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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
31
juillet, 2007Hier,
le chef de l’Etat a planté le décor au
sujet des vrais enjeux actuels et
futurs de notre pays à l’occasion de la
cérémonie de la Flamme de la paix. Laurent
Gbagbo n’a pas fait un grand discours, ce sera le
06 aout prochain, à la veille
de la fête nationale.
La
Côte d’Ivoire est éternelle
Il avait bien commencé son message en lisant un
texte de salutation protocolaire
fort complet qui n’a omis personne, mais sans doute il lui a
fallu ensuite un
effort surhumain pour ne pas lire un texte écrit et convenu
et surtout pour ne pas
se laisser emballer et ” contaminer ” par
l’enthousiasme sans limite de ceux qui
ont voulu réécrire l’histoire de la
Côte d’Ivoire, et faire croire que tout
commence avec eux, que tout commence le 30 Juillet 2007.
Ceux là qui ont pensé que le 30
Juillet 2007 était une nouvelle naissance pour
notre pays ont dû être sur leur faim. La
Côte d’Ivoire est éternelle. Son histoire
a commencé depuis bien longtemps. Le 30 Juillet
2007 est une étape symbolique
certes, mais elle l’est au même titre que beaucoup
d’autres dates et symboles.
En phase avec le public
Selon donc Laurent Gbagbo, pour mieux saisir
l’enjeu et l’ampleur du 30 Juillet
2007, il convient d’aller vite aux élections et de
sortir vite de l’anormalité. En
insistant sur la tenue des élections vite, vite, vite,
vite et cela en phase
totale avec le public, le chef de l’Etat ivoirien a mis du
baume au cœur de ceux
qui soupçonnent le Premier ministre de vouloir ruser avec le
respect du fétichisme
des dates.
Déjà, la
veille lors de
l’échange avec les journalistes, le chef du
gouvernement,
M. Guillaume Soro était encore resté
évasif sur le respect des échéances
fixées
par le CPC, mettant en avant le souci de sa
crédibilité personnelle pour refuser
de se prononcer sur la date prévue pour les
élections.
Aucun deal pour que dure la transition
En indiquant qu’il faut aller vite aux
élections, Laurent Gbagbo a mis en déroute
ses détracteurs qui pensent qu’il est en deal avec
Guillaume Soro pour faire durer
dans la transition. Il n’y aucun deal sur la question !
D’ailleurs, il faut bel et bien rappeler
qu’à Ouaga l’accord avait failli
échouer
parce que Guillaume Soro refusait un chronogramme précis et
détaillé contrairement
à Laurent Gbagbo. Blaise Compaoré a
tranché en fixant le 31 Décembre 2007 comme
date limite malgré le souci du chef des Forces nouvelles
d’obtenir une transition
de deux à trois ans. Ce n’est donc pas juste que
le Premier ministre tente de
faire croire que le chronogramme de Ouaga n’est
qu’indicatif et ne signifie rien,
et qu’il ne faut pas s’y accrocher ; même
s’il est d’accord pour dire que notre
pays ira immanquablement aux élections. Le temps du
réalisme est arrivé avec cette
cérémonie du 30 Juillet 2007, qui doit mettre fin
à toutes les ruses et aux
manœuvres contre la réunification, le
désarmement et la mise en route des tâches
devant conduire aux élections.
Hier, Laurent Gbagbo a clairement
démontré qu’il n’a
qu’un seul agenda : Ouaga
pour les élections, car a-t-il ajouté Ouaga
n’est pas simplement le dialogue
direct, mais la possibilité d’aller aux
élections. De cette façon, le chef de
l’Etat tente d’expliquer publiquement
à Guillaume Soro que des adversaires de la
paix, sont encore embusqués et tapis dans l’ombre
pour d’autres attentats et
assassinats.
Laurent Gbagbo lui fait également comprendre que
si de nombreux Ivoiriens ainsi
que la communauté internationale ont
accepté Guillaume Soro à la Primature (en
dépit de tout) c’est parce
qu’ils estimaient qu’ils n’auraient pas
à le subir
trop longtemps dans cette autre posture.
Le seul moyen de mettre hors d’état de
nuire les aigris et les adversaires de la
paix, qui seraient tentés de ramer à
contre-courant, est d’aller aux élections
dans les meilleurs délais.
Soro a compris mais
Le Premier ministre semblait l’avoir compris
après l’attentat du 29 Juin dernier.
De façon surprenante et déterminée, il
était devenu très pressé et allait
vite. Il
donnait le sentiment de vouloir brûler les étapes
depuis cette date, alors qu’on
craignait qu’il renonce au processus. Comme
s’il fallait un attentat chaque jour,
après une rebellion, pour faire avancer la paix!
En vérité et en
réalité, il est dans le vrai et grand
intérêt de Guillaume Soro
d’aller vite et dans les meilleurs délais aux
élections. Car en plus des plans des
éventuels adversaires de la paix ; le prolongement de la
cohabitation dans les
bases et conditions actuelles entre lui et le chef de l’Etat
est susceptible de
connaître inévitablement des frissons et des
dissensions.
Dans la durée, il y a danger
Guillaume Soro n’étant pas
issu des élections et du suffrage universel, la
question de sa légitimité aux
côtés de Laurent Gbagbo et des autres leaders de
partis politiques va inévitablement se poser, au fur et
à mesure que nous
avancerons dans la normalité avec la fin de la
rébellion, si surtout
l’organisation des élections tarde !
Vite, vite, et vite, a plaidé
le chef de
l’Etat, en accord appatent avec le public
de Bouaké. Cette précision est venue à
point nommé. Elle devrait satisfaire
Bédié
et Ouattara dont l’absence à Bouaké
tient plus au refus de s’associer à une action
d’éclat qui aurait peut-être servi de
prétexte pour retarder l’application et
l’implémentation du reste des accords de Ouaga
qu’à un boycott de l’action du
Premier ministre.
La cérémonie d’hier avait
déjà fait le choix de la
sobriété et de la mesure avant
même que le chef de l’Etat vienne rappeler les
vérités et les vraies leçons du
jour, (certains détracteurs et commentateurs parlent
déjà de banalisation de la
fête par Laurent Gbagbo, mais ils ont tort).
Paris, Bédié et Ado
d’accord avec Gbagbo
Le message du chef de l’Etat ne rencontre pas
l’adhésion des seuls responsables du
PDCI et du RDR, puisque lors de son point de presse quotidien, le quai
d’Orsay a
dit hier clairement ce qu’il souhaite dans les termes
suivants suite à
l’interrogation d’un confrère sur la
signification de la présence du chef de
l’Etat ivoirien à Bouaké :
“Le déplacement du président Gbagbo
dans le Nord de la
Côte d’Ivoire s’inscrit dans le cadre du
processus de paix ouvert par l’accord de
Ouagadougou conclu sous l’égide du
président Blaise Compaoré. C’est un
nouveau pas
dans la mise en œuvre de cet accord qui doit conduire
à la tenue d’élections
libres et transparentes d’ici la fin de
l’année ou au début de
l’année 2008 “.
Depuis, hier la guerre est presque finie, mais elle
n’est vraiment pas totalement
finie. La guerre ne prendra fin qu’à
l’issue d’élections libres, justes et
transparentes.
Merci à Gbagbo et Soro
Merci au Président de la République
d’avoir rappelé cela et de
s’être mis en
accord avec tous ceux qui souhaitent un retour à
l’Etat de droit, à la bonne
gouvernance afin que notre pays reprenne sa vraie place dans le concert
des
Nations.
Merci à Guillaume Soro et à toute son
équipe d’avoir créé les
conditions pour que
cette vérité soit dite. Merci pour leur
engagement en faveur de la paix durable,
celle des urnes, et non plus celle des armes.
Rendez-vous à partir du 07 Aout 2007 pour savoir
la feuille de route et les
instructions que le Premier ministre recevra du chef de
l’Etat afin de nous
conduire à une paix de tous les tous jours, celle
où aller à Bouaké pour Laurent
Gbagbo ou pour des chefs d’Etat ne sera plus un
événement, ni une affaire d’Etat.
A bas donc la guerre, vive les élections justes,
ouvertes et transparentes, pour
que la vraie et définitive paix advienne !
Vers la vraie
fin de la guerre
En conclusion retenons donc que si Laurent Gbagbo et
Guillaume Soro ont presque
gagné leur pari, ils ne l’ont cependant pas encore
totalement gagné !
Leur victoire totale sera d’organiser
d’ici Mars 2008, la cérémonie
d’investiture
du nouveau chef de l’Etat élu encore à
Bouaké, capitale de la paix, ou à Korhogo
avec de chefs d’Etat et de personnalités
étrangères dans notre pays. C’est
surtout cela que l’histoire retiendra. S’ils ne
parviennent pas à cela dans les
délais prescrits, personne ne retiendra le 30 Juillet 2007
ni ce qui a été réalisé
à cette occasion.
S’écarter de cet agenda, et faire le
choix des déclamations uniquement symboliques
feront du mal à notre pays. Maintenons allumée
tous les jours la flamme de la paix !
Asse Alafé
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