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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
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mercredi 16 avril 2008 par Kisselminan COULIBALY |
Ceux
parmi les Ivoiriens qui se sont montrés peu attentifs
à
l’actualité politique nationale ont pu
être surpris- peut-être
agréablement pour certains- d’entendre dire, lundi
soir, du
porte-parole du gouvernement, Amadou Koné, que le premier
tour de
l’élection présidentielle
était fixé au 30 novembre 2008. D’une
certaine façon, le porte-parole indiquait que le
délai de Ouagadougou
qui mettait l’élection pour le poste de
président de la République, à
« fin juin » au plus tard, ne
pouvait pas être raisonnablement tenu et
qu’une nouvelle date venait d’être
donnée par le gouvernement sur
rapport de la Commission électorale indépendante.
Si l’information a pu
surprendre, ce n’est pas tant parce que cela relevait
d’un fait inédit
d’avoir à fixer une date des élections
en Côte d’Ivoire- des dates ont
été maintes fois annoncées qui
n’ont jamais été respectées-
mais, c’est
simplement parce que l’actualité politique
paraissait, ces derniers
temps, suffisamment brouillée par des revendications
sociales,
corporatistes, des arrêts de travail amorcés ou
à venir. D’ailleurs,
pour ce qui est de l’élection
présidentielle, le chef de l’Etat,
Laurent Gbagbo avait dit publiquement qu’avant
d’engager quoi que ce
soit, il finirait ses tournées à travers le pays,
puis, il saisirait le
Conseil constitutionnel pour marquer que le pays est
véritablement
réunifié, enfin, le processus
électoral serait engagé.
D’où pouvait-il
venir que sans avoir achevé ses visites d’Etat-
celle dans le grand
Ouest est toujours en attente- Laurent Gbagbo ait pu accepter de signer
un décret portant convocation du Collège
électoral de la République de
Côte d’Ivoire, en vue de
l’élection du Président de la
République, le
30 novembre 2008 ? Pourquoi cet empressement brusque de la
part des
acteurs pour fixer une nouvelle date ?
Pourquoi ce regain d’activités du
côté du chef du gouvernement, à
quelques heures du voyage new-yorkais de Laurent Gbagbo ?
Guillaume
Soro a, en effet, travaillé intensément les 72
heures ayant précédé ce
conseil extraordinaire des ministres qui est arrivé
à la
date...fétichiste du 30 novembre. Il a eu notamment, samedi,
une séance
de travail avec la CEI qui était partie de 11h 30
à 20h suivie dimanche
d’un conseil extraordinaire de gouvernement.
Délai problématique
Pourquoi cette débauche d’énergie en moins d’une semaine qui laisse croire qu’autant d’efforts auraient pu être fournis depuis longtemps ? Il apparaît que le délai du 30 novembre pourrait être probablement et, à l’instar des précédentes dates, une échéance pour contenter l’opinion nationale et internationale. Surtout quand on considère l’ampleur de la tâche et les blocages artificiels qui n’ont jamais manqué dans la sortie de crise. Le désarmement, étape importante pour la réunification, est au point mort, l’identification générale de la population n’a pas démarré- quoiqu’aujourd’hui l’opérateur semble prêt à travailler, le financement de la sortie de crise n’est pas assuré... Le 30 novembre 2008 arrivera vite. « Si le gouvernement a fixé la date du 30 novembre, c’est dire que les moyens ont été dégagés. Prions que les bailleurs de fonds mettent les moyens dans le panier du processus de sortie de crise », dixit Alain Lobognon, conseiller du Premier ministre (in Nord-Sud quotidien du mardi 15 avril 2008). Ce collaborateur de Guillaume Soro sait certainement le délai du 30 novembre assez proche et s’en remet aux bailleurs de fonds dont le concours reste incertain. Lobognon est, toutefois, plus optimiste que le président du MFA Anaky Kobena qui, lui, est péremptoire : « Nous ne pourrons pas tenir la date ». « Je pense, affirme Anaky, qu’il y aura forcément d’autres corollaires qui feront qu’on sera obligé de regarder vers 2009 pour ce qui est de la tenue de la présidentielle et des élections générales ». Novembre 2008 semble répondre à un besoin des acteurs de faire passer l’idée qu’ils seraient déterminés à arriver, le plus tôt, à des « élections libres et transparentes ». Une source diplomatique nous laissait croire, mardi, que le chef de l’Etat et son Premier ministre ont dû mettre les bouchées doubles pour permettre au premier cité de se rendre à New York (Conseil de sécurité) avec une date « sûre » dans la mallette, le délai de juin étant caduc. Egalement, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro ont trouvé que les bailleurs de fonds qui n’ont pas affiché un extraordinaire enthousiasme dans le débloquement de fonds pour la sortie de crise seraient désormais pénétrés de leur volonté commune de tenir rapidement des élections. S’ils se sont montrés peu attentifs aux appels à l’aide du gouvernement, c’est parce que, certains parmi les bailleurs de fonds auraient attendu des signes réels qui attestent de toute la crédibilité du processus. En ce sens, la récente mission conduite en zones forces nouvelles baptisée mission de repérage du comité technique pour le rétablissement de l’unicité de caisse de l’Etat et les efforts pour la fixation d’une nouvelle date de l’élection présidentielle, s’expliquent amplement. La date du 30 novembre est certes problématique, mais ce serait tellement heureux pour la Côte d’Ivoire que le miracle se fasse.
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