Le président Laurent
Gbagbo, candidat à sa propre succession à
l’élection présidentielle du 31 octobre
2010, s’est voulu clair avec les populations du
département d’Alépé.
« Est-ce que j’ai besoin de vous dire pourquoi je
suis là ? Si vous ne votez pas pour moi, vous êtes
morts », a-t-il indiqué à
l’endroit des peuples Attié, Gwa et Agni du
département. A l’en croire, en effet,
s’il ne remporte pas l’élection
présidentielle, ceux qui viendront après lui
diront que ce sont « les gens du village de Gbagbo, les gens
de Gbagbokoi ». Laurent Gbagbo qui connaît bien les
peuples d’Alépé, n’a pas tenu
de discours trop enlevé. Il leur a simplement
rappelé la lutte qu’ils ont menée
ensemble pour l’avènement du multipartisme en
Côte d’Ivoire. Aussi, parlant de son
élection en 2000, qu’il doit essentiellement
à la région de l’Agnéby et
d’Alépé (près de 74%), le
président-candidat a dit ceci : « Là
où vous m’avez envoyé, le serpent vit
toujours. Ne laissez pas tomber votre bâton. Si le serpent
était mort, on ne nous aurait pas fait la guerre. Le diable
est persévérant dans la défaite et il
sera déchu encore ». Le candidat de La
Majorité Présidentielle (LMP) a
expliqué à son bastion que c’est
à cause de la guerre qu’il n’a pas
achevé totalement la mission qu’il lui a
confiée. « C’est parce que nous avons
ramené la paix que nous avons donné la parole
à ceux qui étaient cachés.
C’est la paix qui est le principe du développement
», a soutenu le chef de l’Etat, avant
d’affirmer que « pour que la paix soit
consolidée, il nous faudra attaquer le problème
du chômage des jeunes. Demain, un jour nouveau va souffler.
Les jeunes, tenez bon, il reste 19 jours pour que le jour se
lève. Si vous votez pour moi, c’est vous qui serez
sauvés ». Il a promis de s’occuper du
chômage des jeunes, mais aussi, de vulgariser
l’agriculture vivrière, notamment la production de
riz. « Je vous demande de me faire confiance parce que vous
me connaissez et je vous connais. Continuez de me faire confiance et je
continuerai de vous aider. Je suis candidat pour la Côte
d’Ivoire pour qu’elle soit fière et
digne, pour qu’elle soit un grand pilier pour
l’Afrique », a-t-il signifié. Mlle
Patricia Dingui a, au nom des populations, rassuré Laurent
Gbagbo quant à leur soutien. « Au soir du 31
octobre 2010, il n’y aura personne devant vous parce
qu’on va les combattre mystiquement », a soutenu le
porte-parole des chefs traditionnels
d’Alépé.
Hervé KPODION
(Envoyé spécial)