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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Strip-tease,
alcool, partouze… - Le sexe envahit les bars
climatisés d`Abidjan
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samedi 17 mai 2008 par Nord Sud |
Initialement
destinés à une clientèle
sélectionnée, les bars climatisés sont
devenus aujourd'hui de hauts
lieux de perversion où alcool, cigarette, strip-tease et
même partouze
font bon ménage. Abidjan est
«gâté». Il suffit d'effectuer
une
promenade nocturne dans la capitale économique ivoirienne
pour s'en
convaincre. Les bars climatisés qui ont vu le jour, il y a
une
demi-douzaine d'années, pour permettre aux noctambules
d'échapper aux
bruits des boîtes de nuit et des maquis sont devenus, en peu
de temps,
des nids d'immoralité. Une incursion dans ces lieux est
édifiante. Ce
11 mai, jour de la commémoration de l'anniversaire de la
mort du pape
du reggae, Robert Nesta Marley dit Bob Marley, notre équipe
de
reportage fait une virée dans un
célèbre bar climatisé
“TF” de la rue
Paul Langevin, sise en Zone 4. Ici, point d'hommage à la
méga star du
reggae décédée il y a plus d'un quart
de siècle. «Nous ne sommes pas
branchés en ce moment sur sa musique. Ici, c'est un autre
univers»,
lance Angéline, une serveuse qui nous installe dans le
premier salon.
Sexe, strip-tease, alcool, cigarette…à gogo
Habillée d'une jupette et
d'un spencer, nombril au vent, elle ne laisse aucun client
indifférent.
Le spectacle des yeux est ainsi garanti. Tout comme
Angéline, Nadia se
donne un look d'enfer pour attirer la clientèle du bar, et
les regards
sur elle. Elle s'est fait faire un piercing au nez et au nombril, un
tatouage sur le dos et, sans aucune gêne, se faufile entre
les
différentes tables…en petite culotte. C'est avec
ce style provocateur
qu'elle sert la boisson à la clientèle.
Enserrée dans une tenue
ras-de-fesse, cigarette aux lèvres, Sandrine tient compagnie
à deux
clients. Pendant ce temps sept autres serveuses, à
moitié nues,
esquissent des mouvements osés, au milieu du bar, face
à un miroir, au
son de la musique du « bobaraba » et du «
tchougou-tchougou » en vogue
à Abidjan. Et, tout cela à la grande joie des
clients. Comment ces
belles créatures, jeunes et aptes à exercer dans
des activités
professionnelles honorables peuvent-elles s'adonner à ce
commerce ?
Angéline évoque des problèmes de
pauvreté. «Je n'avais plus rien comme
argent pour subvenir à mes besoins, alors que j'ai un
enfant, qu'il
faut nourrir. Je n'avais pas d'autre choix que de basculer dans ce
travail de la nuit», révèle-t-elle.
Sandrine parle pour sa part de
problèmes familiaux. «Ma maman ne vit plus avec
mon père et sa nouvelle
femme ne veut pas me voir. Pour toutes ces raisons, j'ai
quitté le
domicile familial pour me débrouiller»,
lance-t-elle. Depuis, elle
gagne sa vie dans les bars. Nadia, quant à elle, vit un
drame selon ses
explications. «Je suis étudiante dans un
établissement de la place.
Faute de moyens pour payer mes cours, j'ai mis un terme à ma
scolarité
cette année. Le temps pour moi de trouver un peu d'argent
pour
reprendre le chemin de l'école», se
désole-t-elle. En attendant, elle
gère sa vie entre l'alcool et la cigarette. A Marcory au
S…bar, le
décor est presque identique. Installées dans le
premier salon où la
luminosité est approximative, les serveuses et danseuses,
cigarette en
main, à moitié nues, devisent avec des clients
devant une table remplie
de bouteilles d'alcool. Après son numéro affolant
de strip-tease
exécutée nue autour d'une barre de fer sous la
musique techno, rock ou
funk, Myriam s'affale sur un fauteuil. Elle explique qu'elle exerce ce
métier pour fuir la misère. «Je vivais
dans une situation extrêmement
misérable. Je n'avais pas d'autre choix que de trouver un
point de
chute. C'est ce qui m'a amenée dans le
strip-tease», indique-t-elle. Et
d'ajouter que les jeunes filles s'adonnent de plus en plus à
ce travail
par mimétisme. Dans cette grisaille, Ange semble
être différente de ses
collègues. Du moins si l'on s'en tient à ses
dires. En effet, elle
affirme avoir été recrutée comme
serveuse. «Il faudrait que le public
arrive à faire la différence entre nous. Il y a
effectivement deux
catégories de personnes qui travaillent dans les bars
climatisés : les
serveuses et les danseuses. Moi, je fais partie de la
première
catégorie. Nous n'avons pas besoin d'exhiber notre corps
encore moins
notre sexe à la clientèle»,
martèle-t-elle. Et de poursuivre : « Je vis
avec quelqu'un. Il n'est pas question d'aller au-delà de mon
rôle en
offrant mon corps à tout le monde. Si cela devient une
exigence, je
serai obligée de démissionner. C'est vous dire
que tout est une
question d'éducation.» Couturière de
formation, elle mentionne qu'elle
est venue chercher l'argent de ses machines à coudre pour
ouvrir un
atelier. «Je me suis déjà
acheté une machine. Dès que j'ai le prix de
la deuxième, je quitte le milieu qui, je l'avoue, est plein
de vices»,
dit-elle. Les danseuses sont payées à 3.000 Fcfa
par jour contre 2.000
Fcfa pour les serveuses. En plus, une serveuse gagne 500 Fcfa sur
chaque client qu'elle installe. Lorsqu'un client les invite
à prendre
un pot, elles utilisent le système
«plasia» qui consiste à mettre de
l'eau dans les bouteilles ou les cannettes qui leur a
été offerte en
guise de la consommation. Après quoi, elles passent
récupérer l'argent
auprès du gérant pour compléter leur
gain du jour. «Il y a
effectivement, dit Ange, des filles qui procèdent ainsi pour
pouvoir se
faire beaucoup d'argent dans la soirée.» Hormis
l'exception de Ange,
les autres filles qu'elles soient serveuses ou danseuses ont un
goût
prononcé pour l'alcool, la cigarette, le sexe…
30.000 Fcfa pour une
partouze Même si elles refusent qu'on les taxe de
prostituées, beaucoup
de filles des bars climatisés ne sont pas
différentes de celles qui
arpentent les rues de la capitale économique, une fois la
nuit tombée.
Au bar «TF» à la rue Paul Langevin, les
serveuses et les danseuses,
perles au rein, s'adonnent à toutes sortes de mouvements et
gestes sexy
pour faire fantasmer le client. Deux filles très
excitées s'adonnent à
une scène de lesbianisme sur la piste. Angéline,
une des doyennes du
bar, explique que c'est de cette façon qu'elles parviennent
à faire
mordre l'hameçon à d'éventuels
clients. Les intéressés peuvent utiliser
le système «busi externe» qui consiste
à embarquer la fille pour aller
chez soi. Dans ce cas, elle n'est pas prise en compte ce
jour-là par le
bar. Il appartient au client de payer le déplacement et la
prestation.
«Lorsqu'on nous déplace de notre lieu de travail,
la facture peut
s'élever à 20.000 ou 25.000 Fcfa la nuit selon
les négociations»,
explique Angeline. Par contre le “busi interne” qui
se fait dans un
couloir du bar peut coûter 10.000 à 15.000 Fcfa.
En dehors du salon
ordinaire, le bar climatisé «TF»
possède deux salons privés. Une visite
de ces lieux permet de constater qu'il y a une différence
avec
l'ordinaire. Le premier est une chambre où sont
déposés des fauteuils
confortables. Selon Angéline, à cet endroit
plusieurs couples peuvent
se retrouver pour consommer la boisson et faire l'amour sans que
personne ne soit gêné. C'est aussi le lieu
où les filles du bar peuvent
être sollicitées par des clients plus vieux ou
pervers pour une partie
de fellation ou d'amour ou encore de partouze. «Nous faisons
ce que les
clients nous demandent. En fonction donc de son goût, nous
nous
exécutons. Car ce plaisir a également son prix.
Dans ce cas, le client
peut débourser pour chacune d'entre nous la somme de 10
à 15.000 Fcfa»,
indique Angéline. Ce qui n'est pas compris dans le prix de
la boisson
qui, dans ce salon, est plus élevé. Le second
salon privé est classé
VIP. En plus des fauteuils, il y a un lit. Contrairement au premier, il
ne peut être loué que par un seul couple.
Angéline affirme que beaucoup
de choses se passent dans ce salon. A cet effet, elle
révèle « qu'il
arrive parfois qu'un homme occupe la chambre avec sa compagne. Il loue
des serveuses ou des danseuses pour faire l'amour avec sa femme. Il
trouve son plaisir là-dedans. Moi, je ne suis pas lesbienne,
mais j'ai
eu à le faire une fois. Par la suite, nous nous sommes
adonnés à une
partie de partouze. Ce jour-là, il était
tellement satisfait qu'il m'a
donné 30.000 Fcfa”,
révèle-t-elle. Pour Angeline, ces
différents jeux
du vice et de la perversité sont devenus, pratiquement, la
principale
marchandise des bars climatisés : “C'est ainsi que
fonctionnent les
bars climatisés aujourd'hui. Si tu ne rentres pas dans le
contexte, ton
bar ne marche pas”. Conclusion d'un guide averti. Issa T. Yéo
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