| Pour leur
première sortie officielle, ce fut une réussite
en matière de
mobilisation pour les femmes du Rassemblement pour la paix (RPP).
C’était samedi dernier, à la place
Ficgayo à Yopougon, en dépit de la
pluie diluvienne qui s’est abattue sur la capitale le matin.
Elles sont
venues de presque toutes les communes du district d’Abidjan
mais aussi
d’Agboville et de Sikensi pour célébrer
le retour de la paix et
apporter leur soutien à l’Accord politique de
Ouagadougou. Le mouvement
créé le 30 avril 2003 par le président
du Conseil économique et social
(CES), Laurent Dona-Fologo, qui préside également
à ses destinées, en a
profité pour présenter les différentes
responsables, notamment les
coordinatrices et responsables des secteurs dans les
différentes
communes. De quoi réjouir le président-fondateur
qui a félicité Mme
Anonkoua Emiliène, présidente du
comité d’organisation et ses sœurs
pour la qualité du travail abattu. Avant de les inviter
à persévérer
jusqu’au retour définitif de la paix et du
bien-être social du peuple
ivoirien. Laurent Dona-Fologo a expliqué à ses
«amazones» et aux
Ivoiriens les raisons de la création de ce mouvement. Il
s’agit, a-t-il
dit, de «rester fidèles aux idéaux
fondamentaux du Président Félix
Houphouet-Boigny, notamment, la paix». Il les a
remerciés d’avoir
compris ce message et accepté la continuité
qu’incarne le Président
Laurent Gbagbo. «J’invite les femmes à
rester mobilisées, vigilantes et
engagées pour la paix et la prospérité
de la Côte d’Ivoire», a-t-il
déclaré. Car il considère que les
menaces sur le processus de paix
n’ont pas entièrement disparu. Et que
d’autres efforts sont
nécessaires, selon lui après la
résistance patriotique pour laquelle il
a félicité la commune de Yopougon.
«Acceptez tous les sacrifices pour
vos enfants, pour qu’ils soient, demain, plus grands que
nous». A
l’endroit des médecins et de tous les
grévistes en quête d’un meilleur
salaire, il a rappelé qu’«on ne partage
pas la misère». Il a salué la
fermeté du gouvernement, un signe de la lutte contre
«l’impunité». «Ne
vous trompez pas, tout n’est pas encore gagné.
Restez vigilants. La fin
de la guerre est délicate», a-t-il dit. Pour lui,
«la guerre est la
principale cause de nos problèmes». Il a
invité les Ivoiriens à
cultiver le goût du travail et à
dénoncer ceux qui se sont enrichis
dans le cafouillage durant cette guerre.
Il a fustigé, en revanche, le comportement des personnes qui
se
réclament de la philosophie d’Houphouet-Boigny
mais qui cautionnent la
destruction du pays, l’écoulement du sang et la
manipulation de la
communauté internationale en faisant croire à une
«guerre civile» par
pur égoïsme et par refus de l’alternance.
«Nous ne sommes pas ces
égoïstes qui ne construisent que leur
village». De même, il ne comprend
pas que des gens se proclament déjà
Président alors même que des
élections n’ont pas eu lieu. Autant
«arrêter» d’organiser les
élections. Il s’est également
offusqué face à la subite mobilisation
dans les états-majors des partis politiques de
l’opposition, désormais
«nantis de l’argent de l’Etat»
et aussi parce que Laurent Gbagbo
favorise l’expression démocratique. Alors que,
selon lui, ils se sont
terrés en 1999 en pleine guerre, même face
à leurs propres militants
déplacés de guerre. «Où
étaient-ils, ceux-là, qui se rassemblent
aujourd’hui, le 24 décembre? Où
étaient-elles, ces foules
innombrables?», s’est-il demandé.
Le président du RPP a promis d’apporter une aide
aux femmes de son
mouvement pour exercer des activités
rémunératrices et lutter ainsi
contre la pauvreté. Toutefois, il a exhorté les
femmes mais aussi donné
des instructions au secrétaire
général, Ouattara Gnonzié, pour mettre
fin aux tentatives de divisions. Il estime qu’un bon chef
devrait
travailler avec tout le monde, surtout que «des
fauteuils» existent
pour tout le monde dans la maison. Et ce, en attendant la tenue des
premières assises qui vont tout redéfinir.
Mme Anonkoua Emilienne et la porte-parole des deux marraines, Me Hamza
Attéa Patricia, ont rendu hommage au président du
RPP pour son
engagement dans le retour de la paix et réaffirmé
leur soutien. Mme
Anonkoua a salué l’initiative du
Président Gbagbo d’organiser le
dialogue direct. Elle a indiqué que 10.000 femmes
adhèrent aujourd’hui
au mouvement mais souhaite que le RPP se dote des structures pour son
rayonnement. «Ordonnez pour la paix et nous
suivrons», a affirmé la
présidente du comité d’organisation.
«Jamais, je ne vous quitterai»,
tel est le slogan que Me Hamza a confié aux amazones, les
invitant
ainsi à la fidélité aux
côtés du président Fologo.
Paulin N. Zobo
Source :
fratmat.info | | |