Le nouveau gouvernement Soro Guillaume
II a été
rendu public jeudi dernier 04 mars 2010, avec notamment
l’entrée de
l’opposition ivoirienne. Les 11 postes restant à
pourvoir dans le
nouveau cabinet du Premier ministre Guillaume Soro -qui comptait depuis
sa formation le 23 février seulement 17 ministres
effectivement nommés-
ont été attribués, par
décret pris par le chef de l’Etat, Laurent
Gbagbo. 16 ministres ont fait leurs adieux. Il s’agit,
nominalement de
MM Yousssouf Bakayoko (Affaires étrangères),
Amadou Gon Coulibaly
(Agriculture), Louis-André Dakoury Tabley
(Solidarité et victimes de
guerre), Mabri Toikeusse (Transports), Hubert Oulaye (Fonction
publique), Léon-Emmanuel Monnet (Mines et Energies),
Sébastien Dano
Djédjé (Réconciliation nationale),
Marcel Amon-Tanoh (construction,
Urbanisme et Habitat), Patrick Achi ( Infrastructures
économiques),
Ahmed Bakayoko ( Ntic), Youssouf Soumahoro ( commerce), Alla Kouadio
Remi ( Santé et Hygiène publique),
Mme Marie Amah Téhoua ( Industrie et
Promotion du secteur privé), Ahizi Aka Daniel (
Environnement et Eaux
et forêts), Koné Amadou (Intégration
africaine) et Mme Fatoumata Bamba
née Hamza ( Reconstruction et réinsertion). Si
dans l’ensemble, le
ministre des Affaires étrangères, Youssouf
Bakayoko élu à la tête de la
CEI s’en tire à bon compte, ses
collègues anciens connaîtront des
fortunes diverses. Louis-André Dakoury Tabley, qui, en
disgrâce avec le
Fpi dont il était l’un des pontes, avait
lié son destin politique à la
rébellion en 2002. Mais, aujourd’hui, il
n’est visiblement plus en
odeur de sainteté avec ses
« amis » de Bouaké.
Dakoury Louis-André,
pour des raisons personnelles s’était
rapproché de son
« camarade »
Laurent Gbagbo, grâce aux bons offices de son
aîné, Monseigneur
Dakoury. Il ne devrait donc plus reprendre sa place au sein des forces
nouvelles. Louis-André pourrait donc, s’il le
veut, prendre une
retraite « bien
méritée ».
Mme Fatoumata Bamba née Hamza
représentait,
au gouvernement, le MFA d’Anaky Kobena. L’ancienne
présidente des
femmes de ce parti s’est mise à dos la direction
du Mfa pour avoir
coupé les ponts avec lui, trois (3) mois seulement
après son entrée au
gouvernement. « Elle ne nous intéresse
plus. 3 mois après son entrée au
gouvernement, je ne l’ai plus revue. Je n’ai aucune
idée de son point
de chute », nous a lancé hier le
président de son ancien parti, Anaky
Kobena. Elle se retrouve donc dans une situation hybride... Au plan
politique elle pourrait se retrouver sur le carreau. Tout comme Amon
Tanoh et à un degré moindre
Léon-Emmanuel Monnet... Pour sa part,
Amadou Gon Coulibaly, ancien ministre de l’Agriculture,
pourrait se
ronger les « freins » avec la
direction nationale de campagne du Dr
Alassane Dramane Ouattara. De ce point de vue, il devrait rejoindre son
bureau du cabinet d’ADO, sis aux II Plateaux-Vallon. Ahmed
Bakayoko,
secrétaire national chargé de la jeunesse dans la
campagne du candidat
du Rdr, pourrait, lui aussi, prendre ses quartiers au cabinet de
Ouattara. On n’en sait pas grand-chose sur le point de chute
de Patrick
Achy. Mais il est probable, sinon évident qu’il
investisse le terrain,
à Adzopé, pour les prochaines consultations des
conseils généraux et
les députations. Koné Amadou et Youssouf
Soumahoro, issus des rangs des
Forces nouvelles, voient, en tout cas, leur destination en
pointillé.
Leurs proches que nous avons joints hier, sont restés sans
voix quant
au point de chute de ces membres des ex-rebelles. Koné
Amadou était,
avant sa nomination, directeur de cabinet de Soro Guillaume.
Peut-être
va-t-il reprendre son poste ? Youssouf Soumahoro, qui, par
imprudence,
avait boxé son collègue Dosso Moussa,
l’une des figures de proue de la
rébellion, semble avoir signé son
« arrêt de mort » avec
les Forces
nouvelles. Il n’est donc pas certain qu’il
réintègre la maison.
Abdallah Mabri Toikeusse, le président de l’Udpci
qui a dit non au
gouvernement Soro II, va en ce qui le concerne, se consacrer
à sa
campagne électorale. Il a un grand retard à
rattraper sur le terrain où
Siki Blon Blaise, promu haute autorité pour le
développement de
l’ouest, pioche, presque tous les jours, dans les rangs des
militants
de son parti. L’ancien ministre de la Fonction publique et de
l’emploi,
Hubert Oulaye aura le choix entre l’Université et
le conseil général de
Guiglo. Cet enseignant de Droit à
l’université de Cocody
s’était fait
élire, sans coup férir, président du
conseil général de Guiglo. Il
devrait retrouver son fauteuil qu’occupe le Dr Guy
Tiéhi. Dano Djédjé,
lui, devrait retrouver ses étudiants de la
faculté de pharmacie. Alla
Kouadio Remi devrait, lui, regagner son siège de
député à
l’Assemblée
nationale.
par Armand
B. DEPEYLA