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Le Parti Ecologique Ivoirien
AFFRONTEMENTS DE BOUAKE
Les Forces
nouvelles livrent
Soro à Gbagbo
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mardi 04 mai 2010 - Par
L'Inter-ci |

Bouaké,
la capitale du « pays » de
l’ex- rébellion, a été une
fois encore le théâtre d’affrontements
mortels entre soldats des Forces nouvelles, jeudi 29 avril dernier. Des
crépitements d’armes de guerre qui tombent au
mauvais moment pour le leader de l’ex-rébellion et
Premier ministre, Guillaume Soro. Et apparaissent de ce fait comme un
coup contre lui, ou du moins, contre son fauteuil. En effet, ce western
auquel se sont livrés les partisans des chefs de guerre
Chérif Ousmane et Wattao vient fragiliser davantage le
secrétaire général des Forces
nouvelles, lui qui a maille à partir depuis quelque temps
avec le camp présidentiel. Guillaume Soro, on le sait, subit
depuis plusieurs semaines la pression des partisans du
président Laurent Gbagbo, qui exigent de lui qu’il
désarme enfin ses troupes pour une réunification
effective du pays. Il est l’objet de critiques virulentes
tous azimuts, qui tendent à le pousser à la
démission. Et la pression est telle que la cohabitation au
sommet de l’Etat semble avoir pris un sérieux
coup. C’est dans ce contexte défavorable au
Premier ministre que ses soldats font tonner les armes de guerre
à Bouaké, donnant ainsi du grain à
moudre à ceux qui réclament la tête de
Guillaume Soro au cas où il serait impuissant à
désarmer ses troupes. Il faut le dire tout net : le
dernier affrontement entre éléments des Forces
nouvelles enfonce un peu plus le Premier ministre,
déjà fragilisé par la
dégradation des relations entre lui et ses alliés
du dialogue direct. Cet incident relance en effet le débat
sur la nécessité pour les ex-rebelles de
déposer les armes et ainsi permettre la tenue
d’élections sur toute
l’étendue du territoire. Ce qui s’est
passé à Bouaké jeudi dernier vient
faire mentir Guillaume Soro et tous ceux qui font croire que le
processus de désarmement est lancé avec le
regroupement et l’encasernement des ex-combattants des Forces
nouvelles. On a là la preuve que les armes peuvent encore
à tout moment parler et faire des morts. Bouaké
et tout le territoire occupé par
l’ex-rébellion restent, à
l’évidence, un farwest où les armes de
guerre peuvent être sorties des armureries et claquer
à tout instant. Avec pour conséquence de semer un
vent de panique dans la cité. Dans ces conditions, il est
difficile d’espérer tenir des élections
crédibles. Qui oserait aller voter, le fusil à la
tempe ? Voilà qui apporte de l’eau au
moulin de ceux qui exigent la démilitarisation totale du
pays avant la tenue du scrutin présidentiel. Et partant
mettent la pression sur Guillaume Soro pour qu’il se
décide enfin à arracher les armes à
ses chefs de guerre, notamment les plus hostiles à la
réunification du pays et son corollaire
d’unicité des caisses, qui va
inévitablement sonner la fin de
l’économie de guerre. Et ça, ce
n’est pas une sinécure
Assane NIADA

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