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Crise ivoirienne : La présence d’armes confirmée dans 17 conteneurs du Convoi des Nations unies

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mardi 15 mars 2011 - Par cameroonvoice.com |

Une confirmation après près de deux semaines de supputation entretenue par le mutisme forcené des autorités. Autres certitudes émises par des sources proches du dossier, le convoi est parti de la capitale tchadienne N’djamena en direction du Port autonome de Douala (Pad) où la cargaison devait être embarquée pour la Côte d’Ivoire. “ Nous n’avons pas besoin de savoir ce que contiennent les conteneurs que nous transportons.” Ce qui compte, à en croire les chauffeurs des semi-remorques à problème que nous avons rencontrés, “c’est que notre client nous donne un manifeste.” Toutefois, le manifeste fourni aux conducteurs des semi-remorques mentionne que lesdits conteneurs transportent du matériel logistique.
L’opération qui engage la responsabilité du ministère des Relations extérieures (Minrex), celle de l’administration territoriale (Minadt), de la Délégation générale à la Sécurité nationale (Dgsn), de la gendarmerie nationale et de la direction générale des Renseignements extérieurs (Dgre) semble achopper sur la décision de la plus haute autorité de l’Etat. Selon des sources proches du dossier, “nous attendons les instructions de la haute hiérarchie pour la suite de cette affaire.”, confie une source introduite Une affaire fortement accrochée à l’opiniâtreté du chef de l’Etat camerounais qui, semble-t-il, veut avant tout se démarquer de la surenchère autour de la crise ivoirienne.
Selon des sources généralement bien informées, “le problème des conteneurs de l’Onu est beaucoup plus complexe que vous ne le pensez.” Une complexité qui résiderait sur la forme et les motivations de l’Organisation des nations unies tout au long de cette affaire. “Il faut préciser que les Nations unies ont l’habitude de faire passer leurs matériels au Cameroun. ” Cette source sécuritaire précise par ailleurs que “dans ce cas, il appartient au Cameroun de protéger ces convois.” Or, les sources proches des milieux sécuritaires et diplomatiques soutiennent que ledit convoi aurait été découvert dans le territoire camerounais. Un fait aggravé par “la volonté des organisateurs de ce convoi à se démarquer des procédures habituelles.”
Nouvelles révélations sur les containers suspects de l’Onu
L’enquête de notre
envoyé spécial à l’Est.
Il y a désormais un certain plaisir à rallier la
ville de Bertoua à Yaoundé. Grâce au
bitumage à 85% de la Nationale n° 2, le voyage est
moins stressant. Hormis le mauvais tracé du
tronçon Abong-Mbang- Doumé, avec ses nombreux
tournants “ accidentogènes
”, et le tronçon
Doumé-Bonis encore en voie de bitumage, aller à “
Beyrouth ”, comme l’appellent les
nombreux citadins de la ville fondée par le grand chef
chasseur Baya Mbartoua, est devenu plus aisé. Fini la
poussière et les incongrues rencontres avec les grumiers et
autres gros porteurs. De plus en plus on effectue même le
voyage dans des bus climatisés.
Déjà, le trafic s’en ressent, qui est déjà intense sur cette voie entre la capitale tchadienne et la capitale économique du Cameroun. C’est justement par cette voie qu’entendait passer en toute discrétion le convoi des containers parti de N’djamena pour Douala et soupçonnés de contenir des armes en direction de la Côte d’ivoire. “ Le Libanais responsable d’une des sociétés réquisitionnées pour convoyer ces containers au port de Douala après interrogations, est passé aux aveux complets ”
Selon nos investigations à Bertoua, contrairement à ce que nous avons affirmé dans les colonnes du Messager il y a une semaine, c’est plutôt à Bertoua et non à Garoua-Boulaï que le convoi de ces containers portant la mention Onu ont été interpellés et immobilisés par les éléments de la gendarmerie locale. Il est établi en tout cas que la première alerte de la gendarmerie de l’Est a été donnée à partir de la ville frontalière de Garoua-Boulaï. Les gendarmes de cette bourgade avaient remarqué quelque chose de suspect lors du passage de ce convoi, notamment le fait que les scellés des containers étaient retournés à l’intérieur. C’est ainsi qu’à la suite ont envoyé un message à leurs collègues de Bertoua.
Les pandores veillent au grain
Le convoi arrive donc la nuit tombante au poste de contrôle mixte gendarmerie-police de la localité de Manjou, arrondissement récemment créé et situé à 6 km de Bertoua. Nous sommes le 3 mars 2011. C’est dans la localité de Manjou qu’est situé le pont bascule, qui permet de contrôler le tonnage des gros porteurs qui empruntent cette route nationale. Les premiers camions du convoi sont donc invités à passer sur le pont pour le contrôle.
C’est à ce moment que les agents du ministère des Travaux publics en charge du pont bascule de Manjou attirent l’attention des gendarmes sur les surcharges des camions du convoi. Ceux-ci déclarent tantôt ne pas savoir ce qu’il y a dans les containers, tantôt qu’il s’agirait des vêtements et du coton. Futée, la jeune sous officier, que ses collègues de Bertoua disent très aguerrie aux techniques de sécurité, constate que les poids des containers sont anormaux. Avec l’appui de ses collègues, elle aurait ainsi accentué la pression sur les chauffeurs tchadiens pour que ceux-ci puissent ouvrir un des containers. Refus des chauffeurs.
L’équipe de gendarmes demande à voir le manifeste du convoi, et le responsable de l’Onu qui le conduit et dont le camion qui se trouve en tête porte la mention visible de Onuci-Bouaké Côte d’ivoire. Pas de manifeste ni de responsable de l’Onu. Le ton monte. A ce niveau, nos sources à Bertoua refusent de dire si l’un des camions a été ouvert pour des besoins de contrôle, comme précédemment affirmé dans les colonnes de votre Journal. Mais il se dit aussi dans le voisinage de la légion de gendarmerie de l’Est que parmi les éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) de Bertoua le ton serait monté entre la maréchale de logis, Edith Tiakeuh et ses éléments et les chauffeurs, au point d’obliger ceux-ci à ouvrir l’un des containers.
C’est alors que la découverte des lances roquettes, kalachnikov aurait été faite. Immédiatement l’alerte est donnée. Le gouverneur de la région de l’Est est saisi. Lele Lafrique envoie un de ses collaborateurs, voir ce qui se passe au pont bascule de Manjou. Au fur et à mesure que les camions du convoi arrivent et sont immobilisés. On y une quarantaine, et près de 76 containers. Tous sont escortés à Bertoua et garés respectivement à la légion de gendarmerie de l’Est et au Gmi de Bertoua. Commence alors une longue attente pour les chauffeurs, et la mobilisation générale des autorités administratives et de sécurité. Les pourparlers s’ouvrent au sommet de l’Etat ; le ministre de la Défense est saisi et informe le chef de l’Etat.
Une affaire de haute
sécurité
Malgré la discrétion des autorités
locales qui considèrent cette affaire comme étant
très sensible, de bouche à oreille, la nouvelle
de la présence des containers d’armes fait le tour
de la ville. Dans les bars et autres gargotes, on susure des coups de
fils se passent entre les hautes autorités de la
République et celles de la région de
l’Est. Les émissaires du ministère de
la Défense se rendent à Bertoua. Les chauffeurs
sont exploités par les limiers des services de
sécurité. On apprend que leurs
sociétés ont été
approchées à N’djamena pour conduire
cette cargaison à Douala. Mais la
question que se posent les gendarmes est celle de savoir comment un
convoi de l’Onu peut ainsi partir de N’djamena et
traverser tout le Cameroun sans responsable.
Mardi 16h, arrive à Bertoua un homme de nationalité libanaise qui se présente comme responsable de la société Transafrique, qui a été chargée de transporter vers Douala les containers. Celui-ci contacte les autorités militaires de la légion de gendarmerie pour savoir pourquoi ses camions ont été retenus. Après avoir été édifié sur les mobiles de l’immobilisation des camions, le libanais dit d’abord ne rien connaître du contenu des containers, son rôle se limitant à les décharger d’urgence au Port autonome de Douala. Mais après échanges quelque peu houleux, il aurait avoué qu’il s’agit bien des containers de l’Onuci qui doivent arriver au plus vite au port de San Pedro. N’ayant pas pu convaincre les autorités, il s’en retournera à Douala d’où il serait venu.
Mercredi matin, un message venu de Yaoundé annonce aux responsables de la légion de gendarmerie de l’Est que, compte tenu du fait que Bertoua n’est pas une ville suffisamment sécurisée, les camions et leurs containers doivent impérativement être convoyés à Douala via Yaoundé. Surtout que comme les médias commencent à en il est possible que des bandes armées et autres bandits de grands chemins puissent venir attaquer les convois. C’est ainsi que dans la nuit du mercredi 9 mars, camions garés au Gmi de Bertoua, prennent la route de Yaoundé, puis de Douala, fortement escorté. Ils seront passés au scanner à Douala.. Au moment où nous quittions Bertoua, ce samedi 12 mars 2011, trois camions portant chacun deux containers étaient encore garés à la légion de gendarmerie de l’Est. Reste à savoir ce que les autorités camerounaises vont faire de ces containers que beaucoup affirment à Bertoua contenir des armes.
Source: cameroonvoice.com

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