Quand on parlait de
Félix Houphouët-Boigny, et de sa succession
à la tête de l’Etat de Côte
d’Ivoire, l’histoire politique ivoirienne
n’avait jamais retenu le nom de Alassane Ouattara, ancien
Premier ministre. La succession de Félix
Houphouët-Boigny, l’opinion ivoirienne en parlait,
mais sous cap. Le seul journaliste ivoirien, Noël Ebony, qui a
osé parler de successeur à Félix
Houphouët-Boigny a été chassé
de la Côte d’Ivoire. Mais Félix
Houphouët-Boigny, lui-même, en parlait, parfois
agacé par la presse occidentale. Il avait dit que son
successeur serait un ivoirien politiquement professionnel. Cet
héritier, selon Félix Houphouët-Boigny,
serait l’Ivoirien forgé aux feux de
l’action politique en Côte d’Ivoire.
Cette démocratie au libre-arbitrage, seul Félix
Houphouët-Boigny, lui-même pouvait gérer
les bases objectives : Philippe Grégoire Yacé,
secrétaire général du Pdci-Rda et
président de l’Assemblée nationale,
était la toute première affiche
placardée dans l’opinion ivoirienne. Probablement,
Philippe Grégoire Yacé, président de
l’Assemblée Nationale, deuxième
personnalité de l’Etat, était
considéré comme
‘’successeur’’, selon les
textes constitutionnels, à l’époque.
Mais, à mon avis, ce qui a fait défaut
à la ‘’promotion’’
de Philippe Grégoire Yacé, c’est que
Félix Houphouët-Boigny n’a pas
véritablement imposé Philippe Grégoire
Yacé, alors que le président de
l’Assemblée nationale avait prouvé
toutes ses qualités, et capacités
politiques… et d’Homme d’Etat. Dans la
course à la succession de Félix
Houphouët-Boigny, l’Assemblée nationale
était formellement devenue le ‘’passage
obligatoire’’ des candidats dans le processus
d’occuper le fauteuil présidentiel. Philippe
Grégoire Yacé est écarté.
Puis arrive Henri Konan Bédié, investi comme un
véritable dauphin constitutionnel, avec les ambitions
légitimes renforcées par Félix
Houphouët-Boigny, tripatouillant parfois la Constitution
ivoirienne. Henri Konan Bédié,
président de l’Assemblée nationale,
était puissant, et Félix
Houphouët-Boigny lui voue une confiance absolue. En clair
Philippe Grégoire Yacé et Henri Konan
Bédié ont été les dauphins
politiques de Félix Houphouët-Boigny, reconnus par
la constitution ivoirienne de l’époque. En toute
honnêteté, Alassane Ouattara, n’a jamais
été retenu comme héritier
Constitutionnel, ou successeur à Félix
Houphouët-Boigny. L’histoire politique de la
Côte d’Ivoire, de 1945 à 1993 ne
connaît pas Alassane Ouattara comme un homme politique
ivoirien. J’ai été surpris de la
spéculation de Radio France internationale, dans son
émission ‘’Archives
d’Afrique’’ autour du rôle
joué par Alassane Ouattara aux côtés de
Félix Houphouët-Boigny. Ce n’est pas
vrai. Alassane Ouattara, il faut être honnête, est
arrivé en Côte d’Ivoire,
imposé par le FMI, pour des réformes de
l’économie ivoirienne. Entre autre, Alassane
Ouattara est pris au piège, et accepte la fonctionnarisation
de son ‘’rôle
d’économiste’’. Et, sans
véritable préparation politique,
‘’l’envoyé spécial
du FMI’’ est désigné Premier
ministre. C’est tout. Je ne suis pas d’accord avec
Radio France internationale, qui refuse d’actualiser ses
archives de l’histoire politique de la Côte
d’Ivoire, et de la succession de Félix
Houphouët-Boigny. Radio France internationale veut donner une
caution populaire et un poids politique à Alassane Ouattara,
croyant possible qu’on peut
‘’effacer’’ une page de
l’histoire politique de Félix
Houphouët-Boigny. En tout cas, le battage
médiatique de Radio France internationale, n’est
pas de mon goût. Je suis journaliste depuis 1967, connaissant
parfaitement l’histoire de la Côte
d’Ivoire, le parcours politique de Félix
Houphouët-Boigny et ses vrais compagnons. Par
conséquent, je refuse l’amalgame et la confusion.
Je connais très bien les héritiers politiques de
Félix Houphouët-Boigny. En clair,
l’ancien président, pour lui succéder,
avait fait un consensus constitutionnel de succession dynamique,
même si ce consensus à gestion
‘’parti unique’’ portait des
lacunes. Mais l’expérience reste tout de
même la meilleure. En toute honnêteté,
ceux qui pouvaient témoigner, de la succession de
Félix Houphouët-Boigny, de l’histoire
politique de la Côte d’Ivoire, sont encore vivants
: il s’agit de Henri Konan Bédié,
ancien dauphin constitutionnel, les ministres Mathieu Ekra, Loua
Diomandé, Abdoulaye Sawadogo, Laurent Dona
Fologo… sans oublier Laurent Gbagbo l’opposant
historique, pour parler de l’idéologie de
l’houphouétisme. A mon avis, Alassane Ouattara est
loin de ce débat. Et le seul mérite de Radio
France internationale a été d’avoir
fait Alassane Ouattara, l’important témoin de
l’histoire politique de Félix
Houphouët-Boigny, et de sa succession à la
tête de l’Etat de Côte d’Ivoire
Par Ben Ismaël