http://www.parti-ecologique-ivoirien.org
P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Burkina
: QUE
L’ANNEE 2010 SOIT
L’ANNEE DE L’OPPOSITION !

|
vendredi 01 janvier 2010 - Par sanfinna.com |

A
une époque où, dans la sous
région voire dans la région,
prédominaient les structures de gouvernance
héritées de la Colonisation et des
régimes militaires soutenus par un Occident
les jugeant plus aptes à gérer nos Etats dans la
sécurité, notre pays, l’ex
Haute-Volta, connaissait déjà ses heures de
grandeur démocratique. A l’époque,
même les Abdoulaye Wade débutant en politique,
s’extasiaient devant le modèle
de démocratie pluraliste de la 2ème
république voltaïque (1970/1974).
L’attachement aux droits de l’homme, aux
libertés publiques et démocratiques,
suscitait pour les citoyens, des audaces et des créations
valorisantes pour la
classe politique. On peut voir dans la Commission Spéciale
créée en 1976 à
l’issue d’une crise au cours de laquelle le peuple
mobilisé avait exigé des réformes
multiformes (à consacrer dans une nouvelle Constitution
devant ouvrir une ère
de démocratie plus disputée),
l’ancêtre des Conférences Nationales des
années
90. Les partis
politiques, en ces
temps-là, même agissant dans la
clandestinité, auront été
déterminants dans le
changement.
En
1978, le ballottage réalisé au
premier tour par le candidat de l’opposition Macaire
Ouédraogo de l’Union
nationale pour la défense de la démocratie
(UNDD), pour ne pas le citer, sera
un autre exemple du caractère pionnier du combat des partis
pour la diversité
politique. Et, on peut dire que cela s’est poursuivi
à partir de 1987 lorsque,
pour aider au retour à la vie démocratique
normale, des leaders politiques ont
commencé à s’organiser pour faire de
l’agitation et demander, dans le contexte
de la Perestroïka, et plus tard de la chute du Mur de Berlin
et des célèbres
propos de La Baule, que le Burkina Faso et l’Afrique soient
pris comme partie
intégrante de cette révolution
démocratique mondiale en cours. De cette
spécificité
historique du Burkina Faso, on ne peut trouver à redire
sinon à constater avec
amertume que nos historiens, nos publicistes, nos politiques, ne la
défendent
pas comme ils le devraient.
Mais
autant la constance et le
caractère devancier du combat démocratique de nos
partis politiques restent
indéniables, autant ces acquis ont toujours
été suivis de périodes de reflux.
Les partis politiques n’ont pas toujours su transformer les
grands essais
politiques et démocratiques puisqu’à
chaque fois, à l’espoir, succèdera la
déception par la remise en cause des conquêtes au
moyen de coups d’Etat
notamment.
Aujourd’hui,
nous sommes dans un
contexte dit de démocratie pacifiée mais il ne
faut pas gratter très loin pour
se rendre compte que nous vivons sous la démocratie la plus
caricaturale que
l’histoire nous ait jamais donnée. Elle ne vaut
à cet égard ni la seconde, ni
la troisième République. Construite sur le
matériau de la fraude, de la
violence, de la corruption, elle cache comme un volcan, des
éruptions qui pourraient
être dévastatrices. Mais dans le même
temps, et fort heureusement, les temps
sont révélateurs de changements en cours. Sous un
apparent désordre, qui
jusque-là faisait le bonheur du pouvoir, les partis
s’éveillent à la
nécessité
d’une certaine coordination et surtout de la sauvegarde des
supports de notre
démocratie. Concurrencés par la
société civile qui n’a jamais
été aussi active,
ils n’en trouvent que plus d’émulation.
Des batailles s’envisagent en
concertation avec d’autant plus d’engagement que
par le passé car tout
autour, il y a comme un retour de cycle
à la lutte générale pour de nouvelles
mutations démocratiques. Au Niger, le
phénomène est déjà
engagé avec, observation d’importance qui risque
de faire
école, un soutien de la communauté internationale
au respect de la loi
fondamentale. Au Sénégal, le rassemblement Benoo
est sur la brèche avec, comme
au Niger, une solidarité de la société
civile qui donne des insomnies à Me
Wade. Au Togo, l’UFC n’a plus tellement besoin de
mouiller la chemise pour
défendre le réajustement de la
démocratie : la société civile est en
éveil avec
ici encore une gêne de la France qui peut gêner la
continuité. Des velléités du
genre, il y en a par ci par là, notamment au Congo, en
Mauritanie et au Mali où
on tient bon pour qu’il n’y ait pas
d’inversion dans les promesses d’Amadou
Toumani Touré de consolider l’alternance
démocratique.
C’est
vrai que tout ce
bouillonnement se fait avec d’autres leaderships et que cette
fois-ci, nos
opposants au Faso semblent certes un peu en retard et même
quelque peu largués,
mais ils peuvent refaire leur handicap.
Que
l’année 2010 leur en donne
l’occasion. Pour cela, il leur faut continuer à
s’enrichir des exemples qui
leur viennent d’ailleurs, mais surtout continuer à
privilégier les unions
transversales, les vertus de l’essentiel. Et
l’essentiel ici, en raison des
multiples contraintes nationales et internationales qui
pèsent sur le pays,
n’est certainement pas pour les partis de continuer
à se donner en spectacle et
de se rendre complices de processus électoraux honteux qui
dégradent
l’opposition et empêchent la libération
de la démocratie. Il faut qu’ils
sachent jouer d’intelligence en évitant de
s’emprisonner dans des postures, des
clichés, des vaines dénonciations politiciennes,
pour savoir contraindre le
pouvoir à accepter une logique de vraies réformes
à laquelle au demeurant il
est condamné par le temps, par les
nécessités multiformes nationales et
internationales.
|
Source
: San Finna N°547-548 du 28 Décembre au 10 Janvier
2010 |
Reproduction interdite du site