Le Parti Ecologique Ivoirien



Sortie de crise en Côte d’Ivoire Les jours de Soro comptés à la Primature Ce qui se prépare dans le camp présidentiel


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jeudi 01 avril 2010 - Par L'Inter


  Si les choses telles qu’elles se murmurent se confirment, l’on n’est pas loin d’assister à un nouveau revirement du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire dans les jours et semaines à venir. La situation, telle qu’elle évolue avec l’actuel Premier ministre Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces nouvelles (FN), ne semble plus du goût des caciques du camp présidentiel. Déterminé, certes, à appliquer les accords de Ouaga jusqu’au bout, il se peut que le chef de l’Etat et ses partisans se passent du chef de Gouvernement pour continuer le chemin avec un nouvel interlocuteur au sein de l’ex-rébellion. Si le leader de ce mouvement armé est actuellement à la Primature, ni le chef de l’Etat, ni ses proches collaborateurs ne l’ont jamais caché. C’est parce que jusque-là, ils ont trouvé en lui ‘’l’interlocuteur crédible’’ - le mot est de Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale - pour aller rapidement à la paix. Pour le camp présidentiel, il ne pouvait y avoir meilleur acteur que le secrétaire général des Forces nouvelles, pour obtenir le désarmement, la réunification effective des caisses de l’Etat et du territoire ivoirien, le redéploiement de l’administration, la restauration de l’autorité de l’Etat, bref la pacification totale du pays en vue de l’instauration d’un climat propice à l’organisation d’élections propres, transparentes et sans heurt.

Retour sur la nomination de Soro Quand il se posait de nombreux blocages dans les gouvernements précédents, le chef de l’Etat et ses hommes ont vu en Guillaume Soro, alors ministre, le vrai maître de la rébellion avec qui il fallait dialoguer pour trouver une issue à la crise. D’où le dialogue direct de Ouagadougou qui va déboucher sur les accords du même nom et la nomination à la Primature du leader des FN pour leur mise en œuvre. Trois ans après, le camp présidentiel semble déchanter. La tournure des événements et le piétinement à nouveau des accords de Ouaga semblent désillusionner Gbagbo et ses hommes, qui commencent à se méfier du Premier ministre censé jouer l’arbitre aux différentes étapes du processus en cours. De plus en plus, les actes posés par Soro ne rassurent plus les partisans du pouvoir. Ces derniers restent convaincus qu’à limage des autres rébellions dans le monde, celle en Côte d’Ivoire a une autre tête qui n’a rien à voir avec l’actuel chef de gouvernement ivoirien. Ils soupçonnent Soro de ne rien maîtriser dans sa zone, et surtout de n’avoir aucun militaire derrière lui. Ce qui expliquerait que des étapes fondamentales des accords de Ouaga tels que le désarmement, la réunification des caisses de l’Etat, la restauration de l’autorité de l’Etat par la disparition des ‘’Com’zones’’ au profit des préfets… restent un leurre. En clair, pour le camp présidentiel, les vrais maîtres de la rébellion sont encore dans l’ombre et le secrétaire général des FN n’est qu’un ‘’politicien encagoulé’’ qui s’est accaparé le combat des militaires plus pressés de sortir de la crise pour retrouver une vie normale comme cela a été le cas dans bien d’autres mouvements armés ailleurs. Ces actes qui trahissent et livrent Soro

Aujourd’hui, le choix de certains collaborateurs du Premier ministre a achevé de convaincre des proches du chef de l’Etat que Soro joue un double jeu à la Primature en tant que militant du RDR dévoilant progressivement son vrai visage. Il s’agit du recrutement au porte-parolat des FN de Me Affoussy Bamba, fille de Bamba Moriféré, qui a affiché publiquement son attachement au président du RDR pour l’élection présidentielle à venir, mais surtout du rappel à ses côtés de l’ex-ministre des NTIC, Hamed Bakayoko, bouillant militant du parti de M. Ouattara dont il est le directeur national de campagne adjoint. Toute chose qui ont valu sa récusation formelle par le chef de l’Etat sur la liste des ministrables dans le nouveau gouvernement en place. « Soro a démontré avec tous ces conseillers recrutés qu’il est un militant du RDR encagoulé. Il récupère ceux que Gbagbo libère. Gbagbo a libéré du FPI, du PDCI et du RDR. S’il est vraiment impartial, pourquoi ne recruterait-il pas dans les autres partis aussi ? Ça aurait été sage qu’il recrute dans tous les camps, notamment Patrick Achi du PDCI ou Danon Djédjé du FPI et personne ne trouverait à redire », murmure-t-on dans l’entourage de Gbagbo. Où l’on pense que le Premier ministre a politisé la rébellion à ses profits, dévoyant la cause des militaires plus avancés dans la sortie de crise. Le Gal Bakayoko bientôt à la Primature ?

Aussi les partisans du chef de l’Etat envisagent-il déjà un nouveau schéma de sortie de crise sans Soro, avec pour interlocuteur un nouveau Premier ministre toujours issu de la rébellion, mais véritablement responsable des militaires sur le terrain. Déjà, les regards sont tournés vers le Gal Bakayoko, chef d’état-major des forces armées des FN confirmé dans ses grades par un décret du chef de l’Etat qui pourrait discuter directement avec lui à la place de Soro à la Primature pour la relance des accords de Ouaga. Ce schéma qui se précise, les partisans du président Gbagbo sont déjà prêts à engager la bataille diplomatique pour qu’il aboutisse. Ils comptent l’expliquer à l’ensemble de la communauté internationale, notamment à l’ONU pour la convaincre de la nécessité d’engager de nouvelles discussions avec les vrais tenants de la rébellion ivoirienne pour en finir. Ainsi, les jours du Premier ministre serait-il comptés à la Primature. L’ultimatum à lui donné, il y a quelques jours, par le FPI (parti au pouvoir) s’inscrirait dans ce grand schéma qui veut mettre en premier plan les militaires et ‘’libérer’’ l’ex-rébellion de l’emprise voire ‘’l’otage’’ des politiques. Avant sa rencontre avec les hommes de Soro mardi, le chef de l’Etat avait déjà réuni son état-major politique directement impliqué dans le dialogue direct de Ouagadougou. Au menu de ce conclave au sommet, un passage en revue des difficultés dans la mise en œuvre des accords, une clarification de la situation en vue d’éventuelles décisions qui vont être prises dans les semaines à venir. Si éventuellement la situation reste en l’état. N’a-t-il pas annoncé, il y a quelques jours déjà que la fin du match est pour bientôt ? Seul le président de la République sait quand et comment et l’on attend pour voir.

Félix D.BONY



Source : ivorian.net

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