Le Parti Ecologique Ivoirien



Robert Guéi Bombet, répond à ADO à propos des élections avant le désarmement





 22 mars 2008 - Par l'Intelligent d'Abidjan
 

GUEÏ BOMBET RobertAprès plusieurs mois de silence, le président de la Renaissance nous a accordé un entretien au cours duquel il a donné sa position sur plusieurs points de l’actualité notamment le bilan de l’accord de Ouaga, le débat sur le désarmement, l’affaire IB etc…

L’accord de Ouagadougou a un an. Quel bilan le Président Guéi Bombet peut dresser ?

Sans la vérité, il n’ y a aucun progrès. La période où on passait le temps à faire la politique du mensonge est révolue. Le bilan aujourd’hui est négatif. Il ne faut pas nous faire croire que les voyages de Soro à Gagnoa, de Gbagbo à Ferké, des jeunes du RHDP, des femmes que l’on réunit à Bassam peuvent ramener la paix définitive. On a menti à tout le monde et on continue de mentir. Nous tenons à dire la vérité à nos collègues les hommes politiques et aux ivoiriens. Si quelqu’un veut nous contredire aujourd’hui, qu’il m’apporte les preuves de la paix. Je ne les ai pas. Gbagbo continue de voyager avec son bataillon. Soro avec son bataillon et chacun se barricade. Maintenant , si ceux là-même qui sont devant et proclament la paix, s’ils se barricadent, alors il ne faut pas dire aux ivoiriens que la paix est là. Du point de vue technique, c’est à dire au niveau des reformes qu’on devrait faire, rien n’a bougé. Pour le désarmement, nous sommes au point zéro. Le problème de l’identification s’est réduit aux audiences foraines qui sont devenues la seule activité du gouvernement. Donc, sur tous les plans, moi je ne vois rien. Les pièces d’identité, les ivoiriens ne les ont pas. Tout le monde est abonné à l’attestation d’identité où on dépense une fortune auquel on aurait pu substituer une carte d’identité. Le redéploiement de l’administration, où est ce qu’on en est ? C’est toujours les mêmes partages du terrain. Le territoire est toujours partagé entre les forces en présence. Arrêtons les bla-bla et passons aux choses concrètes.

Quelles sont ces choses concrètes ?

Si on dit que la paix est de retour, il faut que toutes les barricades, les corridors qui divisent le pays disparaissent. Pour un étranger ou même un ivoirien qui se déplace, c’est le signe patent pour mesurer le degré de paix qu’il y a dans un pays. Donc, tout est bloqué. Gbagbo est allé au Nord. Mais le Nord est toujours dans les mains des forces nouvelles. Soro est parti à Gagnoa. Cela n’a pas supprimé tous les barrages qui sont sur les routes. En ce qui concerne le désarmement, on parle de mise en caserne. Mais, il n’ y a pratiquement rien. Tout le monde est sur sa position. L’identification, les listes électorales, rien. On a parlé de SAGEM. Mais cet opérateur devait commencer depuis longtemps son travail pour délivrer un fichier électoral, trois mois avant les élections. Aujourd’hui, SAGEM est en train de fouiller dans son cahier des charges. Dites nous sur quel point, on a fait quelque chose. Aucun.

Les élections présidentielles en 2008, vous y croyez ?

Les deux signataires qui ont dit que les élections se feront en juin 2008, est ce qu’ils y croient ? Demandez-leur s’ils sont sérieux en disant cela. Gbagbo a déclaré ‘‘ s’il n’ y a pas d’élections en juin, ce n’est pas la mort’’. Nous sommes au mois de mars. Qui peut croire aujourd’hui qu’on fera les élections dans trois mois. Alors qu’on n’a ni les cartes d’identité, ni le fichier électoral. Alors que celui-ci devrait être publié trois mois avant les élections. Ceux qui disent cela, est ce qu’ils sont politiquement corrects? Ou bien, ils pensent que les ivoiriens sont suffisamment bêtes pour leur raconter des histoires tous les jours.

Ne voyez-vous pas cependant des aspects positifs dans cet accord ?

Nous disons que nous sommes des gens qui recherchons la paix pour la Côte d’Ivoire, pour les ivoiriens et pour nous même afin que le pays soit en marche. Si les deux principaux belligérants estiment qu’en s’entendant et en arrêtant de s’engueuler tous les jours, c’est cela la paix. C’est bien. Nous la considérons comme quelque chose de positif. Mais pour remettre la Côte d’Ivoire en route, ils ne peuvent le faire qu’en associant d’autres énergies. C’est ça notre position. Nous pensons que l’accord de Ouagadougou est pratiquement un deal entre Gbagbo et Soro pour arrêter de s’engueuler et continuer à faire leur business pour nous conduire certainement comme certains l’affirment, vers 2010. L’accord de Ouaga a été signé pour arrêter les adversités entre le camp présidentiel et les Forces nouvelles, leur permettre de se partager tranquillement le pouvoir et mener tout le monde en bateau.

Il y a un débat aujourd’hui sur la scène politique. Il s’agit du désarmement avant les élections ou
élections avant désarmement. De quel côté êtes vous ?

Notre analyse est simple. On a fait la guerre parce qu’on réclamait un certain nombre de choses. Et ceci, on devrait les faire. Une fois faites, des élections transparentes devaient pouvoir être organisées dans un pays réunifié.

Le président du RDR a estimé lors du congrès de son parti que les élections peuvent être faites sans désarmement intégral. Il a évoqué l’exemple de certains pays comme l’Irak qui ont réussi cela…

Le problème de l’Irak est différent de celui d’ici. Là-bas, c’est une occupation extérieure dans laquelle on est en train de résoudre un certain nombre de problèmes à l’intérieur. En Côte d’Ivoire, c’est une partie de ivoiriens qui a pris les armes en reprochant au gouvernement un certain nombre de comportements. Si les problèmes à cause desquels on a pris les armes sont résolus et si on veut des élections propres, à mon avis, il faut éliminer les éléments de la révolte. Les premiers éléments de la révolte, c’est la partition du pays en deux . C’est deux armées . Vous ne pouvez pas dire que vous voulez aller aux élections comme ça. Si Gbagbo a la chance encore d’aller à Korhogo faire la kermesse, quand il revient, les autres prennent leurs places. On n’ a pas avancé. Est ce que dans ces conditions, on pourra faire la campagne comme on veut ? Disons nous la vérité. Est-ce que faire les élections sans désarmement est possible ? Si tout le monde proclame la paix, en occurrence le RHDP qui est au gouvernement, Gbagbo et ses partisans, Soro et le leur, alors réunifions le pays. Désarmons les milices et tous ceux qui ont des armes pour aller aux élections avec l’esprit libéré parce que moi, je ne vois pas comment un pays qui est entré en guerre et qui dit aujourd’hui qu’elle est finie, peut t-il faire des élections avec deux armées. Les élections sont une finalité pour dire qu’on a retrouvé la paix et la démocratie. Si ce qui nous oppose n’est pas résolu, comment est ce que vous pouvez aller sortir des élections. Moi, je ne parie pas qu’il va avoir des troubles, mais je dis si Ouattara, Bedié ou Gbagbo remportent les élections, avec deux armées, je ne vois pas comment on va proclamer les résultats puisque nous savons tous en 2000 comment ils ont été proclamés. Nous savons également qu’aujourd’hui un certain nombre d’éléments pour une élection indépendante, ouverte et démocratique, sont piégés. Attachons nous avec courage à attaquer les vrais problèmes. Je conseillerai au président du RDR, que si depuis Marcoussis, on s’était mis d’accord pour attaquer la Constitution, l’article 35 qui était à la base du mal et des mauvais actes politiques, aujourd’hui, on aurait dit qu’on a fait un grand pas. La décision prise par Gbagbo après la réunion de l’accord de Pretoria, est aujourd’hui périmée puis qu’elle avait été prise pour les élections de 2005. La décision qui envoyait directement comme candidat Ouattara et tous les signataires de Marcoussis d’office a été prise en 2005 et ne concerne que 2005. Sortez l’accord de Prétoria pour voir. Comme les élections n’ont pas eu lieu en 2005, cette décision est périmée.

Donc, selon vous les décisions prises à travers l’article 48 par le
chef de l’Etat pour permettre à tous les signataires de Marcoussis d’être candidats aux élections présidentielles ne tient plus ?

Si ça tenait, ça nous a apporté quoi ? On a fait des amalgames. On a tripatouillé et on a jamais été direct et honnête. Je suis sûr que lorsque la campagne sera ouverte, d’autres conditions vont venir s’ajouter. On se connaît dans ce pays. Il ne faut pas qu’on se voile la face. Nous avons chanté depuis toujours que la Constitution doit être la base d’une société. Si cette Constitution est à la base de nos malheurs, alors révisons là. Les gens ne nous ont pas écouté. Chacun se lève et dit qu’il va gagner les élections. Mais il faut que ces élections se tiennent. Certains parlent de 2010 alors que d’autres disent qu’ils vont gagner tout de suite. Il faut que ça se tienne et que les politiciens qui sont en train de tenir de tels propos, ne nous conduisent dans une situation comme celle 2000 et qu’on retourne sur les mêmes exclusions. Il nous faut des élections propres. Le pays est malade et il faut se dire la vérité pour le guérir. Voilà notre position.

Le sergent chef Ibrahim Coulibaly a été accusé d’avoir voulu fomenté un coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Quel est votre point de vue global sur l’affaire IB

J’aurais voulu ne même pas me prononcer là dessus. Mais ce que je vous dis, c’est à fait simple. Il y a eu tellement de répétitions et d’annonce de coup d’Etat avec des auteurs différents , qu’aujourd’hui je me demande bien pourquoi la Côte d’Ivoire se réduit à parler encore de ces choses. Concernant le problème d’Ibrahim Coulibaly, il y a eu l’intervention de la justice française et puis ça se poursuit. A côté de ça, on a dit qu’il y a encore trois personnes qui ont tenté de faire un coup d’Etat et ils sont enfermés. Ceux là, n’ont pas de liens avec Ibrahim Coulibaly. A un moment donné, lorsqu’on est coincé, lorsqu’on n’arrive pas à tenir les engagements qu’on a pris soit même, on fait de la diversion. Si ces informations relatives au coup d’Etat sont exactes, ils n’ont qu’à traduire ces personnes devant la justice. Nous sommes des citoyens ivoiriens et ne faisons que dire ce que nous pensons. Nous ne faisons que de la politique. On est maltraité. Les commerçants qui font et vivent de leur commerce, sont agressés et tués dans les rues. L’histoire d’Ibrahim Coulibaly ne date pas d’aujourd’hui. Il y a des contentieux entre lui et les Forces nouvelles. Chacun interprète ça selon ses vœux. Et puis le jour où on est coincé et qu’on ne peut pas avancer, on soulève le problème. Ils n’ont qu’à aller devant la justice s’ils sont sérieux. Mais qu’on arrête d’empoisonner la vie des ivoiriens avec ces coups d’Etat à répétition dont l’enquête n’aboutit jamais et pour lesquels on a avancé aucun argument véritable. On en a assez. Celui qui veut gouverner, c’est pour arranger les ivoiriens. Quand il est incapable de le faire, qu’il se retire. C’est la seule façon d’aimer son pays.

Vous dites que les gens brandissent des coups d’Etat sans avancer de véritables arguments. Pour le cas particulièrement d’IB, il y a eu une vidéo filmée …

Je ne rentre pas dans la mystification encore moins dans les choses qui techniquement ne tiennent pas véritablement ; Cassette vidéo, c’est une chose, les enquêtes une autre. Ils ont diligenté une enquête internationale. Ibrahim Coulibaly est là. Qu’on nous apporte de vrais preuves. Je ne le défends pas. Je n’ai pas de rapport particulier dans cette affaire et je ne suis même pas concerné. Mais je dis que ces coups d’Etat sont proclamés que lorsqu’ils n’arrivent pas à réaliser les engagements qu’ils prennent ; Combien de fois le même IB n’a pas été accusé. Parfois on dit ‘‘ il a attaqué du Ghana, d’Odienné, de Guinée’’. Maintenant, si on voit que cet élément est important, négociez avec lui. Gbagbo a pu négocier avec Soro. Ce dernier n’a qu’à négocier avec Ibrahim Coulibaly . Qu’on arrête ces histoires de coup d’Etat.



Source : intelligentdabidjan.org

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