Samedi dernier, lors du sommet des
chefs d’Etat de l’Uemoa, le Gouverneur de la Banque
centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao),
Henry Philippe Dakoury-Tabley a été contraint
à la démission. Cette nouvelle a
été perçue par des milliers
d’Ivoiriens comme une fragilisation du régime du
Président de la République, Laurent Gbagbo. Il
n’en est rien. Cette démission doit être
au contraire perçue comme l’affirmation
d’une victoire et une indépendance contre le
colonisateur. En réalité, la Côte
d’Ivoire de Laurent Gbagbo refuse une fois de plus
d’être à la solde de Paris. Car,
c’est elle qui se cache derrière cette
décision des sept chefs d’Etat de
l’union qui ont mis la pression sur Dakoury Tabley. Sinon,
comment comprendre que ces sept pays, qui ne pèsent pas
grand-chose puissent décider du sort du plus riche du groupe
? Si ce n’est qu’une simple sorcellerie politique
et qui est la seule affaire de Paris. En décidant ainsi, les
sept pays de l’union, à savoir : le Burkina Faso,
la Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le
Bénin et la Guinée-Bissau viennent
eux-mêmes de « signer » leur
arrêt de mort au sein de leur organisation commune. Parce
que, la Côte d’Ivoire à elle seule
pèse 40% environ de la masse monétaire. Cette
décision aura des conséquences sur
l’économie dans ces différents pays.
Car, comme a eu à le dire le Président malien
samedi, à quelques minutes de cette décision
honteuse « Nous devons tout faire pour trouver une solution
pacifique, une solution négociée parce que,
lorsque la Côte d’Ivoire s’enrhume,
c’est sûr et certain que c’est toute
l’Uemoa qui tousse. Donc, nous devons être
particulièrement prompts pour pouvoir trouver au cours de
cette réunion les solutions les meilleures pour nous donner
des ouvertures afin de progresser sur cette crise ivoirienne
». Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire,
comme a eu à le dire le porte-parole du gouvernement, Dr
Ahoua Don Mello, ministre de l’Equipement et de
l’Assainissement, des mesures idoines sont prises pour la
sécurisation du système bancaire ivoirien. Outre
cette sécurisation, la Côte d’Ivoire
n’est pas loin de faire cavalier seul. Dans les mois
à venir, la Côte d’Ivoire prendrait la
ferme décision de battre sa propre monnaie. A ce niveau, les
Ivoiriens ne doivent aucunement paniquer. Car, depuis quelques
semaines, un comité d’experts nationaux et
internationaux réfléchit sur la question. Le pays
ne va pas s’effondrer. Parce qu’il dispose de
ressources viables et fiables pour aller à cette initiative.
Des pays de la Communauté économique des Etats de
l’Afrique de l’ouest (Cedeao), notamment la
Guinée Conakry, la Mauritanie, le Ghana, le Liberia, la
Sierra Leone sont passés par là. Ils ont leur
propre monnaie. Le ciel ne s’est pas
écroulé sur leur tête.
D’ailleurs, parmi eux, le Ghana est cité comme bon
élève des Institutions de Bretton Woods. Cette
étape sera pour la Côte d’Ivoire un
nouveau départ dans la conquête de son
indépendance économique vis-à-vis du
colon. Qui, depuis des décennies n’a fait que
voler ses anciennes colonies.
Joseph
Atoumgbré
attjoseph@yahoo.fr