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Attentat manqué de Bouaké- Ange Kessi entre en scène : "La Licorne et l`ONUCI seront entendues"

Ange KESSYM. le Commissaire du gouvernement, le fait de ramener précipitamment l’avion à Abidjan ne constitue-t-il pas un obstacle à la recherche de la vérité durant l’enquête que vous engagez à présent?

Non ! Les possibilités de reconstitution des faits sont si développées actuellement que nous pensons qu’il fallait d’abord sauver ceux qui pouvaient l’être ; ce qui a été fait. Malheureusement, ceux qui sont morts ont été placés là où il faut, ceux qui pouvaient être sauvés l’ont également été heureusement. Il fallait donc sauver l’appareil pour qu’il arrive à Abidjan et vous savez comment il est arrivé. Avec tous les trains d’atterrissage dehors. L’avion a donc volé à trois mille mètres car il ne pouvait pas faire davantage, sinon les trains d’atterrissage risquaient de se détacher. Il a volé avec les trains parce qu’on ne savait pas s’ils étaient touchés. Il fallait donc les sortir parce que si on les rentre et que une fois ici ils refusent de sortir, ça aurait posé problème. Le pilote a donc préféré les faire sortir. Dès lors, il ne pouvait pas monter à plus de trois mille mètres. Il a donc volé doucement et tout seul. Car cet avion ne pouvait pas prendre plus de trois personnes. Avec une seule personne, il pouvait joindre Yamoussoukro en 10 minutes et Abidjan peut-être en 10 autres minutes. C’est ainsi qu’il est arrivé en toute sécurité.

Qu’en est-il des indices?

Concernant les indices, je pense que ça ne pose aucun problème. Nous avons tout ce qu’il nous faut. Les impacts de balles sont sur l’avion ; nous avons recueilli des fragments de balles et de munitions, parce que la plupart étaient encore dans l’avion ; la position des personnes décédées ou touchées par rapport aux personnes qui ont tiré peut aisément se voir. Quand on entre dans l’avion, on peut aisément voir la position du tireur. Parce que le tir est parti en biais, il a pris le deuxième compartiment pour aller faire des dégâts au fonds. Ainsi, à partir de l’avion, on peut déterminer et estimer la position du tireur. La seule chose que nous ne savons pas, c’est la distance à laquelle il se trouvait. Mais si nous pouvons identifier l’arme, les munitions utilisées, on peut savoir à peu près la distance. Parce que pour tirer et atteindre des gens de façon aussi effroyable, parce qu’on nous a expliqué comment des dents sont sorties pour atteindre une partie aussi dure de l’avion, c’est que les gens n’étaient pas très loin de l’avion. Le Premier ministre a dit de n’accuser personne. Mais nous pensons que cette fois-ci, il faut entendre tout le monde. Y compris les gens de l’ONUCI et de la force Licorne. Nous allons tout faire. Et s’ils ont l’immunité, nous allons demander qu’elle soit levée pour savoir pourquoi la deuxième autorité ivoirienne arrive à Bouaké avec le Fokker 100 présidentiel et que, ne serait-ce que le temps qu’il arrive, ils ne prennent aucune disposition pour sécuriser l’aéroport. Ils ne peuvent pas nous faire croire qu’ils ne sont pas là pour sécuriser. C’est quand même inadmissible. Je crois que c’est aux enfants qu’il faut faire croire ce genre de choses mais pas aux Ivoiriens.

Connaissez-vous le type d’arme utilisée par le tireur?

Je ne sais pas. L’enquête vient de commencer. Nous avons commis le GDR pour le faire parce que c’est une enquête très sérieuse qui va certainement avoir des
ramifications internationales. Tout ce que nous pouvons dire pour le moment, c’est que nous avons commencé l’enquête. Pour Abidjan, c’est terminé puisqu’il s’agissait d’aller faire l’examen de l’avion ainsi que les positions des différents indices. Nous allons partir à Bouaké pour aller terminer l’enquête ; mais je ne vous dirai pas quand. Nous souhaitons que, cette fois-ci, ceux qui doivent nous aider le fassent et qu’on ne fasse pas d’obstacle aux enquêtes. C’est ainsi que très souvent on n’a pas les résultats. Les gens nous font beaucoup d’obstacles. Vous vous souvenez, il n’y a pas deux jours, vous avez appris que la commission française a décidé de ne pas donner au juge d’instruction la déclassification d’un certain nombre de dossiers. C’est déjà un obstacle à la manifestation de la vérité. Nous souhaitons donc que dans cette affaire, on nous donne tous les moyens, surtout ceux que nous allons entendre, et qu’on ne se cache pas derrière des immunités pour ne pas répondre. Qu’on ne bloque pas les enquêtes parce que c’est ce qui a été fait depuis longtemps et qui donne l’impression aux gens qu’on ne voit pas les résultats de l’enquête. Même chez les Français, l’enquête sur Bouaké a été stabilisée. On refuse même de leur donner le secret défense, ce n’est pas à nous qu’on le donnera.

Vous menez une enquête alors que le Premier ministre demande une enquête internationale…

Cela fait deux choses. Il y a l’enquête nationale qui va situer les responsabilités pénales alors qu’une enquête internationale a un caractère administratif. N’oubliez pas cette affaire de "charnier de Yopougon". Il y a eu une enquête internationale qui a donné ses résultats à la justice pour organiser un procès. C’est juste que le Premier ministre demande une enquête internationale. Mais elle n’a pas pour but de situer les responsabilités pénales. L’enquête internationale a certainement pour but de mettre en cause les personnalités ou des personnes étrangères, mais elle n’engage pas une procédure pénale qui va aboutir à la mise en cause des responsabilités pénales dans le pays. L’enquête nationale aboutit toujours à la situation des responsabilités et jugement des gens. L’enquête internationale ne va pas jeter les gens en prison, c’est l’enquête nationale qui va permettre de saisir les gens, les juger, suivre une procédure contre eux et puis certainement situer les responsabilités pénales et les condamner, éventuellement.

Les Forces nouvelles ont affirmé avoir saisi des armes qui ont été utilisées pour attaquer l’avion. Pensez-vous que vous aurez accès assez facilement à ces armes une fois à Bouaké?

Attendez d’abord que nous soyons à Bouaké et nous verrons. Nous vous inviterons certainement quand nous allons nous y rendre. Pour l’instant, je n’y suis pas donc je ne peux rien dire.

Qui devait sécuriser, selon vous, l’aéroport de Bouaké quand arrive le Premier ministre ?

Si vous posez cette question à un enfant, il va vous répondre. Ce sont la Licorne et l’ONUCI qui devaient le sécuriser. Il ne faut donc pas qu’on nous raconte des histoires. Qu’elles partent si elles ne sont pas là pour sécuriser l’aéroport. Pourquoi sont-elles là alors ?

Propos recueillis par P. N. Zobo



Source : fratmat.info



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