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Réactions / Rencontres : Gbagbo-Bédié et Gbagbo-Ado Ce qu’en pensent les Ivoiriens de la Diaspora

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jeudi 20 mai 2010 - Par L'Intelligent d'Abidjan |

1. M. OBRE PREGNON (Pdt de l’Union des citoyens
ivoiriens, UCI) : «Le geste est noble»
« Le geste en lui-même est noble, parce
qu’il faut apaiser la situation socio politique. Mais
à un moment donné, il va falloir que le chef de
l’Etat prenne ses responsabilités. S’il
l’a fait c’est qu’il a analysé
le pour et le contre. »
2. Doumbia Major (Pdt du congrès panafricain pour
le renouveau, CPR) : «On attend pour voir»
«C’est une bonne chose, s’il respecte
pour une fois les engagements qu’il prend
vis-à-vis des Ivoiriens et vis-à-vis de la
communauté internationale, qui a toujours douté
de sa bonne foi. Mais, on attend pour voir».
3. M. Momo de Paris (producteur d’artistes) : «Il
est obligatoire pour ces trois de trouver la solution à leur
propre problème»
«C’est un bon geste, parce
qu’au-delà de la politique, nous sommes tous des
frères. Logiquement, il ne devait pas avoir
d’effet médiatique à ce que les trois
grands leaders se rencontrent. Car c’est ensemble
qu’on doit apaiser le climat qui devient lourd, surtout pour
nous de la diaspora. Loin de notre pays, nous subissons chaque jour la
pression des parents qui avant pouvaient se débrouiller
seuls. Aujourd’hui avec la crise, le niveau de vie de
l’Ivoirien se dégrade de jour en jour. Il faut
qu’on aille aux élections pour offrir la paix
à la côte d’Ivoire, mais pas avec les
armes en main. Si les FN et le Rhdp ont accepté de
participer au gouvernement, je crois que c’est parce
qu’ils ont trouvé un consensus avec le pouvoir de
Gbagbo, par conséquent les armes n’ont plus leur
raison d’exister. Enfin, c’est une obligation pour
ces leaders politiques de trouver la solution au problème
qu’ils ont eux-mêmes créé
».
4. Paul Oulai (Membre de l’Union pour le
développement et les libertés, UDL) :
«L’UDL a toujours prôné le
dialogue social »
« Je pense qu’il y a eu toujours un dialogue entre
nos responsables politiques. Si le président Gbagbo
s’est déplacé pour rencontrer ses deux
grands opposants, cela fait partie du dialogue social que nous
réclamons à l’UDL, avec le camarade
Martial Ahipaud. Pour nous, après avoir fait le tour des
capitales européennes et africaines, c’est seul le
dialogue de Yopougon qu’il faut aux Ivoiriens».
5. François Guina (Pdt de l’Union des
mouvements et associations de la diaspora, UMAD) : «Il a
été humble »
« Ce n’est pas donné à un
Président de la République, dans une telle
configuration, d’aller voir ses opposants et leur tendre la
main ; pour dire que voici que nous sommes dans une situation de sortie
de crise et que le pays a besoin de tous ses fils. C’est une
action que je loue. Je crois que tous les Ivoiriens qui souhaitent que
la Côte d’Ivoire regagne la stabilité
qu’elle avait dans le temps, doivent féliciter le
président Laurent Gbagbo. Il a été
humble. Il a laissé son orgueil de chef de l’Etat
de côté. Enfin, je pense que c’est entre
nous Ivoiriens, en nous serrant les coudes que nous sortirons de cette
crise ».
6. M. Charles Mabi (Pdt du mouvement Gbagbo-Yako): «Si on
pouvait avoir régulièrement ce genre
d’actions, la Côte d’Ivoire irait
mieux»
« Dans l’histoire de la Côte
d’Ivoire, c’est la première fois
qu’un chef de l’Etat aussi puissant, pose un geste
aussi noble. Je pense que c’est une qualité
qu’on ne peut pas retirer au Président de la
République. Il a fait fi de son titre de chef de
l’Etat pour aller vers ses frères. Non pas en tant
que président, mais en tant qu’Ivoirien. Il est
allé discuter avec ses frères pour mettre
à plat tous les sujets qui concernent la Côte
d’Ivoire. Si on pouvait avoir
régulièrement ce genre d’actions, la
Côte d’ivoire irait mieux. »
7. Marcel Youpeh (pdt Udpci et RHDP-Europe) : «Les leaders du
RHDP doivent écouter la base, même si
l’acte de Gbagbo est humain »
«Mon sentiment est que nous au RHDP-Europe, nous avons eu un
coup de marteau sur la tête, car ici la mobilisation
était totale. C’est dommage que nos responsables
n’aient pu suivre. Et ce désaccord entre nos
responsables et la base peut leur coûter un jour
très cher. Ici à Paris, les militants ont failli
me lyncher, lorsque je leur ai annoncé alors que nous
étions à 48 h de la marche, son report. Ma
surprise a été d’entendre de la bouche
du président Anaki (Mfa) que nous devions rester toujours
mobilisés même si cette fois-ci ce fut un flop.
Parlant de la forme de ces tête-à-tête,
j’entends dire que le président Gbagbo a
rencontré les deux grands leaders de l’opposition
qui ont décidé de reporter la marche, alors que
c’était la marche du RHDP qui comprend quatre
grands partis politiques (Udpci-Mfa-Pdci-Rdr) et non celle des deux
partis politiques que sont le Pdci et le Rdr. Si on parle de petits
partis au sein du Rhdp, moi, Youpeh, membre de l’Udpci, donc
petit parti, ne serais pas le président du Rhdp-Europe. Il
va falloir que nos quatre leaders apprennent à se concerter
avant de décider. Si cela n’est pas fait,
ça va être très dur pour nous devant
Gbagbo et le Fpi. Enfin, j’insiste sur le fait que nos
leaders doivent écouter leur base, même si
l’acte du président Gbagbo est humain et nous a
permis d’éviter d’autres
dégâts comme ceux de en février dernier
».
8. Olivier Toualy Bouabré (opérateur
économique) : «C’est encore du
théâtre »
« La démarche de Gbagbo est noble. En tant
qu’Ivoirien, je suis fatigué. Mon
inquiétude est, est-ce que ce n’est pas du
théâtre qu’ils sont en train de faire
encore. Aujourd’hui beaucoup de jeunes de la diaspora veulent
investir en Côte d’Ivoire, mais ne sont pas trop
sûrs de nos dirigeants politiques. Que ces derniers nous
prouvent le contraire ».
Propos recueillis par Philippe Kouhon, correspondant zone Europe

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