Les
festivaliers venus du monde entier ont encore eu droit à un
grand
Fespaco. Salles de cinéma bondées de monde.
Après 40 ans d’existence,
le Fespaco continue d’écrire les lettres de
noblesse du cinéma africain
voire du monde entier. Il est compté parmi les cinq plus
grands
festivals de cinéma dans le monde. Mais certaines choses
tendent à
ternir l’image de ce festival panafricain. En effet, le
samedi 07 mars
dernier , après la clôture officielle du Festival,
nous avons été
témoin d’un vol rocambolesque. Une
festivalière d’origine anglaise, du
nom de Janie Butler, s’est vu traîner par terre
avant de se voir voler
son sac à main par un bandit. Malgré la course
poursuite qui s’est
engagée entre lui et nous, le ripou n’a pu
être rattrapé. Selon la
festivalière anglaise, son sac contenait son passeport, une
forte somme
d’argent, sa carte de crédit, sa caméra
et bien d’autres affaires
importantes. Les larmes aux yeux, elle a dit ne pas comprendre que ce
soit à quelques mètres de
l’hôtel
‘’Pacific’’ qu’elle a
pu subir cette
lâche agression. Les policiers appelés en renfort
n’ont pas daigné
faire le déplacement de l’hôtel
‘’Pacific’’. Le plus
ahurissant, c’est
la désinvolture avec laquelle nous avons
été reçus au commissariat
central. Pour attester de la véracité de la perte
de ses documents, la
pauvre anglaise a demandé qu’on lui fasse une
déclaration de perte.
Elle s’est entendu dire qu’il n’y avait
pas de signataire, c’est-à-dire
qu’il n’y avait aucun responsable pour lui
délivrer cette déclaration
qu’elle devait présenter à son
ambassade sise à Accra au Ghana. Surtout
que l’ambassade anglaise n’avait aucune
représentation au Burkina. Bien
avant l’anglaise, le vendredi 07 mars, une
festivalière française s’est
fait défigurer. Roulant sur un engin à deux
roues, elle s’est fait
projeter au sol. Les malfrats en ont profité pour lui
arracher son sac
à main. Selon des personnes rencontrées, les
prostituées ouagalaises
sont de mèche avec les voleurs dans leurs agissements. A ce
propos, un
de nos amis finlandais du nom de Tomy, nous a dit qu’il a
été
pourchassé du boulevard ‘’Kwame
N’Krumah’’ à son
hôtel, par des
prostituées et leurs acolytes. Si vous allez à
Ouaga, la zone de
prédilection des prostituées est le boulevard
‘’Kwame N’Krumah’’
avec
‘’Taxi Brousse’’, son maquis en
plein air. C’est là que les princesses
des nuits noires ouagalaises opèrent. Ne vous fiez pas
à leurs motos
pour les suivre. Ce n’est qu’un appât
pour aller vous faire les poches
avec l’aide de ripoux tapis dans la zone du projet
‘’Zarkat’’ avec ses
profonds tunnels. Quand les prostituées et leurs acolytes
vous font les
poches, ils s’engouffrent dans les tunnels. Vous
n’avez que vos yeux
pour pleurer. Beaucoup de festivaliers en ont fait les frais.
C’est
pourquoi, ici et maintenant, nous attirons l’attention des
autorités
burkinabé sur la question de la
sécurité des biens et des personnes au
Fespaco. A ce niveau, les burkinabés doivent prendre
l’exemple des
autorités égyptiennes. Lors de la 32è
édition du festival du film du
Caire à laquelle nous avons assisté, une police
spéciale pour les
festivaliers veillait au grain. Les hôtels et les lieux de
projections
étaient sous haute surveillance. Naïvement, nous
avions cru que ce
dispositif fonctionnait au Faso. Que non. Il faut que le
Président du
Faso, Blaise Compaoré s’investisse personnellement
dans le
rétablissement de cet ordre. Les ambassades
européennes ont commencé à
s’inquiéter sérieusement de cet
état de fait, nous a-t-on dit.
Thibault R. GBEI
Envoyé spécial à Ouaga au Burkina Faso