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Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
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Le Parti Ecologique Ivoirien
La
galère des
transhumants politiques
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vendredi
27 février 2009 - Par Le Repère |
Après le coup
d`Etat militaire contre le
régime Bédié en décembre
1999, l`éclatement de la guerre de 2002 a
été
comme une vanne ouverte pour la naissance de partis politiques. Ces
derniers ont en commun de sortir des entrailles des partis de
l`opposition déjà existants, et leur soutien
à Gbagbo Laurent. Ils
étaient d`abord comme les pions du régime
à l`intérieur des différents
partis d`opposition. De cette position, ils combattaient de
l`intérieur
les adversaires de Gbagbo. Pour diverses raisons, ils ont fini pour
certains par révéler leur vrai visage. Du coup,
ils ont perdu leur
efficacité de nuisance à leur parti
d’origine et donc ne sont plus
intéressants pour le pouvoir qui a besoin de fragiliser ses
adversaires. Leur discours est le même. Mais
au-delà des discours
incendiaires contre les partis de l`opposition, que valent aujourd`hui
ces partis politiques ? Sinon que deviennent-ils ?
De 2002 à maintenant, ils ont poussé comme des
champignons après la
pluie. Les nouveaux partis politiques créés par
ceux que les Ivoiriens
appellent les transhumants politiques, leurs différents
leaders, élus
ou cadres des partis de l`opposition (PDCI-RDA, RDR, UDPCI, MFA, PIT)
ont brandi et brandissent toujours l`argument de la défense
de la
République et de ses institutions pour justifier leur
retournement de
veste pour le compte de Gbagbo Laurent. Selon bien des sources, ces
retournements de veste valent à leurs auteurs des enveloppes
kaki et
parfois des postes bien juteux autour du Palais. Ils sont, aux trois
quarts, conseillers de Gbagbo. En pleine crise, Gbagbo avait besoin de
leurs coups de gueule pour mettre à mal l`opposition et ses
positions.
Mais à l`heure de l`application de l`accord politique de
Ouagadougou
qui a rapproché les rebelles et le clan
présidentiel au point de faire
du leader de la rébellion le Premier ministre du
président Gbagbo, que
valent encore ces partis politiques qui n`ont existé que par
les
sorties de leurs responsables ?
Les partis sortis du PDCI-RDA
-Créé le 30 avril 2003 comme mouvement
patriotique de soutien aux
institutions de la république et de lutte pour la
légalité (en d`autres
termes un club de soutien à Gbagbo et au FPI), au plus fort
de la
crise, le Rassemblement pour la paix (RPP) deviendra, quatre ans plus
tard, le Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le
Partage (RPPP),
un parti politique qui "veut se situer au centre par rapport au
schéma
politique classique. Il veut construire une
société équilibrée
où on ne
confond pas démocratie et
désobéissance, liberté et anarchie, le
respect de la loi devant rester toujours et pour tous la
règle". Dixit
Fologo. Mais il est loin du centre. Il est un vassal du FPI de Gbagbo
Laurent pour qui Fologo est en campagne avec les moyens de l`Etat.
Comme il le dit lui-même : " l`objectif immédiat
du RPPP n`est pas le
fauteuil présidentiel. Nous estimons que le peuple ivoirien
a choisi
quelqu`un à qui on n`a pas laissé un vrai mandat.
Ceux qui ont amené la
guerre, ce sont eux qui ont empêché le
président de travailler. Quel
bilan voulez-vous qu`il présente ? Nous sommes tous mal
placés pour
juger un mandat tronqué. Juste un an et demi. Il y a des
personnes à
qui on a enlevé seulement un an et qui ne sont pas contents.
Et celui à
qui on a enlevé quatre ans ?",
- Le Parti pour l`unité de la République de
Côte d`Ivoire (PURCI) une
autre formation politique née de l`acoquinement entre les
hommes et
femmes politiques des autres bords avec le pouvoir. Il a
été créé par
Djibo Martine, député de Bouaké,
élue sous la bannière du PDCI-RDA et
membre du Bureau politique du PDCI-RDA. Son parti
créé avec le ferme
soutien du Palais, n`est pas allé au-delà des
simples déclarations.
Quelques mois seulement après sa création, le
parti de Djibo Martine
connaîtra une crise interne qui oppose la
présidente au respondable de
la jeunesse du PURCI. Les jeunes accusent Djibo Martine de garder par
devers elle l`argent que la présidence donne pour faire
marcher leur
parti. Ainsi donc, le soutien ferme du PURCI à la
réfondation et au
régime est monnayé. Pour le reste, les
populations attendent toujours
le PURCI sur le terrain.
Ceux qui ont viré de l`UDPCI
- L`Alliance ivoirienne pour la République (AIRD) a
été créée par
l`ancien ministre du Commerce, puis de la Réforme
Administrative, Eric
Kahé Kplohourou Victor. Ce proche du
général Robert Guéi, qu`il a servi
avec loyauté et dévouement, a
décidé de quitter le parti de son "
père
spirituel ", l` UDPCI. Eric Kahé s`est donc mis au devant
d`un parti
dit républicain qui se bat pour la
réélection de Gbagbo. " A l`AIRD,
nous privilégions, dans notre vécu quotidien, le
respect de la dignité
humaine, la paix, la justice, la liberté, la
solidarité, la tolérance,
la démocratie, la bonne gouvernance,
l`intégration régionale, la
coopération internationale et l`épanouissement
des femmes, des jeunes,
des personnes âgées ou vulnérables " ,
affirme le président du parti.
Où en est Kahé présentement ? Il est
conseiller du Chef de l`Etat,
après être sorti du gouvernement. Que dit-il sur
les nombreux scandales
au Palais et dans toutes les structures et sur les violations
flagrantes des droits de l`homme ? Rien du tout. Combien de militants
draine ce parti ? Lui seul pourra le dire.
- L`Union républicaine pour la démocratie (URD) a
été créée et est
présidée par Mme Akissi Danièle
Boni-Claverie, transfuge du Parti
démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI), puis de
l`Union pour la
démocratie et la paix en Côte d`Ivoire (UDPCI).
Elle aussi a prôné la
défense des Institutions de la République, avec
en premier lieu, Gbagbo
Laurent. Après moult ballets politiciens au Palais, la
réalité semble
être un os pour cette dame. Il y a peu, elle est
accusée par les
responsables locaux du FPI de jouer sur leur terrain. Dans une
interview qu`elle a accordée au confrère, elle a
montré un certain
agacement en déclarant " qu`il faudrait plutôt que
les dirigeants FPI
de Tiassalé, s`ils estiment qu`il y a trop de militants de
leur parti
qui viennent à l`URD, se demandent pourquoi leurs militants
vont
ailleurs ". Ce conflit sonne sans doute le glas de ce parti qui a du
mal à avoir des militants à lui. De fait, ses
entrées au Palais en sont
très réduites.
-L`Union pour la démocratie totale en Côte
d`Ivoire (UDTCI), est aussi
sortie des entrailles de l`UDPCI et présidée par
Mme Tia Monné Bertine,
présidente du Conseil général de
Biankouma, sous la bannière de
l`UDPCI, du vivant du général Guéi
Robert. Après le lancement fort
médiasé, et quelques sorties sporadiques,
çà et là, le parti de Madame
Tia Monné Bertine ne fait plus signe de vie. Sauf que sa
présidente
peut aller voir qui de droit au Palais et en ressortir heureuse. Son
parti n`a d`autre candidat que Gbagbo. Et il faudrait que le
régime le
lui retribue.
- Le Rassemblement pour la Démocratie et la Paix (RDP) a
été lancé le
13 Janvier 2006. C`est en grande partie, des membres et autres
élus de
l`Union pour la démocratie et la paix en Côte
d`Ivoire (UDPCI, parti du
Gl Guéi) qui en sont les membres fondateurs. Oulé
Tia Séraphin, député
de Danané-Mahapleu, responsable du défunt
Mouvement des Guéistes de
Côte d`Ivoire, en est officiellement le président.
Mais selon des
sources concordantes, le véritable patron du RDP et
inspirateur de ce
parti, n`est autre que l`actuel président de la Cour
suprême, le
magistrat hors hiérarchie, M. Tia Koné. Vrai ou
faux ? Toujours est-il
que ce parti a tout d`un parti de la gauche, inspiré pour la
propagande
et la campagne de Gbagbo Laurent. Oulé Tia et ses camarades
ont décidé,
à l`unanimité, de créer le Parti pour
la Démocratie et la Paix comme
``un creuset d`échanges, de solidarité et de
participation au
développement de la Côte d`Ivoire et du
mieux-être de la population
ivoirienne``. Mais depuis, plus rien. Tia Koné est quasi
irremplaçable
à la tête de la Cour Suprême et
Oulé Tia est à tout moment le bienvenu
dans les couloirs du Palais.
Les déserteurs du RDR, du MFA et du PIT
-Enise Kanaté, député-maire de Makono,
était, jusque-là, l`une des
proches collaboratrices du président du RDR, le Dr Alassane
Dramane
Ouattara. Elle a décidé, contrairement aux
autres, de quitter ses
compagnons et de rejoindre les rangs du parti au pouvoir, le FPI. Elle
a commencé par prendre des distances vis-à-vis de
la vie politique en
Côte d`Ivoire puis au cours d`une conférence de
presse, elle annonce
son départ pour le Front populaire ivoirien (FPI) dont les
dirigeants,
dit-on, n`ont pas hésité à lui ouvrir
les portes. Pourquoi le FPI ?
Elle expliqua les motivations de son choix par le combat que
mène le
parti au pouvoir, notamment le président Gbagbo qu`elle
présenta comme
un symbole de liberté pour l`Afrique, mais aussi de
dignité pour les
Ivoiriens. Depuis, elle est entrée dans les bonnes
grâces du Palais,
mais sur le terrain, elle ne peut décider les militants RDR
de Mankono
à aller au FPI.
- L`Alliance nouvelle pour la Côte d`Ivoire (ANCI) : Le
secrétaire
général adjoint du RDR chargé des
Relations extérieures a porté sur les
fonts baptismaux un nouveau parti politique: l`Alliance pour une
nouvelle Côte d`Ivoire. Avec lui des hommes et femmes bien
connus du
RDR, dont Mme Koné Bintou, présidente des femmes
républicaines
d`Anyama, Jean-Jacques Béchio; Khalil Ali Kéita.
Au nombre des membres
fondateurs du parti, on compte notamment Mme Oulaï
Philomène, Béhi
Bernard, Amidou Sylla, ancien maire RDR d`Anyama, et Bamba El Hadj
Sowaliho. Après l`euphorie de la création du
parti, la réalité est plus
qu`amère pour beaucoup d`entre eux. Aujourd`hui, l`ANCI est
en proie à
de profondes dissensions. Qu`à cela ne tienne. Si
Zémogo n`a pas été
nommé Premier Ministre du Gouvernement Gbagbo avant
Ouagadougou, comme
il se racontait, il est quand même bien accueilli au palais.
- Le MNC Alternative a été mis sur pieds par le
député Kabran Appia.
Elu sous la bannière du parti ivoirien des travailleurs
(PIT), le
député Kabran, quand il était au
gouvernement, a commencé par apporter
sa voix à celle des refondateurs pour défendre et
promouvoir la vision
du clan présidentiel. Puis, dès sa sortie du
gouvernement, il franchit
le rubicond en créant ce parti politique
d`idéologie très proche du
FPI, il rappelle à tout le monde que son parti est pour
l`élection du
candidat Gbagbo pour un second mandat. Pour le MNC Alternative qui est
membre du Congrès national pour la résistance et
la démocratie (CNRD),
il n`y a d`autres alternative que Gbagbo. Pour qu`il puisse compter sur
lui, le régime est tenu d`aider le
député Kabran qui n`est plus
ministre, ni militant du PIT.
Eddy PEHE
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