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P.E.I
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Un édifice imposant
Mamadou Koulibaly aux partis politiques : À quoi ont servi les milliards de l’État ?
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vendredi 26 juin 2009 - Par Fraternité Matin |
Contribution des partis
politiques dans
l’édification de l’Etat de droit, la
promotion et la défense de la
démocratie», c’est le thème
de la conférence publique prononcée par le
Pr Mamadou Koulibaly, mercredi dernier, à la Fondation.
C’était lors du
cinquantième anniversaire de l’ordre des avocats
de Côte d’Ivoire. A
cette occasion, prenant l’exemple ivoirien, le
président du parlement a
indiqué : «la Constitution concède aux
partis de concourir à la
formation de la volonté du peuple et à
l’expression du suffrage» afin
qu’ils participent à
l’émergence d’une culture
démocratique, donc à
l’instauration d’un Etat de droit. Aux regards des
réalités sur le
terrain, cette mission confiée aux partis politiques, au
dire du
conférencier, est loin d’avoir
été atteint ses objectifs. Et cela, en
dépit des financements qu’ils ont
reçus, de l’Etat.
Pour le Pr Mamadou Koulibaly, faire de la politique coûte
cher. Et
c’est pour faciliter les activités de
«formation de la volonté du
peuple» que les partis politiques signataires des accords de
sortie de
crise (Ndlr : Accords de Marcoussis) reçoivent, selon lui,
depuis 2006,
un financement public. Ainsi, poursuit-il, de 2006 à 2008,
le Pdci, le
Rdr, le FPI ont chacun perçu la bagatelle de 1.538.142.666.
Le Parti
ivoirien des travailleurs (Pit) du Pr Francis Wodié
s’est vu accorder
la somme de 514.920.000 F. Si l’Udpci a
été financée à hauteur de
435.692.000 F, sur la même période, le Mfa
d’Anaky Kobenan et l’Udcy de
Mel Théodore ont chacun reçu 396.460.000 F. Ce
qui donne un
investissement public total de près de 6 milliards 358
millions alloué
à ces sept partis. « A quoi a servi ce soutien de
l’Etat», s’est
interrogé le conférencier.
Laissant cette question sur les fonds alloués ouverte, le
patron de
l’Assemblée nationale en pose une autre pour
implicitement mettre à
l’index l’inefficacité des partis sur le
terrain. S’ils ont travaillé
pour faciliter l’inscription des électeurs sur les
listes, a-t-il
poursuivi, pourquoi y a-t-il des proportions aussi
élevées de personnes
non encore inscrites ? «Le Rdr est à 45% de non
enrôlés à Odienné, 56%
à Mankono et à 57% à
Séguéla. Tandis que le Pdci-Rda est à
28% à
Tiébissou, 50% à Bondoukou, 39% à
Abengourou. Le Fpi, quant à lui, est
à 34% à Issia, 57,65% à Vavoua, 37%
à Divo et 27,7 à Adzopé. Alors que
l’Udpci est à 59% à Bangolo et
à 62% à Biankouma».
Et le Pr Koulibaly d’indiquer : sur une population cible
d’électeurs
potentiels de 8. 663.149, il y a eu, à la fin du mois de
mars dernier,
environ 6.006.024 électeurs inscrits ; soit un taux de
couverture de
69,33%. Et plus de 2,6 millions d’autres restent à
enrôler (30,67%). A
la question de savoir si les partis ont contribué
efficacement à
l’enrôlement des électeurs, la
réponse du conférencier est sans
ambiguïté: «De façon absolue,
la réponse n’est pas évidente. Il est
vrai que le taux de 69,33% est appréciable, mais il est
remarquable que
celui de 30,67% n’est pas négligeable surtout dans
le contexte ivoirien
et compte tenu des alibis d’exclusion et de
xénophobie évoqués pour
justifier la guerre et la rébellion…»,
a-t-il fait remarquer.
En définitive, pour le Pr Mamadou Koulibaly, «Les
résultats obtenus par
les partis politiques aussi bien dans le déroulement des
audiences
foraines que dans l’enrôlement, avec les reports
successifs et les
atermoiements, amènent à douter de
l’utilisation qu’ils font des
financements publics qui leur ont été
octroyés…». Or cela devrait
servir, selon lui, à assurer une plus grande
efficacité dans leur
mission constitutionnelle. A savoir, entre autres: apporter
à leurs
militants et sympathisants des messages de liberté, de
démocratie, de
respect du droit, de la constitution et des règles de la vie
en
société. «C’est à
ce prix qu’ils pourront à leur tour comprendre le
sens de l’Etat de droit et mieux participer à
l’émergence de la volonté
du peuple…», a-t-il conclu.
Coulibaly Souleymane
Correspondant régional
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