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P.E.I
Ensemble par l'écologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
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vendredi 2 mai 2008 - Par Le Nouveau Réveil |
Comme
les autres intervenants, Mahan Gahé de Dignité a
dépeint la
situation de misère des Ivoiriens. Dans son allocution, il a
demandé au
chef de l'Etat de prendre des mesures idoines pour aider le peuple qui
souffre. Quelques larges extraits de son intervention.
Cherté de la vie
La Côte d'Ivoire sort, petit à petit, la
tête de l'eau. Dieu merci, les
canons ont cessé de tonner. Mais, M. le Président
de la République,
malheureusement, les travailleurs et toute la population ivoirienne
sont au fond du gouffre. La vie dans notre pays est devenue quasi
impossible. L'Ivoirien, qui était si fier de sa personne
comme le dit
notre hymne national est aujourd'hui contraint de vivre
malgré lui dans
les bidonvilles. M. le Président, une grande partie de votre
peuple, de
vos citoyens, n'arrivent plus à se nourrir
décemment. Leurs aliments de
luxe sont devenus le "garba" et la banane braisée. C'est
vraiment la
lutte contre la misère, M. le Président. Lutter
pour vivre. M. le
Président, quand l'éducation de vos enfants vous
échappe parce que vous
n'arrivez plus à les nourrir et à les scolariser,
quand vous êtes
arrivé à un stade où vous fuyez votre
propre famille, quand vous n'avez
plus aucun sou pour soigner votre paludisme. Messou parlait de cancer,
mais chez nous, dans les bidonvilles, c'est le palu qu'on n'arrive pas
à soigner. Les coûts du médicament sont
trop élevés pour notre bourse.
M. le Président, quand vous vous dites travailleur et que du
matin au
soir, vous êtes stressé, inquiet parce que vous
n'avez aucune épargne
quelque part, vous devenez une coquille vide, vous devenez un corps
sans joie, un corps sans projet. Un être humain parce que
vous respirez
encore, mais un être frustré, aigri, violent,
souffrant dans sa chair.
M. le Président, voilà comment cette vie, devenue
très chère, a rendu
vos Ivoiriens. Votre gouvernement et vous, vous venez de prendre des
mesures pour lutter contre la cherté de la vie. Pour ces
mesures, la
confédération Dignité vous dit merci.
Mais M. le Président, que
faites-vous de ceux qui croient qu'ils sont intouchables et ne
respectent aucune loi ? Que faites-vous de ceux qui continuent
d'afficher les anciens prix ? Que faites-vous des ministères
qui
n'existent que de nom et qu'on ne sent pas sur le terrain ? Que
faites-vous des supers commerçants ? Le gouvernement, avant
de prendre
ces mesures, a expliqué la hausse des prix par
l'augmentation du prix
du pétrole. Oui, c'est vrai, c'est vraiment vrai. Sur le
plan mondial,
les prix augmentent et continuent d'augmenter. Mais, ce qui est
incompréhensible, M. le Président, c'est cette
grande disproportion
entre cette hausse du prix du pétrole et la
montée anarchique et
vertigineuse des prix des denrées de grande consommation et
du
transport. Prix fixé par les commerçants
eux-mêmes sans discussion
préalable avec l'Etat. Par ailleurs, il est des pratiques
dans notre
pays qui n'ont rien à voir avec le contexte
économique international. A
preuve, M. le Président, les loyers de nos vieilles maisons
construites
depuis des lustres avec des matériaux relativement moins
chers ne
cessent d'augmenter chaque année. Au bon vouloir du
propriétaire
véreux. Pour loger dans une maison, M. le
Président, on vous réclame
plus de 6 mois de caution, 4 mois d'avance quand nous savons que depuis
1994 le Smig et les salaires sont restés bloqués.
Avec quoi nous
rentrons dans une maison ?!
Le SMIG
J'ai dit le SMIG, M. le Président, parlons-en. Le fameux
SMIG, M. le
Président, le SMIG ivoirien est nettement plus bas que la
location d'un
studio dans nos quartiers précaires.
Déjà sous le Président
Bédié, on
parlait de ce SMIG dérisoire. Sous votre mandat, nous en
avons déjà
discuté. Lors de nos échanges avec certains
patrons, ils ont même
reconnu que le SMIG est insignifiant et contribue à la
misère des
Ivoiriens. Ils demandent tout simplement qu'il y ait une
volonté
politique… Quand nous utilisons les 40 paramètres
intervenant dans le
calcul du SMIG correspondant au vrai panier de la
ménagère et non au
sachet, nous sommes aux alentours de 250.000 francs CFA. Aujourd'hui,
et tous les experts de l'économie du travail le savent. A
moins qu'ils
se mettent du côté de ceux qui veulent nous pomper
le sang. La
confédération Dignité propose que la
négociation sur le montant de ce
SMIG se fasse dans une fourchette allant minimum entre 120.000 et
150.000 francs CFA. Cela nous mettra beaucoup plus à l'aise
pour
convaincre nos camarades. M. le Président, sachant que les
120.000 et
les 150.000, c'est tout juste le minimum. Vous voyez ces Ivoiriens,
quand ils vous voient, ils font un peu comme les poissons qui sont dans
l'eau, donc on ne voit pas qu'ils pleurent. Ils vous applaudissent,
mais nombreux sont ceux qui pleurent. Le changement du SMIG contribue
aussi à la lutte contre la cherté de la vie. Pour
véritablement lutter
contre la cherté de la vie la
confédération Dignité propose : un
SMIG
allant de 120.000 à 150.000F ; revoir les nouveaux prix des
loyers sur
lesquels vous pouvez jouer parce que nous trouvons anormal que ces
vieilles maisons qu'on a construites depuis les années 1962,
nous
continuons de les payer cher. Donc les prix seront fixés
selon le
quartier, le nombre de pièce, les commodités,
etc. Nous vous demandons
de tout faire pour ne pas que la caution que nous déposons
ne dépasse
pas les deux mois. Qu'une avance soit au moins un mois d'avance et pas
plus. Mais aussi le déblocage des salaires du
privé, du public
contribue à la lutte contre la cherté de la vie -
parce que vous avez
beau enlever les impôts tout et tout, mais s'il y a toujours
blocage à
ce niveau, les gens vont toujours continuer de broyer le goudron -
conduire le salaire du fonctionnaire au moins après sa
formation et non
le clouer pendant des années à un traitement de
stagiaire. Nous avons
beaucoup de fonctionnaires qui partent de gros titres, mais dans leurs
bureaux à la fin du mois, ils ne perçoivent que
leur bourse d'étudiant.
Dans le secteur privé, nous pouvons ne pas
dépasser deux mois de stage.
Puisqu'il y a des stagiaires à vie. M. le
Président, tout ce que nous
sommes en train de dire, je vous prie de vous
référer au forum…
Propos retranscrits par Djè KM
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