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C’est la vie, la paix la cohésion
Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
E. I
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L'Ecologie en Afrique de l'ouest
Le Bénin se bat contre la
pollution,
le Mali pour les énergies renouvelables
Problème
de reconnaissance, de poids politique et de voix au
chapitre. Les partis écologistes africains tentent de
s'imposer dans la vie politique de leur pays. Non sans mal. Le
Bénin se bat contre la pollution et le Mali pour
l'énergie renouvelable. Gros plan sur les
stratégies des Verts.
"Les partis traditionnels
sont puissants, ils ont tous les moyens nécessaires pour
toucher la population. La presse du pays est noyautée et
cela ne lui rapporte pas assez de parler d'écologie dans ses
colonnes. Et pour les élections, la corruption
règne en maître ", s'insurge Toussaint Hinvi.
Fondateur et président du Parti écologiste
béninois - Les Verts, il sait de quoi il parle.
"Il faut que l'écologie soit un sujet politique pour qu'on
s'y intéresse. Nous avons créé notre
parti en 1996 mais nous évoquons ces problèmes
depuis plus de dix ans. " Les écologistes
béninois se sont présentés aux
dernières élections présidentielles au
sein d'une coalition avec l'UDS. La tâche n'a pas
été facile et le résultat n'a pas
été à la hauteur des
espérances.
1,1% des voix. Quelques 30 000
personnes convaincues par le programme écologiste. "
L'écologie pour les Béninois est un monde
à part, un monde de luxe. Pourtant Cotonou est la ville la
plus polluée de la planète, devant Mexico. La
masse des gaz d'échappement est visible à
l'œil nu. Il y a plus de 200 000 vélomoteurs ",
analyse Toussaint Hinvi. Pourtant, la mobilisation des grandes villes
n'était pas au rendez-vous. Par manque de
visibilité.
Cinq-cent membres actifs
répartis dans tout le Bénin - en
majorité des jeunes, beaucoup d'étudiants
-assurent la propagation du message écologiste. Message
essentiel dans un pays où les lois protégeant
l'environnement ne sont pas appliquées. Les industries
étrangères continuent de s'y installer de
façon anarchique et dangereuse. " Il y a beaucoup de
problèmes de dépôt de particules
polluantes sur la peau, de toux. Les premières victimes ne
comprennent pas elles-mêmes les enjeux. " Quant à
l'argent de la communauté internationale, il est
gaspillé.
Pour faire respecter les conventions internationales en
matière d'écologie, Toussaint ne voit qu'une
solution : la coopération avec les écologistes
européens pour mettre en place des dispositifs juridiques. "
Les lois respectées dans vos pays doivent l'être
aussi dans les nôtres. Le droit d'ingérence qui
existe pour sauver des vies doit exister aussi pour sauver
l'écologie dans nos pays ", dit-il.
La terre et la ménagère
Au Mali, comme au Bénin, il n'existe pas de
politique durable de protection de la terre. Pourtant, pour Fadimata
Bintou Touré, l'une des fondatrices du Parti Ecologiste pour
l'Intégration (PEI), " Nous pouvons gouverner le pays
autrement, en permettant à la population de vivre de la
terre tout en la protégeant. "
Il faut attirer l'attention de la population sur les dangers que
représentent la désertification et la
désertisation*. " Les ménagères tirent
leurs produits des maigres ressources forestières qui
restent. " Or, depuis les années 60, la
dégradation de l'environnement accompagne celle du pouvoir
d'achat de la ménagère.
" Les autres formations politiques ont peur de nous car elles savent
que l'enjeu que nous mettons en avant est important. Notre programme ne
permet pas le mensonge ", explique Fadimata Bintou Touré. "
En 1992, les autres partis nous ont donné une place.
Très vite, ces mêmes formations nous ont combattu
au niveau de la population. Pour nous nuire, on nous a
comparés aux éléments des Eaux et
Forêts qui empêchent qu'on coupe les arbres
n'importe comment, qui sont perçus comme la police. "
Le soleil, le vent et le gaz
Malgré cela, le parti obtient six conseillers
municipaux en 1992 grâce à sa nouvelle conception
politique et sans financement. " Nous avons mené la campagne
avec nos petits moyens. Nous avons fait l'erreur de vouloir aller
partout pour que notre parti soit national et nous nous sommes
éparpillés ", analyse Fadimata. A
l'époque pourtant, 20 000 militants répondent
présent. Aujourd'hui, ils sont certainement plus,
même si le parti manque de statistiques car il ne s'est pas
présenté aux élections de 1997.
Contrairement à celle du Bénin, la population
malienne agit. " Notre pays est continental, tropical et
sous-développé. Nous ne vivons que de la nature.
Si l'on développe l'énergie solaire, la
population n'ira pas couper du bois. Il faut mettre en place une
politique pour aider les populations à se servir des
énergies renouvelable (comme l'énergie
éolienne).Ce sont des produits très chers qu'une
famille ne peut pas se payer. Une bouteille de gaz coûte
entre 1700 et 2000 FCFA alors que le Smic est à 1700. Les
gens préfèrent couper du bois. Tant que le
problème de l'énergie ne sera pas
résolu, la population souffrira et l'environnement en fera
les frais ", explique Fadimata.
Sensibiliser, former les
militants et la population sont donc des priorités. "
Beaucoup sont curieux de ce que nous faisons et comme 60-70% d'entre
eux sont analphabètes, nos séminaires de
formation sont en français et en langues locales. " Le parti
écologiste malien espère une
intégration au niveau national et africain
(sous-régional). Aux prochaines élections, en
2002, il compte bien se présenter à tous les
niveaux.
*Poches de désert, de déboisement au sud du pays
dans une zone qui n'est pas au contact direct avec le
désert. On exploite ces zones de savane. Les terres sont
utilisées pour l'élevage extensif et les cultures
de rente comme le coton.
Olivia Marsaud (Afrik.com)
Mis en ligne le : 13/03/2002
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