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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Quelles
sont les motivations qui ont poussé les autorités
ivoiriennes à ramener
de Bouaké à Abidjan l’avion du Premier
ministre qui a fait l’objet d’un
attentat manqué le 29 juin dernier ? Qu’est ce qui
explique
l’empressement avec lequel le Fokker 100 a
été rapatrié sur la base
aérienne d’Abidjan ? Y avait-il urgence
à le faire ? Pourquoi ne
valait-il pas mieux maintenir sur place l’engin volant pour
des
nécessités évidentes
d’enquête, de constat d’usage et de
reconstitution
des faits ? Autant d’interrogations majeures et intrigantes
que tout
observateur averti de la scène se pose en
première analyse. Et il est
évident que de la réponse à ces
interrogations dépend la vérité sur
les
origines et l’identité des auteurs du crime de
Bouaké. Pour la simple
raison que la logique voudrait qu’en pareille circonstance
l’avion soit
immobilisé tout le temps que durera le constat. Or, en
l’espèce, il n’y
a eu aucun constat d’usage, aucune expertise, aucune
reconstitution des
faits. L’attentat s’est produit à 10 H
35 mn. Et déjà, à 17h30 mn,
l’avion avait rejoint la base aérienne
d’Abidjan, ex-GATL. En tout cas,
il était 18h30 précises quand nos reporters sont
arrivés au GATL et
sont montés à bord de l’engin
endommagé. L’avion avait été
déjà
débarrassé des effets personnels et bagages des
passagers. Sauf des
coupures de journaux déchirées
traînaient ça et là. En revanche, les
taches de sangs coagulés, les morceaux et restes humains
ainsi que les
traces des dommages matériels causés à
l’avion étaient clairement
visibles. Les éclats des projectiles (les roquettes) ainsi
que les
éléments pouvant servir de pièces
à conviction à une enquête balistique
sérieuse n’existaient plus. Et au moment
où nous nous apprêtions à
quitter les lieux, un agent des sapeurs pompiers militaires portant des
gants s’est approché de nous. Il nous a
demandé de quel organe de
presse étions nous ? Avant de nous informer que ses
collègues et lui
ont été commis pour procéder au
nettoyage de l’intérieur de l’avion.
Toute chose qui nous a intrigué davantage au point que le
photographe
et moi n’avons pas pu nous empêcher de nous
interroger sur les raisons
d’un tel empressement. La réponse à
cette interrogation nous sera
donnée par un mécanicien d’avion ayant
requis l’anonymat. Il estime que
le rapatriement précipité de l’avion
est suspect. Cela suppose que les
pilotes et leurs commanditaires qui ont fait décoller
l’avion savaient,
pertinemment que les réacteurs et réservoirs de
l’avion ne sont pas
endommagés. Ce qui présage de ce qu’ils
savaient, à posteriori et de
façon claire, la nature des dommages causés
à l’avion. Autrement, ils
n’auraient pas pris autant de risques à faire
décoller un avion qui
venait d’être bombardé à
l’arme lourde sept heures auparavant. Dans la
pratique, indiquent des spécialistes de
l’aviation, on ne fait pas
décoller un avion endommagé, de
surcroît, un avion dont le flanc droit
est ouvert sur au moins deux hublots. Au risque de le voir tanguer dans
l’air et même de s’écraser au
sol sous la pression du vent. C’est plus
que suspect. C’est même bizarre. Et c’est
cela qui fonde certains
observateurs et analystes politiques à
privilégier la piste d’Abidjan
qui aurait actionné des bras séculiers internes
au mouvement aidés de
mercenaires infiltrés dans la zone depuis des mois.
Autrement, Abidjan
ne se serait pas préoccupé avec autant
d’empressement à évacuer
l’avion. Un engin endommagé à bord
duquel il y a eu mort d’hommes,
précisions le. Comment les pilotes et les membres de
l’équipage
supposés être encore sous le choc de
l’attentat manqué ont-ils réussi
à
voler de Bouaké à Abidjan dans ces conditions
d’insécurité? Et puis,
qui leur a donné l’ordre de décollage?
C’est Gbagbo lui-même dans son
interview à la télévision nationale,
au soir de l’attentat, qui nous le
révèle. Il informe que c’est bel et
bien lui qui a ordonné aux pilotes
de ramener l’avion sur Yamoussoukro et que ce sont les
pilotes qui ont
pris la responsabilité sur eux-mêmes
d’atterrir à Abidjan. De deux
choses l’une. Ou le régime Gbagbo a agi de bonne
foi et n’y est pour
rien. Ou il est dans le secret des dieux de cet odieux attentat et a
voulu brouiller les pistes en deplaçant une pièce
à conviction. Gbagbo
l’a dit lui-même : « Soro et moi
étions informés de ce qui se tramait
». Dès lors, il n’y a plus
matière à débat. Les
enquêteurs du groupe de
sécurité aéroportuaire qui sont sur le
coup depuis le premier jour
gagneraient à lorgner de ce côté ci du
palais. Mais, enfin… Reproduction interdite du site