Réponse du berger
à la bergère. La primature n’a pas
attendu longtemps pour apporter une réplique aux
propositions de Simone Gbagbo relatives à un recadrage de
l’accord politique de Ouagadougou.
L’épouse du chef de l’Etat a
même envisagé d’en discuter avec le
Premier ministre Guillaume Soro. Mais la primature n’entend
pas débattre de cette question avec la Première
dame. En tout cas, c’est ce que Méité
Sindou, porte-parole du chef du gouvernement, a laissé
entendre, hier mardi, sur les antennes de la radio française
RFI. « Pour le débat de fond sur
l’Accord politique de Ouagadougou, le Premier ministre
souhaite surtout l’avoir principalement avec le
Président de la République, Laurent Gbagbo, qui
est signataire de l’APO et le deuxième
interlocuteur, qui est le président Blaise
Compaoré du Burkina Faso, donc le Facilitateur du dialogue
direct. Donc, ce sont ces trois acteurs qui sont habilités
à ouvrir un débat de fond
éventuellement sur une revue du contenu de
l’accord politique de Ouagadougou », a dit
le porte-parole de Soro. Dimanche 14 septembre dernier, au meeting de
clôture de sa tournée dans les zones Forces
nouvelles, Simone Gbagbo a estimé qu’il fallait
‘’revisiter l’Accord de Ouagadougou pour
trouver des solutions qui soient plus à la dimension de nos
poches, de notre budget’’. Lundi, la
vice-présidente du FPI est revenue sur les mêmes
propositions dans un entretien à RFI.
« Les solutions qui ont été
trouvées dans les accords de Ouagadougou sont des solutions
qui sont onéreuses. Il faut que nous acceptions de revisiter
ces accords. Si nous acceptons dès maintenant de nous
asseoir pour revenir à des considérations plus
réalistes en tenant compte des capacités
réelles de notre état et en comptant
d’abord sur nous mêmes à ce
moment-là, nous allons trouver des solutions et avec ces
solutions, nous allons pouvoir aller aux
élections », avait-elle soutenu.
L’épouse du Président a
indiqué qu’il était
nécessaire de revisiter tout ce qui concerne les conditions
du désarmement, de la réinsertion des
ex-combattants, du rapatriement des mercenaires étrangers et
de toute la classification financière qui en a
été faite. « Tout
ça, c’est assez de difficultés. Ce
n’est pas très réaliste , ce
n’est pas très réaliste quand on
regarde le budget de la Côte d’Ivoire. Il faut
revoir tout cela à la baisse », a
insisté Simone Gbagbo. Hier mardi,
Méité Sindou s’est voulu tout aussi
direct sur les antennes de RFI pour répondre à la
Première dame. « Mais, l’accord
de Ouaga s’est déjà
auto-revisité à plusieurs reprises avec la mise
en place d’un cadre institutionnel de transition, avec
l’opération d’identification et puis la
résolution des questions militaires. Donc, ce travail a
été déjà fait. Et
aujourd’hui, la bonne preuve que l’accord marche et
fonctionne, a encore été donnée au
cours de cette journée du lundi 15 septembre avec le
lancement officiel du démarrage de
l’opération d’identification des
populations et de recensement électoral. Eh bien cet accord
est en passe d’aboutir, c’est-à-dire la
pacification de la Côte d’ivoire et
l’organisation d’élections
démocratiques », a indiqué le
porte-parole de la Primature. Il faut le dire tout net. La passe
d’armes entre Simone Gbagbo (camp présidentiel) et
Méité Sindou (camp Soro), à propos de
l’accord de Ouaga, en ajoute aux sons discordants qui
menacent la sortie de crise en Côte d’Ivoire.
par Charles TRA BI