Le Matin d’abidjan-18/7/2007
Hier
le Conseil de sécurité de
l’ONU sur certains points de l’Accord
de Ouaga remis en cause par le RHDP. C’est
désormais officiel, le poste
de Stoudmann a été définitivement
supprimé. En plus, l’ONU retire
l’exclusivité des résolutions sur la
Côte d’Ivoire à la France A
l’issue d’une réunion du conseil de
sécurité qui s’est tenue hier lundi
16 juillet à New York, une nouvelle résolution a
été votée sur la Cote
d’Ivoire. Il en ressort d’importantes mesures
prises au nombre
desquelles il y a le retrait à la France d’un
mandat qu’elle s’était
octroyé de rédiger unilatéralement les
projets de loi sur la crise
ivoirienne. Mais aussi la suppression du poste de Haut
représentant des
Nations unies pour les élections (HCRE) et du Groupe de
travail
international (GTI). Trois grandes décisions contenues dans
la
résolution 1765 du conseil de sécurité
de l’ONU, adoptée à
l’unanimité
des 15 membres. Selon l’ambassadeur Alcide
Djédjé, représentant
permanent de l’ONU, l’adoption de ce texte dont le
président Compaoré,
en sa qualité de facilitateur de l’accord de
Ouaga, a pris une part
active à la rédaction s’est faite en 5
minutes. Contrairement aux
précédentes résolutions qui ont
souvent donné lieu à des débats
houleux. A travers cette résolution qui est en fait le
24ème texte du
conseil de sécurité sur le sujet depuis le
début de la crise, les
Nations unies décident de rétablir
définitivement la souveraineté de la
Côte d’Ivoire. C’est ainsi en tout cas
qu’il faut comprendre la
décision de retirer à la France
l’apanage des résolutions sur la Côte
d’Ivoire dont la particularité était
d’être dressées contre le pouvoir
de Laurent Gbagbo. Que la France s’attribue
l’initiative de la
rédaction de ces projets de résolution
jusque-là, cela tenait de la
logique du partage du reste du monde, divisé en plusieurs
sphères
d’influence, entre les différents vainqueurs de la
2ème guerre
mondiale. Ainsi, pour tous les pays de l’Afrique francophone,
singulièrement la Côte d’Ivoire, la
France a toujours usé d’un
‘’mandat’’ dont elle
n’hésitait pas à se targuer pour
imposer ses vues
au conseil de sécurité de l’ONU. Selon
des sources bien introduites,
l’Hexagone a perdu l’exclusivité des
projets de résolution sur la Côte
d’Ivoire. Désormais, trois pays sont
chargés de le faire. Il s’agit de
la France, du Ghana et de l’Afrique du Sud, tous membres du
conseil de
sécurité. Cette mesure est une grande victoire
pour le président Gbagbo
qui, depuis le début de la crise, a fait face à
une adversité très
forte de la France. En parvenant ainsi à faire retirer
l’initiative des
projets de résolution à la France,
c’est assurément un pan de la
souveraineté de la Côte d’Ivoire jusque
là confisquée par l’ancienne
puissance coloniale qu’il arrache de haute lutte. On se
souvient en
effet qu’au lendemain de la dernière
résolution en date, la 1721, le
chef de l’Etat ivoirien avait dénoncé
publiquement les tentatives de la
France, à travers ses diplomates à
l’ONU, de mettre la Côte d’Ivoire
sous la tutelle des Nations unies. La constitution ivoirienne
était
alors menacée, car le projet de résolution
présenté par la France
établissait la prééminence des textes
internationaux sur la loi
fondamentale de la Côte d’Ivoire. En son temps, la
France avait été
déboutée et il est clair qu’elle vient
là de subir une autre défaite
dans son combat acharné contre Laurent Gbagbo. Une vraie
raclée, car
les autres mesures contenues dans la résolution,
à savoir la
suppression du poste de haut représentant aux
élections et du GTI,
constituent un cinglant désaveu pour ses relais locaux. En
effet,
appuyés par la France qui a toujours exigé que
l’ONU retire
l’organisation des élections à la
Côte d’Ivoire, l’opposition politique
conduite par Bédié et Ado avait fait du maintien
du poste jusque là
occupé par Stoudmann son cheval de bataille. Sur insistance
des
présidents du PDCI et du PDCI, le comité de
contrôle permanent (CPC),
instance de suivi de la mise en application de l’accord de
Ouaga, avait
instruit le président Compaoré, en sa
qualité de facilitateur,
d’adresser un courrier à l’ONU en vue de
demander le maintien du poste
de HCRE. Dans le même temps, le conseil de
sécurité de l’ONU avait
envoyé sur place à Abidjan et à Ouaga
deux missions chargées d’arrêter
avec les autorités ivoiriennes et le facilitateur le
rôle que la
communauté internationale devrait jouer dans
l’application de l’accord
politique qui prévaut. Tenant certainement compte de leur
rapport, le
conseil de sécurité de l’ONU se garde
donc d’accéder à la demande du
CPC de maintien du poste de HCRE dont l’existence
même est une façon de
remettre en cause la souveraineté du pays. Le suivi des
élections
reviendra donc à la division élections de
l’ONUCI dont le mandat a été
prorogé jusqu’au 15 janvier 2008. Selon les termes
de la 1765, c’est le
Comité d’évaluation et
d’arbitrage prévu par l’accord de Ouaga,
ainsi
endossé entièrement par les Nations unies, qui
remplace le GTI. Cet
organe sera secondé par un organe consultatif international
intégrant
les bailleurs de fonds, en vue du financement de la reconstruction de
la Côte d’Ivoire. Emmanuel Akani manuakani@yahoo.fr
Lire l’intégralité
de la résolution 1765 votée hier à New
York Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses résolutions antérieures, en
particulier la Résolution
1739 (2007), et les déclarations de son président
Concernant la
situation en Côte d’Ivoire, Réaffirmant
son ferme attachement au
respect de la Souveraineté, de
l’indépendance, de
l’intégrité
territoriale et de l’unité de la Côte
d’Ivoire, et rappelant
l’importance des principes de bon voisinage, de
non-ingérence et de
coopération régionale, Rappelant qu’ il
a entériné l’Accord signé
par
le Président Laurent Gbagoo et M. Guillaume Soro
à Ouagadougou le 4
mars 2007 (” l’Accord politique de Ouagadougou
“, S/2007/144), et qu’il
a soutenu la nomination de M. Guillaume Soro aux fonctions de Premier
ministre, Rendant hommage au Président de la
Communauté économique des
Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le
Président Blaise Compaoré,
pour ses efforts continus de facilitation du dialogue direct
inter-ivoirien qui ont permis en particulier la signature de
l’Accord
politique de Ouagadougou, et aux autres dirigeants de la
région,
félicitant et encourageant l’Union africaine et la
CEDEAO pour les
efforts q’elles continuent de déployer en vue de
promouvoir la paix et
la stabilité en Côte d’Ivoire, et leur
renouvelant son plein soutien,
Réitérant sa ferme condamnation de toute
tentative de déstabiliser le
processus de paix par la force, en particulier l’attentat
commis le 29
juin 2007 à Bouaké contre le Premier ministre de
la République de Côte
d’Ivoire, M. Guillaume Soro, qui a fait plusieurs victimes,
et
soulignant que les auteurs de tels actes criminels doivent
être
traduits en justice, Ayant pris note du rapport du
Secrétaire général
en date du 14 mai 2D07 (S/2007/275), Condamnant à nouveau
fermement
toutes les violations des droits de 1′homme et du droit
international
humanitaire commises en Côte d’Ivoire, Rappelant
ses résolutions 1460
(2003) et 1612 (2005) sur les enfants dans les conflits
armés et les
conclusions ultérieures du Groupe de travail sur les enfants
dans les
conflits armés concernant les parties au conflit
armé en Côte d’Ivoire
(S/2007 /93), Rappelant également sa résolution
1325 (2000) sur les
femmes, la paix et la sécurité,
Considérant que la situation en Côte
d’Ivoire continue de mettre en péril la paix et la
sécurité
internationales dans la région, Agissant en vertu du
Chapitre VII de la
Charte des Nations unies, 1. Décide de proroger les mandats
de
l’Opération des Nations Unies en Cote
d’Ivoire (ONUCI) et des forces
françaises qui la soutiennent jusqu’au 15 janvier
2008, en vue d’aider
à l’organisation en Côte
d’Ivoire d’élections libres, ouvertes,
justes
et transparentes dans les délais prévus par
l’Accord politique de
Ouagadougou, et exprime sa disposition à les renouveler en
tant que de
besoin; 2. Endosse les recommandations contenues dans les paragraphes
42 à 72 et 75 à 83 du rapport du
Secrétaire général en date du 14 mai
2007, qui adaptent le rôle de l’ONUCI à
la nouvelle phase du processus
de paix définie par l’Accord politique de
Ouagadougou, et, en
conséquence, prie l’ONUCI, dans la limite de ses
ressources existantes,
de soutenir la pleine mise en oeuvre de l’Accord politique de
Ouagadougou, y compris en apportant un appui au centre de commandement
intégré, au rétablissement de
l’administration de l’Etat sur toute
l’étendue du territoire, aux processus
d’identification et
d’inscription des électeurs sur les listes
électorales, au processus
électoral, aux personnes touchées par le conflit,
à l’instauration d’un
environnement politique positif, à la protection et
à la promotion des
droits de 1 ‘homme et au processus de relèvement
économique de la Côte
d’Ivoire; 3. Appelle toutes les parties concernées
à faire en sorte que
la protection des femmes et des enfants soit prise en compte dans la
mise en œuvre de l’Accord politique de Ouagadougou,
ainsi que. dans les
phases de reconstruction et de relèvement après
le conflit, y compris
la poursuite de la surveillance et de la communication de
l’information
sur la situation des femmes et des enfants; 4. Invite en outre les
parties signataires de l’Accord politique de Ouagadougou
à prendre les
mesures nécessaires pour protéger les populations
civiles vulnérables,
y compris en garantissant le retour volontaire, la
réinstallation, la
réintégration et la
sécurité des personnes
déplacées, avec l’appui du
système des Nations unies, et à remplir
à cet égard leurs engagements
conformément aux dispositions de l’Accord
politique de Ouagadougou et
leurs obligations en vertu du droit humanitaire international;
<>5. Exprime son intention de réexaminer
d’ici au 15 octobre 2007
les mandats de l’ONUCI et des forces françaises
qui la soutiennent,
ainsi que le niveau des effectifs de l’ONUCI, à la
lumière des progrès
réalisés dans la mise en oeuvre des
étapes-clefs du processus de paix,
et prie le Secrétaire général de lui
soumettre un rapport sur ces
étapes clefs avant cette date; 6. Décide de
mettre un terme au mandat
du Haut représentant pour les Elections, décide
en conséquence que le
représentant spécial du Secrétaire
général en Côte d’Ivoire
certifiera
que tous les stades du processus électoral fourniront toutes
les
garanties nécessaires pour la tenue
d’élections présidentielle et
législatives ouvertes, libres, justes et transparentes,
conformément
aux normes internationales, et prie le Secrétaire
général de prendre
toutes les dispositions nécessaires afin que le
représentant spécial
dispose d’une cellule d’appui, lui fournissant,
toute l’assistance
requise pour pouvoir s’acquitter de cette mission; 7. Rend
hommage au
Haut représentant pour les élections; M.
Gérard Stoudmann, dont les
efforts inlassables ont permis d’enregistrer des
progrès dans la mise
en oeuvre du processus de paix et la préparation des
élections; 8.
Rappelle l’importance des dispositions de l’Accord
politique de
Ouagadougou, y compris son paragraphe 8.1, et exhorte les forces
politiques ivoiriennes à s’en remettre
à la médiation du Facilitateur,
pour toute difficulté majeure liée au processus
électoral; 9. Se
déclare favorable à la création, comme
agréé par les parties lors de la
réunion du Comité
d’évaluation et (l’accompagnement (CEA)
du Il mai
2007 et par le Facilitateur, d’un organe consultatif incluant
le
représentant spécial du Secrétaire
général, le Coordonnateur résident
du système des Nations unies, et les
représentants de la Banque
mondiale, du Fonds monétaire international, de
l’Union européenne, de
l’Union africaine, de la Banque africaine de
développement, de la
CEDEAO et de la France, et chargé d’accompagner
les forces politiques
ivoiriennes et le Facilitateur dans la mise en œuvre de
l’Accord
politique de Ouagadougou, et note que cet organe prendra part aux
réunions du CEA, en qualité
d’observateur, et pourra être consulté
à
tout moment par le Facilitateur; 10. Encourage le Facilitateur, le
Président Blaise Compaoré, à continuer
à soutenir le processus de
sortie de crise en Côte d’Ivoire, se
réjouit de sa décision de nommer
un représentant spécial à Abidjan pour
le suivi de l’Accord politique
de Ouagadougou, et prie l’ONUCI de l’assister dans
la mise en œuvre de
la facilitation, y compris en l’aidant, en tant que de besoin
et à sa
demande, dans l’exécution de son rôle
d’arbitrage conformément aux
dispositions du paragraphe 8. 1 de l’Accord politique de
Ouagadougou;
11. Décide de demeurer activement saisi de la question.
Fait à New York le 16 juillet 2007






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