http://www.parti-ecologique-ivoirien.org
P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Edmond Edouard
N’GOUAN (Président du
Parti Ecologique
Ivoirien)
|
Le Jour plus numéro 1717 du vendredi 12 juin 2009 |
Le
président du
Parti Ecologique Ivoirien (PEI), Edmond Edouard N’gouan,
candidat à la
présidentielle prochaine ne croit pas à
l’effectivité de la date du 29 novembre
2009. Pour lui, il existe une volonté manifeste du
pouvoir à ne pas tenir
l’échéance. Il estime alors
qu’un changement de la classe dirigeante s’impose
au peuple afin de mettre fin à sa misère.
Monsieur le
président du Parti Ecologique Ivoirien, comment
appréciez-vous la date des
élections pour le 29 novembre 2009 ?
Pour nous au
Parti Ecologique Ivoirien, c’est une proposition de date qui
a été faite.
Ce n’est pas une date effective, simplement parce
qu’elle pourrait changer.
Pour qu’elle soit effective, il faut que le chronogramme qui
accompagne une
date effective soit mise en place. C'est-à-dire,
la proclamation de la
date, avec l’appel à
candidature, les dates concernant le début et la
fin de la campagne. Les dates concernant le début et la fin
de dépôt pour les
candidatures. La période de vérification et de
validation de candidatures. Rien
de tout ce qui a été cité
n’a été proclamé. Donc, la
date du 29 novembre n’est
pas effective. C’est une proposition de date. Attendons que
les autorités
présentes proclament la date avec tout son contour. Ce que
nous, au PEI
demandons au chef de l’Etat, c’est de nous fixer
une date de proclamation ou de
la confirmation de la présente, avec toute sa
procédure. Il faut suivre
les procédures maintenant. Occuper les médias
pour donner une date, comme
on en a l’habitude, nous en sommes fatigués. Il y
en a eu de cette forme, sans
que les contours qui le permettent n’aient même
commencé. Qu’il nous fixe la
date ou il confirmera la date
annoncée maintenant. Ainsi, nous, nous
croirons à un début de ce que demande tout le
monde : la transparence par
la légalité et la
légitimité de la procédure.
Ce qui laisse
penser que vous ne croyez pas à
l’effectivité de cette dernière date.
Nous
n’avons
pas à croire, tant qu’elle n’aura pas
été proclamée avec sa
procédure de façon
légale. Ce n’est pas pour cela que nous ne devons
pas nous préparer pour ne pas
être surpris, vu la façon dont tout est
mené au pays. Il faut dire que la
confiance n’existe plus au pays. C’est le
désordre dans l’improvisation qui
continue.
Pensez-vous que
la paire, Laurent Gbagbo-Guillaume Soro est
décidée à organiser effectivement
les élections ?
Que ce soit
aujourd’hui ou demain, quoi qu’il arrive, il y aura
bien des élections un
jour. Vous voulez certainement me demander si prolonger la
date les
avantagerait ! Nous, nous dirons que cela
dépend. Si c’est fait
sciemment dans la conduite au ralenti des engagements pris, le peuple
qui, lui
est pressé d’aller aux élections
décidera. Parce que, les politiciens ne
pensent qu’au pouvoir, rien qu’au pouvoir en ne
vendant que leur nom et leur
notoriété sans apporter de programme
expliqué. Cela avec la complicité du
réseau d’organisations internationales et
L’Onuci avec sa suite qui fait
croire au peuple qu’aller aux élections vite et
dans le désordre est ce qui
améliorera sa condition de vie. Pourtant
c’est faux. Alors, ce peuple-là,
et sa grande silencieuse, qui attend le moment de la censure le jour du
vote,
ne leur feront pas cadeau. Il y a des vanités qui sont
tombées, sans comprendre
pourquoi elles sont tombées. Parce qu’elles
n’étaient simplement que des
vanités. Remarquez que, lorsqu’ils font
leur meeting ou déplacements, on
dit toujours, il y a deux mille, voire cinq mille, au plus de dix
milles
personnes, et venant de toute la Côte d’Ivoire et
rarement le dernier chiffre
n’est atteint. On n’a jamais dit
qu’il y avait un million de personnes.
Or la Côte d’ivoire, c’est seize millions
d’habitants dont au moins six
millions de votants. Donc la censure, ils ne la voient pas venir,
induits dans
leur notoriété de vanité.
Donc vous
estimez que la date sera repoussée…
Mais si,
c’est
parce qu’il y a des points de procédure qui
demandent que les dates soient
repoussées afin que tout soit bien fait
réellement pour le peuple, afin que
l’ordre revienne et avantage la transparence qui
conditionnera la vraie paix.
Je ne dirais pas durable, mais définitive, sachez que le
peuple n’est pas
mauvais, il veut la paix et l’unité, et il
comprendra. Ceux qui seront déçus
sont ceux qui sont pressés d’aller aux
élections. Cela, à n’importe quelles
conditions, rien que pour le pouvoir et ses finances. Rejetons-les. Ils
ne
seront pas porteurs de vie pour le peuple. Ils ne pensent
qu’à eux-mêmes. Ils
sont déjà vaniteux dans la
notoriété et ils ne désirent le
pouvoir que pour
conditionner au mieux, leur vanité.
Que faire si
cette date n’est pas respectée ?
Il ne faut plus
rechercher la violence. Ce n’est pas bon pour
l’image de la Côte d’Ivoire
à l’extérieur. Or dans cette
mondialisation économique, être mal vu
à
l’extérieur, c’est le peuple qui payera
davantage. Parce que la confiance n’y
serra plus et la potentialité de relève
économique sera freinée. Ce qui ne
permettra pas les partenariats et les essors
d’échanges économiques. Aussi, le
peuple a-t-il trop vécu la violence qu’il
n’en veut plus. Cela ne l’a jamais
avantagé. Il faut plutôt chercher à
savoir, pourquoi la date n’est pas
respectée.
Les élections
pourront-elles mettre définitivement fin à la
crise ivoirienne ?
Oui, si on ne
se pressait pas d’aller aux élections et
que la situation était
véritablement expliquée au peuple, avec un
chronogramme précis qui les
rassurerait.
L’opposition
ivoirienne selon vous est-elle capable de renverser la donne ?
De quelle
opposition me parlez-vous ? De ceux-là qui sont
à la base de la misère du
peuple et qui ont pris par Marcoussis, la Côte
d’Ivoire en otage ? Ils ne
pourront rien pour la Côte d’Ivoire. Ils ne
l’ont que trop enfoncée. Et puis,
il faut les isoler. Le monde change, il faut changer avec le monde. Il
faut
évoluer. Il faut oser changer, prendre quelqu’un
de nouveau. Il faut aller de
l’avant. Nous ne pouvons continuer, ni avec encore quarante
ans en arrière, ni
avec ceux qui ne voient le pouvoir que pour s’imposer
à vie ou de se ré
enrichir sur le dos du peuple. Il faut arrêter avec
ces personnes-là qui
distribuent l’argent du peuple en leur nom. Parce
qu’ils confondent les
deniers publics et leur nom au lieu de donner au nom de
l’Etat.
Non ! Arrêtez de promouvoir
cette classe de politique-là.
La Côte d’Ivoire, ce n’est pas
qu’eux et ce ne sont pas les cerveaux qui
manquent dans le pays. Il faut évoluer, aller de
l’avant. Ne soyons pas
nous-mêmes, fossoyeurs de notre vie. Les nouveaux jeunes
opposants comme nous,
pourrons relever la donne.
L’un des
leaders, en l’occurrence Anaky Kobéna du Mfa
a proposé la solution de la
rue pour une nouvelle transition. Qu’en pensez-vous ?
Je suis pour.
Seulement si, le pouvoir fait tout pour retarder les
élections. Et si cela
s’avérait, nous sommes pour cette transition
pacifique, en marche continue
silencieuse et de non-violence.
Récemment le
président Laurent Gbagbo a affirmé vouloir doter
la Côte d’Ivoire d’une armée
digne de son nom. Quel commentaire sur sa volonté de se
réarmer ?
Nous sommes en
temps de paix et il faut
certes l’amélioration de la situation
militaire
dans le plan de développement, mais la priorité
doit être l’emploi. Créer des
emplois. Mettre en place, tous les mécanismes de
création d’emplois. Nous
croyons au PEI, que c’est ce que le peuple attend. Et
c’est pour cela que nous
en avons fait notre priorité. Il faut améliorer
la condition de vie, de ce
petit peuple là, qui n’a que trop souffert.
Neuf ans à ne rien faire pour
le peuple, tout le temps qu’il est Président,
Laurent Gbagbo ne fait que
promettre, partout promettre, toujours promettre et dans
toutes les villes
où il est passé et il n’a rien
réalisé sinon que de la manipulation.
Rien
que des discours et des promesses. Si la Côte
d’Ivoire veut se spécialiser à
rester pauvre par la spécialisation
d’écoute des promesses non
réalisées, le
pays n’évoluera jamais.
Il y a plusieurs mois la
banque mondiale a décaissé 6
milliards pour nettoyer Abidjan des ordures. Mais l’on
constate que l’opération
semble un fiasco. Qu’en pense le président du
parti écologique Ivoirien ?
Vous savez, la
côte d’Ivoire est gérée par
les hommes du passé. Pas de ceux du
présent qui
eux sont dans leur temps. Comprenant et maîtrisant les
structures et idéologies
de développement. Et aussi, cultivant les réseaux
mondiaux de programmes de
développement. Donc, les partenariats et la
maîtrise du marché international
avec une pénétration du marché et
l’appel à l’emmagasinement des richesses
par
ces pénétrations de marché…
Nous sommes gérés par des notables qui
ne savent
pas pour qui ils sont là. Pourquoi, ils sont
là, et pour la plupart, sans
être préparés ni s’y
attendre, ils sont là. Parachutés, dans la
méconnaissance
de la gestion d’un patrimoine. Ils ne pensent
qu’à piller l’Etat et à se
rendre
notables. Pour écraser ceux pour qui ils devaient
travailler. C’est le plan
qu’ils suivent. Pauvres avant, ils pillent
aujourd’hui. Que ce soit le pouvoir,
les gouverneurs en place, les maires, ils ont profité de la
crise et de son
prolongement pour s’enrichir. Laissant nos communes dans la
déconfiture totale.
Ils sont tous pareils et du passé. Ils ont fait de la
corruption et du
désordre, un système de vie. Le pays a trop
pourri. Il y a tellement de
programmes facilement réalisables et qui ne
nécessitent pas de financement.
Voilà pourquoi nous sommes là nous, pour
réparer ce qu’ils ont laissé pourrir
et ouvrir les plans d’essors économiques.
L’Ecologie et l’Ecologie politique,
c’est le travail, la santé.
L’écologie politique, c’est la
création de
plusieurs nouveaux emplois. Ce sont les programmes environnementaux
permettant
de vivre dans des conditions saines.
Pourquoi selon
vous la Côte d’Ivoire malgré les efforts
des institutions internationales
continue de ployer sous les ordures ?
Les
institutions internationales n’ont qu’à
être associatives, et de bonne volonté.
Mais ce ne sont pas elles qui gèrent sur place. Et quand le
surplace est
défaillant d’idées et le couvre par
tant de discours, et de promesses, ce sont
les conséquences.
Comment
expliquez-vous les inégalités sociales en
Côte d’Ivoire ?
Cela est
dû au
manque de conscience, à l’incompétence
des pouvoirs qui se sont succédé après
le Père Félix Houphouët-Boigny. Avec
trop de volonté d’enrichissements
illicites. Avec des personnes, qui voulaient copier notre
père
Houphouët-Boigny, sans avoir, ses compétences ni
ses relations. Au pouvoir, ils
s’enrichissent eux, leur famille, un groupe de notables. Ils
se pavanent pour
jouer au chef. Le reste de la population, la grande majorité
est laissé pour
compte. Nourri par les promesses.
Que
proposez-vous pour le changement en Côte
d’Ivoire ?
Élire
un nouvel
homme. Pour un changement et une cassure totale avec l’ancien
système. Il ne
faut plus revenir avec le passé, ni les hommes du
passé. Il faut oser changer. La
Côte d’Ivoire est un pays de jeunes,
dirigé par des vieux dépassés. Il faut
inverser la tendance. Le peuple et la jeunesse doivent se
prendre désormais
en charge. Les parents les soutiendront. Nous voulons et
désirons tous le
changement. Alors pour cela, que la Côte d’Ivoire
et sa jeunesse choisissent le
Parti Ecologique Ivoirien, pour le représenter. Essayons
autre chose pour cinq
ans dans l’évolution.
Vos adversaires politiques
sont déjà en campagne et vous, on ne vous voit
pas encore. Pourquoi ?
Depuis le
début
de la crise, il y en a qui font des Congrès à
chaque annonce d’élection. Alors
que la crise n’était pas résolue pour
se faire proclamer candidats et candidats
déjà élus. Ils ont toujours sans les
conditions et le peuple, été pressés.
Ils
sont en campagne depuis longtemps, avant même une
véritable proclamation, parce
qu’ils se savent dépassés. Ils seront
essoufflés, le peuple en sera lassé. Il
en est même lassé. Comme le peuple veut un
changement, il faut surgir au bon
moment. Nous, ne sommes pas pressés. Nous fignolons de bons
programmes en
douceur pour la famille, pour nos parents, pour la Côte
d’Ivoire, pour son
peuple par sa jeunesse. Nous avons confiance en nous et au peuple et
nous
allons par étape. Sans vouloir forcer ni rater les
étapes. Qui ménage sa
monture arrive à point.
Un mot sur le
président Omar Bongo qui vient d’abandonner le
peuple Gabonais.
Devait-il
être
une certaine transition, pour maintenir des équilibres
relationnels ?
L’histoire le dira. Moi, je n’aimais pas le
président africain qu’il était et
la jeunesse africaine comme ma personne le nommait le traître
de l’Afrique.
Contre sa personne, je n’ai rien. C’est un Chef
d’Etat qui aurait dû se retirer
pour permettre une vraie transition démocratique. Il aurait
eu une bonne
renommée. Remarquez que le pays est immensément
riche, peuplé d’un million cinq
cent mille habitants, mais la misère y sévit.
Parce qu’il a préféré brader
la
richesse nationale pour son équilibre de pouvoir et de
notoriété personnelle
avec la France. C ’est pour cela que ce n’est que
les politiques français qui
le pleurent. Mais pas l’Afrique. Sa mort est pour
l’Afrique, l’avancée dans le
changement. Il est mort, retenons ce qu’il a fait en bien
pour s’en servir.
Rejetons le mal, sans l’oublier.
Interview
réalisée par Hervé Makré
Reproduction interdite du site