1.
Pourriez-vous nous présenter le PEI en quelques mots, sa
naissance, son histoire, ses combats ?
Le Parti écologique ivoirien a été
crée suite à la crise politique qui
a frappée la Côte d’Ivoire de
décembre 1999 à mars 2001 et fait de
nombreux morts que nous appelons : Les Martyrs de Côte
d’Ivoire. Ces
événements, après ceux de 1963 et 1970
qui ont marqués chacun une
période de l’histoire de la Côte
d’Ivoire, sont un élément de fond dans
la réalité ivoirienne
d’aujourd’hui.
Le Parti considère que dorénavant, le stade des
mensonges, assassinats
et complots politiques est dépassé. Chaque
citoyen doit pouvoir opter
pour une politique conforme à ses opinions sans
être inquiété. Voilà
pourquoi le Parti tient à élargir son action aux
droits de l’homme et à
la jeunesse qui représente l’espoir et
l’avenir du pays. Ces mouvements
sociaux politiques qui ont abouti à
l’avènement de la 2ème
République,
démontrent à quel point le peuple ivoirien est
déterminé à valoriser
son existence dans la construction d’une nation
démocratique.
2. Pourriez-vous nous décrire brièvement la
situation environnementale en Côte d’Ivoire
actuellement ?
La situation environnementale n’est pas reluisante.
D’abord, avec la
déforestation et le manque de reboisement, les
forêts classées
exploités par des cultivateurs, les insalubrités
dans toutes les
communes, pas de campagne de protection de l’environnement ni
suffisamment d’espaces verts de créés,
la pollution de nos eaux et
cours d’eaux, les nids de poules, une voirie en mauvais
état etc.
Il y a aussi le manque d’emplois, le chômage trop
dense de la
population jeune, manque d’hôpitaux, de
dispensaires adéquats et de
logement sociaux. Le manque de soutien de la diversité, les
handicapés
et des personnes âgées. Concernant le transport,
c’est un désordre
total, aucune amélioration et le tout
agrémenté par la corruption qui
s’est généralisée. Avec tout
ces maux, il y a aussi la guerre née
depuis 2002 en Côte d’Ivoire qui a vu la partition
du pays en deux et
qui s’est concrétisée par la crise
poste électorale née des élections
présidentielles de novembre 2010. Voilà la
situation environnementale
en Côte d’Ivoire.
3. Les événements politiques affectent-il la
nature et le cadre de vie des ivoiriens ?
Oui, de façon très négative. Sur le
plan International, il y a un
embargo, une asphyxie de notre pays par la communauté
européenne
conduite par la France et cela va jusqu’à
l’embargo sur les
médicaments. Du jamais vu pour des problèmes
électoraux. C’est
grotesque d’asphyxier tout un peuple pour de simples raisons
électoralistes. Sur le plan national, toute
l’économie du pays est au
point mort à cause des embargos, c’est la survie
avec la guerre
provoquée qui a créée son lot de
déportés.
4. Quelles sont les propositions essentielles que le PEI porte
actuellement ?
Le retrait des différents embargos, la non
ingérence absolue de la
communauté européenne sur la politique africaine,
la reconnaissance et
le respect de nos textes et aussi de leurs procédures.
L’arrêt immédiat
de la guerre au profit du dialogue, le retrait d’Allassane
Ouattara et
de Gbagbo de la vie politique ivoirienne pour une meilleure
cohésion
nationale et pour la paix. Pour la relance du développement,
la prise
en compte de ce qui est précédemment
cité.
5. Quelle est la situation environnementale dans les zones rurales et
forestières?
Pareille que dans les zones urbaines. Un paysage environnemental
défiguré, à l’abandon.
6. Que propose le PEI pour améliorer cette situation ?
Faire connaître nos programmes afin d’inciter
à sa copie, des
conférences et des actions de promotion ou de communication.
La prise
du pouvoir.
7. Comment concilier une agriculture suffisamment productive et la
protection de la nature ?
En délimitant des zones neutres, non touchables, en faisant
respecter
nos parcs et forêts classées, en
évitant les produits chimiques, en
respectant et en faisant respecter l’agriculture bio et la
diversification de cette agriculture. En incitant à employer
les
méthodes écologiques.
8. Comment permettre aux zones rurales d’avoir
accès aux ressources en eau et en énergie ?
L’eau ne manque pas en côte d’Ivoire. Ce
qu’il faut, c’est protéger nos
sources d’eau, creuser des puits ou construire des
châteaux d’eau et
pour l’énergie, utiliser les énergies
renouvelables.
9. Pourriez-vous nous présenter et nous expliquer les
problèmes ou
drames environnementaux qui vous semblent les plus
préoccupants
actuellement dans votre pays ?
La guerre qui se vit. C’est le plus terrible des drames
environnementaux qui secouent mon pays. Cela empêche tout bon
fonctionnement des institutions et des personnes. La guerre met
à mal
l’économie.
10. Quelles sont vos propositions pour avancer sur ces dossiers
brûlants ?
Isoler de la politique, les personnes qui constituent le mal en
politique dans notre pays.
11. Comment sont reçues vos idées en
Côte d’Ivoire ? Auprès des citoyens ?
Êtes-vous écoutés ?
Vous savez, quelque soit le pays où l’on vit,
à cause de la
généralisation et de la mondialisation
culturelle, les connaissances se
sont égalés. Les gens suivent et
s’intéressent à ce qui se fait de bien
ailleurs. L’écologie a fait son chemin
à travers les sphères et la Côte
d’Ivoire n’est pas en reste. Les ivoiriens sont de
plus en plus
sensibles à l’écologie à
cause des insalubrités, de la pollution et de
l’environnement politique. Inconsciemment, les ivoiriens
veulent voir
les écologistes mieux implantés dans le pays, ce
qui fera de nous une
force incontournable. Nous sommes écoutés,
sollicités. La condition
politique et la guerre présente ne nous permet encore pas de
mieux nous
affirmer.
12. En temps de paix, comment sont reçues vos
idées dans les instances
dirigeantes ? Les dirigeants s’intéressent-ils
à ces problèmes ?
Depuis notre existence, par nos actions, tout le monde parle
aujourd’hui d’écologie. Dans la campagne
présidentielle passée, la
plupart des candidats ont inséré dans leurs
programmes, des programmes
écologiques. Ce qui ne se voyait pas dans le temps.
C’est une
évolution, un changement. La conscience politique
écologique est là. Ce
sont les programmes écologiques adaptés qui font
défaut et c’est pour
cela qu’il faut désormais des écologues
dans les différentes sphères de
développement en Côte d’ Ivoire.
13. Avec le conflit politique actuel, comment les dirigeants prennent
en considération les problématiques
environnementales ?
On ne peut parler de problématiques environnementales dans
un pays en
guerre. La guerre crée déjà du
désordre et ne respecte rien.
14. Quels sont les principaux problèmes que vous rencontrer
actuellement pour permettre aux idées écologistes
de progresser dans
votre pays ?
Les presses, vu que les presses sont inféodées
aux partis politiques,
ce qui ne permet de mieux vendre les idées. Le manque de
moyens, le non
soutien réel des partenaires occidentaux, faire avec les
moyens de bord
insuffisants et les militants en manque d’argents qui ne sont
en
majorité pas à jour des cotisations.
15. Comment voyez-vous le rôle du PEI et des
écologistes dans les prochaines années ?
Meilleur, si le vrai droit se met en place au pays.
16. Quelles sont vos relations avec les associations
écologistes ivoirienne ?
Très bonnes. Nous avons participé à
des réunions communes pour la
valorisation de l’écologie. Mais il y a encore
mieux à faire ensemble.
17. Quelles sont vos relations avec les autres partis
écologistes africains et européens ?
Nous avons organisé la fédération des
partis écologistes et verts ouest
africain en Côte d’Ivoire où
j’ai été élu le premier
Secrétaire
exécutif de la fédération, nous sommes
membres de la Fédération des
Verts africain et de global green. Nous participons à toutes
les
réunions internationales organisées par nos
partenaires et nous allons
souvent les soutenir lors de leurs manifestations.
18. Un derniers mot ?
Nous n’apprécions pas les différents
embargos de la communauté
européenne jusque sur les médicaments
commandités par la France. Ce ne
sont pas les leaders politiques qui en souffrent mais tout le peuple
rendu dans le dénuement. C’est invraisemblable
l’action que mène la
France sur la Côte d’Ivoire, c’est du
jamais vu. Étouffer un peuple qui
souffre déjà à cause de ces personnes,
les assécher et aller jouer au
bon samaritain ailleurs. Il y a la façon dont la France se
joue du
dossier ivoirien, sa diabolisation pour un clan et son amour pour
l’autre. Sa façon de traiter des rebelles
d’anges et de les chérir
quand ils massacrent et surtout de cacher les méfaits de la
rébellion
et de dire que ce sont des civils qu’on tue quand les
rebelles sont
touchés. Il y a de quoi ne plus rien comprendre. Il ne faut
d’ailleurs
pas de guerre et ne condamner personne. La solution en Côte
d’Ivoire
est purement politique et non militaire. Cela nécessite une
commission
ivoiro-ivoirienne pour assoir une transition d’unions de
partis
politiques neutres qui conduira un gouvernement d’union pour
préparer
les élections futures. Au bout, cette élection
future permettra
l’éclosion d’autres acteurs politiques.
Auteur : Martin
DURIGNEUX
Date : 01-04-2011
Rubrique : Militants
de la terre : des élus et des militants engagés