Le Parti Ecologique Ivoirien



Dictature républicaine contre hégémonie rebelle
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mardi 16 février 2010 - Par Notre Voie


Le président de la République, chef de l’Etat, a dissous, vendredi dernier le gouverenement et la commussion électorale indépendante. Aussitôt, l’aile extrémiste du RHDP(coalition de l’opposition) s’est insurgée contre ces décisions qu’elle qualifie de “dictature” du pouvoir. Mais qu’a gagné le pays sous la dictature de cette opposition depuis janvier 2003? Entre une dicture républicaine et l’hégémonie destructrice d’une opposition irresponsable, quel choix laisse-t-on au peuple?

De toutes les réactions enregistrées suite aux décisions présidentielles du week-end écoulé, celle de Pascal Affi N’Guessan est sûrement la plus éloquente. Pour l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, président du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), “le RHDP a fait la preuve qu’elle place ses intérêts partisans au-dessus de l’intérêt général. On lui a confié l’organisation des élections à travers la présidence de la CEI et une position hégémonique au sein de cette institution, il a conduit le processus électoral dans l’impasse. On l’a associé au gouvernement afin que la recherche de la paix implique tous les fils et toutes les filles de ce pays, il en a profité pour travailler à l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat. L’expérience du gouvernement de serpents et de crabes a montré ses limites. L’expérience d’une CEI de partis politiques est un échec” (Notre Voie n°3508).
Depuis septembre 2002, date du déclenchement du coup d’Etat transformé en rébellion, le bilan de l’hégémonie de l’opposition dans la conduite du processus de sortie de crise est des plus catastrophiques. Au sortir de la table ronde de Linas-Marcoussis (banlieue française, janvier 2003), l’opposition ivoirienne coalisée au sein du Rassemblement des Houphouétistes pour la Paix et le Développement (RHDP) s’était taillé la part du lion. Majoritaire au sein des équipes gouvernementales conduites successivement par les Premiers ministres Seydou Elimane Diarra (2003-2005) et Charles Konan Banny (2005-2007), cette opposition n’a eu qu’un objectif constant : travailler à la pourriture de la situation pour parachever le coup d’Etat raté par les armes. Autour de cet objectif, Henri Konan Bédié a trouvé l’étrange force de se réconcilier avec Alassane ouattara, l’homme qui a renversé son régime le 24 décembre 1999. Alors, au désarroi des populations ivoiriennes, la plupart des ministres RHDP prenaient des décisions en conseil des ministres le matin et, le soir venu, faisaient campagne contre ces mesures gouvernementales. Certains ministres, candidats déclarés contre Laurent Gbagbo à la présidence de la République, n’éprouvaient pas la dignité de démissionner. Chez eux à domicile, ils tournaient le bouton de leur téléviseur à chaque reportage consacré aux activités gouvernementales pour éviter de voir les images du président, leur chef. Autour de la table du Conseil des ministres, ils plaquaient tous leur tête au sol en signe de respect au passage du chef de l’Etat, mais une fois dehors, ils faisaient des déclarations des plus choquantes contre “Gbagbo l’adversaire”. L’accord de Marcoussis en est logiquement mort. Enterré. Mais l’Accord politique de Ouagadougou, signé dans ses cendres, le 4 mars 2007, a reconduit cette tare congénitale qu’est “le gouvernement des ministres aux ordres des partis politiques” et l’a alourdie avec la CEI présidée et majoritairement dominée par le RHDP. C’est-à-dire qu’en Côte d’Ivoire, une coalition de l’opposition adepte des coups d’Etat dominait le gouvernement et se chargeait d’organiser les élections dites de sortie de crise. Une première en Afrique et dans le monde, cette dictature rebelle sur les valeurs républicaines était tout de même perçue comme une chance pour la paix. Et patatras !
Le chien ne change jamais sa façon de s’asseoir. “Depuis près de deux mois, explique le président Gbagbo, une grave crise secoue la CEI… Le président de cette institution, M. Robert Beugré Mambé, a mené une opération illégale visant à obtenir l’inscription frauduleuse de 429 030 personnes sur la liste électorale”. La suite est connue. Cette “opération illégale”, ainsi que d’autres irrégularités commises par Robert Beugré Mambé sur la liste électorale en confection, ont occasionné des remous parfois irréparables : un mort à Divo, saccage et/ou l’incendie de tribunaux et sous-préfectures à Man, Divo, Vavoua et Katiola ; symboles de l’Etat détruits, autorité de l’Etat convalescent encore mise à mal, comme aux premières heures de la rébellion ivoirienne. L’Accord politique de Ouagadougou commençait à causer plus de mal que de bien. Pourtant, explique toujours le père du Dialogue direct inter-ivoirien qui lui a donné vie, “cet accord signé entre les Forces Nouvelles et le président de la République vient de notre volonté de donner un instrument à la Côte d’Ivoire pour aller à la paix”. Alors, pourquoi un tel instrument se transforme-t-il, en fin de compte, en un couloir de la déchirure sociale et de la mort ? Comment cela est-il possible alors qu’il a permis, d’après le président Gbagbo, “de faire des progrès qu’aucun autre instrument ne nous avait donné l’occasion de réaliser” ? Quel objectif poursuit le RHDP en soutenant mordicus un fraudeur, fut-il Beugré Mambé, au risque de ramener la Côte d’Ivoire à la sauvage situation de guerre civile du début de la rébellion? Les Africains de la trempe du président Bédié et du Premier ministre Ouattara, héritiers d’un illustre père-fondateur, Félix Houphouet-Boigny, ne sont-ils finalement que de grands enfants incapables de s’élever au-dessus de leurs intérêts personnels ?
Le gouvernement et la CEI sont dissous. Si c’est cela la dictature, alors vive cette dictature qui va sauver les acquis et conduire le pays à la paix. Tel est l’essentiel.

C.E. (cesaretou2002@yahoo.fr)




Source : ivorian.net

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