ qu’il
dirige. C’est sans doute cet
engagement de tous les instants, qui l’a fait coopter pour
pacifier la
zone de Séguéla et Vavoua, lorsque
Koné Zackaria a déserté sa base. On
se souvient, c’est d’ailleurs à
l’issue du regroupement des ex-
combattants en mai 2008 qu’il a confié ceci
à Fraternité Matin : «
C’est un sentiment de joie qui m’anime de voir ces
jeunes gens qui ont
accepté de combattre à nos
côtés, trouver une autre manière de
vivre
sans kalachnikov. Ils devraient sauter sur l’occasion. Si
cette chance
nous est offerte, il ne faut pas la rater. » A
Bouaké, relatent des
sources, Wattao soutient à l’envi que
l’accord politique va atteindre
l’objectif visé : le retour définitif
à la paix. « Je suis toujours
avec mon frère Blé Goudé, nous
lançons des messages de paix. Il ne faut
pas rester dans son salon pour parler de paix »,
ressasse-t-il. Et pour
donner le change aux détracteurs de l’APO, Wattao,
toujours dans le
quotidien gouvernemental a soutenu que « même le
Président Gbagbo qui
avait les moyens de nous écraser a accepté de
négocier, il nous a tendu
la main, cela doit servir de leçon à tout le
monde ». Aussi, pour bien
montrer que la rébellion relève du
passé, il affirme volontiers : « Je
suis sous les ordres du Général Mangou.
» Au vu de tout ce qui précède,
il ne serait pas excessif d’avancer que le Commandant Wattao
a fait
définitivement ses adieux à la
rébellion. D’ores et déjà,
il faut noter
que le patron du dispositif FAFN dans les départements de
Vavoua et
Séguéla séjourne dans
l’ouest de la Côte d’Ivoire, à
la demande du chef
de l’Etat qui a pris des mesures vigoureuses pour la
sécurisation de
l’Ouest du pays. Une mission au cours de laquelle il
n’a de cesse de
répéter à qui l’entendre que
la page de la rébellion est définitivement
tournée. Et qu’il importe aujourd’hui de
redonner confiance aux
populations en appliquant en toute sincérité
l’accord de Ouaga qui est
la boussole. Même s’il reconnait que les
difficultés ne manquent pas
dans sa mise en œuvre, le chef
d’état-major adjoint des FAFN est d’avis
qu’il faut donner un réel coup de fouet au
processus de paix. Interrogé
sur la volonté des FN de permettre à
l’Etat d’étendre son autorité
sur
les zones centre nord et ouest actuellement sous leur occupation,
Wattao ne s’est pas fait prier, au cours de la mission, pour
reconnaitre qu’il était temps que
l’état d’exception qui
prévaut dans
le pays prenne fin. Et bien sûr, cela passe par la
restauration de
l’autorité de l’Etat sur toute
l’étendue du territoire national.
‘’Nous
sommes prêts à rendre les villes, les communes et
les régions que nous
occupons’’, avait-il martelé. A en
croire des sources, la décision sera
prise sous peu. Dès le retour du premier ministre Soro
Guillaume qui
séjourne en ce moment sur les bords de la Seine et qui ne
manquera
certainement pas l’occasion de se réconcilier avec
les Ivoiriens.
S.O