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Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
E. I
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Le
parti Ecologique Ivoirien

3
août, 2007
Avant
même qu’il ne soit l’actuel locataire de
l’Elysée, ses
pourfendeurs et adversaires disaient de Nicolas Sarkozy qu’il
avait
toujours maille à partir avec la presse, qu’il
n’hésitait pas à mettre
les journalistes au pas, alors qu’il était
installé Place Beauvau, et
même à Bercy. A ce sujet d’ailleurs les
anecdotes ne manquent pas. Si
le chef de l’Etat français, avait
tourné la page des relations orageuses entre son
prédécesseur et Laurent Gbagbo, pour tenter un
réel
rapprochement avec son homologue ivoirien, on aurait dit que parvenu au
pouvoir, il avait paradoxalement lâché la bride
à la presse française
en général, et à celle qui est proche
de la droite, et donc de l’UMP,
en particulier. Sur la Côte d’Ivoire (un pays que
les français
devraient bien connaître pour l’avoir
colonisé de 1893 à 1960) et sa
crise, certains représentants de la presse
française dont Le Figaro ont
encore des jugements, des analyses et une perception, qui se situent
aux antipodes de la réalité. De Jacques Chirac
à Nicolas Sarkozy, ils
sont incapables d’ôter leurs
œillères pour camper objectivement la
sociologie (politique et sociale) ivoirienne. Le disant, nous invitons
le lecteur à faire une lecture minutieuse des deux articles
que les
quotidiens Le Figaro et Le Parisien ont consacrés hier
à la Côte
d’Ivoire, ou pour être plus précis,
à Laurent Gbagbo dont nous sommes
loin d’être un thuriféraire. Le
correspondant de “Le Figaro”, comme
bien d’autres journalistes étrangers,
s’était rendu à Bouaké pour
la
couverture de la flamme de la paix. Revenant de Bouaké, il
s’était
arrêté à Yamoussoukro où le
président Gbagbo l’a reçu, en compagnie
de
son confrère de Le Parisien. Pour Le Figaro, la grande
satisfaction de
Laurent Gbagbo aujourd’hui, ce n’est point
d’avoir réussi avec son
Premier ministre la réunification de la Côte
d’Ivoire, mais plutôt
“d’avoir résisté à
la France, l’ancienne puissance coloniale dont
l’influence, même déclinante,
obsède la classe politique locale (…)”.
Le combat contre la France est donc le programme politique du
président
Gbagbo. La belle avance ! La résistance dont il est question
ici
suppose qu’il y ait eu un affrontement entre Jacques Chirac
et Laurent
Gbagbo. Cet affrontement ne s’est pas
déroulé à travers le soutien de
la force Licorne à l’ex-rébellion, mais
bien plus en amont, à cause de
l’ivoirité. “Au-delà des
questions d’amour-propre et des querelles
personnelles, écrit Le Figaro, la mésentente
entre Chirac et Gbagbo
vient d’un malentendu plus profond. Quand la
“vitrine” de l’Afrique
francophone plonge, après la mort
d’Houphouët-Boigny en 1993, dans une
crise économique et se crispe sur son
“ivoirité” contre les populations
nordistes apparentées aux pays voisins, la diplomatie
française
identifie la question comme la principale cause de
l’instabilité
politique (…)”. Difficile de comprendre un tel
développement, à moins
que le confrère parisien veuille refaire
l’histoire de la Côte d’Ivoire
en nous enseignant que Laurent Gbagbo est le père de
l’ivoirité. Sauf
si dans un non-dit très subtil il veut nous
révéler que c’est
l’Elysée
qui a organisé le coup d’Etat du 24
décembre 1999 contre le président
Henri Konan Bédié. En revanche,
évitant les commentaires au profit d’un
compte rendu plus fidèle de l’entretien
(collectif) avec le chef de
l’Etat ivoirien, le reporter de Le Parisien, dans le style
anglo-saxon
du rendu, propose un article plus conforme à la
réalité. A propos par
exemple du différend entre Laurent Gbagbo et son pair
français de
l’époque, ce quotidien écrit :
“Il jure ne pas connaître l’ancien
président. “Un jour, il m’a accueilli
par cette phrase : Alors Laurent,
ça va ? Il faut cesser d’infantiliser les rapports
entre la France et
l’Afrique. Chirac m’a toujours traité
comme un sous-préfet. Je suis le
chef d’Etat élu d’un pays
indépendant. Il se trompe d’époque.
Moi, on
ne me parle pas comme ça !” Ensuite, Chirac
n’a eu de cesse de vouloir
l’écarter du pouvoir. “Ils se sont
réveillés un matin à Paris avec un
président africain qui n’était pas de
leurs amis. Résultat, Chirac est
parti et moi je suis toujours là”. Aucune
invocation de l’ivoirité ! Et
si pour son confrère Le Figaro, le chef de l’Etat
ivoirien doit le
sauvetage et la survie de son régime à la Force
Licorne, Le Parisien
n’en est pas là : “Gbagbo rappelle
qu’au moment du coup d’Etat manqué
du 19 septembre, France et Côte d’Ivoire
étaient liées par un traité
d’assistance militaire. Au lendemain de l’offensive
rebelle, j’ai
demandé aux Français de me prêter deux
hélicoptères, ils ont
refusé”.
Il estime aujourd’hui que l’armée
française, placée en force
d’interposition, a soutenu le camp rebelle plus que le
gouvernement.
“Si la France m’avait vendu des avions et des
hélicoptères je ne me
serais pas tourné vers la Biélorussie”.
Entre Le Parisien et Le Figaro,
qui dit vrai, qui a fait le meilleur compte rendu ? Aux lecteurs
d’en
juger !
JACQUES MIAN
Source
: lintelligentdabidjan.org

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