
Des progrès tangibles ont
été réalisés au niveau de
l’identification
des populations et de celui de l’enregistrement des
électeurs, a estimé
vendredi à Abidjan, le Sous-secrétaire
général des Nations Unies chargé
des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet.
Au
cours d’u point de presse au siège de
l’Opération des Nations Unies en
Côte d’Ivoire, M. Mulet, qui conduit une mission
technique d’évaluation
dans le pays, s’est félicité des
progrès enregistrés dans le processus
de paix depuis la signature de l’Accord Politique de
Ouagadougou. Il a
souligné notamment la disparition de la zone de confiance et
le fait
que les deux forces ex-belligérantes travaillent
conjointement à la
sécurisation du processus de paix avec le concours des
forces
impartiales, même si beaucoup reste à faire.
M Mulet a rappelé que
le but de sa mission était de voir la nature du soutien des
Nations
Unies à la poursuite du processus de sortie de crise. Cela,
en tenant
compte du contexte sécuritaire et des enjeux politiques
auquel est
confrontée l’ONU au plan international face
à la crise financière qui,
a-t-il révélé « incite nos
bailleurs de fonds à exercer une pression
sur nous afin de rationaliser nos efforts en matière de
maintien de la
paix ».
Mais le chef de la mission d’évaluation a
indiqué que face
au leadership très engagé des acteurs politiques
ivoiriens dont le
Président Gbagbo, il fait preuve d’un certain
optimisme car selon lui,
« cela nous donne des garanties que le passé de
violences, de
polarisation et de confrontation est vraiment dans le passé
».
Toutefois, il a exhorté les acteurs ivoiriens à
poursuivre les efforts
afin de finaliser l’identification et
l’enregistrement des électeurs
pour aller aux élections car a-t-il dit, « il est
difficile pour un
pays de fonctionner avec un Gouvernement intérimaire. Il
faut vraiment
un Gouvernement produit d’élections
légitimes non seulement au niveau
de l’exécutif mais aussi au niveau du Parlement et
des autorités
locales ». Il a souhaité que dès
après la tenue de l’élection
présidentielle, les autres scrutins puissent se tenir afin
de pouvoir
construire à nouveau une structure démocratique
dans le pays.
Sur la
question sécuritaire il a lancé un appel afin que
les parties
ivoiriennes continuent à s’engager en vue de faire
avancer le volet du
désarmement afin de mettre un terme à la
circulation des armes. « Il
faut accélérer le
démantèlement, des milices, la
réunification des
forces et le redéploiement de l’administration de
l’Etat de droit dans
les régions du pays où il a
été absent » a plaidé M.
Mulet avant
d’espérer que la prochaine rencontre des acteurs
ivoiriens à
Ouagadougou se penche plus en profondeur sur cette question.
Rappelant
que l’ONU ne voyait pas la nécessité
d’envoyer des troupes
additionnelles pour la sécurisation du processus, il a admis
que le
manque de sécurité contribuait à
rendre la situation imprévisible et
volatile. Il a toutefois confirmé que l’ONUCI et
la force Licorne vont
conserver, auprès des Ivoiriens, une présence et
un dispositif de
dissuasion et d’accompagnement. A cet effet, il a
indiqué que face à
l’aspect déterminant de
l’année 2009 et aux avancées politiques
enregistrées, la communauté internationale
attendait beaucoup de la
Côte d’Ivoire afin qu’elle puisse
surmonter les derniers obstacles
techniques logistiques mais aussi sécuritaires. «
Tout cela permettra
de créer des conditions pour des élections
crédibles libres et
transparentes, dans un contexte sécurisé et
apaisé », a expliqué M
Mulet, avant d’ajouter que le DDR, le
démantèlement des milices
devaient suivre pour offrir des perspectives concrètes de
réinsertion
et de réunification pour les ex-combattants.
Cependant, a ajouté M
Mulet, face à une situation sécuritaire qui a
connu une nette
amélioration, l’ONUCI pourrait procéder
à une reconfiguration de sa
présence en Côte d’Ivoire. Celui-ci
devrait comprendre un « dispositif
plus mobile orienté sur les zones sécuritaires
les plus sensibles »
allié au maintien de l’ordre, au renforcement des
capacités des forces
de police et de gendarmerie.
Répondant aux préoccupations de la
presse, M. Mulet a rappelé que les Nations Unies
n’avaient pas un
mandat exécutif en Côte d’Ivoire.
« Nous sommes ici pour appuyer,
accompagner, soutenir les décisions prises par les parties
ivoiriennes
», a-t-il ajouté avant de rappeler que
l’obligation de procéder ou non
au désarmement avant l’élection,
relevait de la seule décision des
Ivoiriens. Selon M Mulet, ce qui est important dans la suite de ce
processus, c’est de maintenir la confiance à tous
les niveaux. « Les
incidents de la semaine dernière sont un exemple que parfois
il peut y
avoir des dérapages » a-t-il souligné.
A ce niveau il a réaffirmé que
pour sa part, l’ONU joue un rôle
d’équilibre et a rencontré outre le
chef de l’Etat, les Présidents Alassane Dramane
Ouattara et Henri Konan
Bédié, les responsables militaires des Forces
Nouvelles au cours d’une
rencontre avec les Commandants des Forces en présence dans
le pays.
Mais
pour lui, il est primordial de respecter et d’appliquer les
Accords
conclus car assez souvent, a dit M Mulet, la mise en œuvre
des accords
signés ne connait aucune effectivité. Il a
rappelé que le souhait de la
communauté internationale qui n’a pas pour
rôle de fixer la date des
élections en Côte d’Ivoire, est de voir
celles-ci se dérouler assez
rapidement afin de permettre au pays de fonctionner correctement.
« Un
Gouvernement intérimaire comme celui que vous avez
maintenant ne peut
pas faire face à des engagements ni à moyen ni
à long terme sur des
aspects financiers dans des programmes de développement
», a souligné M
Mulet avant d’émettre le vœu que les
élections se déroulent dans leur
ensemble dans le courant de l’année 2009 afin de
mettre en place, la
structure démocratique nécessaire au
fonctionnement du pays.
Source : fnci