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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Conférence climat de Copenhague

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dimanche 29 novembre 2009 - Par ecolo.be |

29 novembre 2009 | La
première « période
d’engagement » du protocole de Kyoto se
terminant en 2012, l’objectif
principal de la conférence sur le climat de Copenhague, qui
se
déroulera du 7 au 18 décembre prochain, doit
être de trouver un accord
entre tous les pays sur ce que sera
l’après-2012 : quels objectifs de
réduction d’émissions de gaz
à effet de serre (GES), sous quelle forme
et pour quels pays ? Quels mécanismes pour
atteindre ces objectifs ?
Comment favoriser la mise en place de mesures d’adaptation
aux
changements climatiques dans les pays en
développement ?
L’enjeu est crucial puisque les émissions
mondiales de GES doivent
commencer à décliner le plus rapidement possible
(et en tout cas pour
2015 au plus tard) afin d’éviter que les
conséquences des changements
climatiques soient dramatiques et irréversibles. En ce sens,
Copenhague
pourrait représenter un « quitte ou
double » pour l’avenir de la
planète. Si un accord climatique international est conclu
à Copenhague,
il affectera profondément nos vies et celles des
générations futures.
En l’absence d’accord suffisamment concret
à Copenhague, il deviendra
extrêmement difficile de voir entrer en vigueur un nouvel
accord avant
la fin de la première période
d’engagement de Kyoto, ce qui provoquera
une rupture mettant en péril la possibilité de
préserver le climat.
La solution la plus efficace pour protéger notre climat est évidente : réduire fortement les émissions de GES dans tous les secteurs. Pour éviter des impacts irréversibles, l’augmentation de la température mondiale doit rester le plus possible sous les +2°C par rapport à 1850 . Cela signifie que les émissions mondiales de GES doivent atteindre leur pic d’ici à 2015 pour décliner ensuite de manière drastique.
Le succès de la Conférence de Copenhague dépendra en premier lieu de la détermination des pays industrialisés à prendre des mesures efficaces pour réduire le(ur)s émissions de GES.
Selon les projections du GIEC et les publications scientifiques les plus récentes, le scénario dans lequel les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020 par rapport à 1990 ne donne qu’une chance sur deux de ne pas dépasser les +2°C.
Pour
Ecolo, les pays industrialisés doivent donc
s’engager à Copenhague à
réduire collectivement leurs émissions
d’au moins 40 % d’ici 2020 (par
rapport à 1990).
Il est essentiel que les pays industrialisés
s’engagent à réduire
leurs émissions sur leur territoire national et pas
uniquement via la
réalisation de projets de réduction dans les pays
en développement. Les
« réductions à
domicile » sont indispensables pour impulser de
nouveaux
modes de production et de consommation.
Pour
Ecolo, les réductions d’émissions des
pays industrialisés précitées
doivent être atteintes pour au moins trois-quarts par des
mesures
prises au sein de leurs frontières.
Il est indéniable que l’action des seuls pays
industrialisés ne
suffira pas. Les pays en développement les plus
avancés économiquement
tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil –
assimilés au moment de la
conclusion de Kyoto en décembre 1997 à des pays
en développement et
exonérés à ce titre de toute
obligation quantifiée - contribuent aussi
aux émissions mondiales de GES. Leur effort de
réduction devra
néanmoins tenir compte du fait qu’ils
n’ont pas la même responsabilité
passée et présente que les pays
industrialisés, ni les mêmes ressources
financières et technologiques pour agir. Les pays en
développement
« les plus avancés »
devront être contraints à des obligations de
moyens, les autres pays en développement étant
encouragés à prendre des
engagements sur base volontaire. Pour ce faire, ils devront
bénéficier
du soutien financier et technologique des pays
industrialisés (cf.
ci-dessous).
Pour
Ecolo, la lutte mondiale contre les changements climatiques doit
être
progressivement étendue et les pays en
développement – avec l’aide des
pays industrialisés - doivent réduire
collectivement l’augmentation
prévue de leurs émissions de 15 à 30%
d’ici 2020.
Une des clés de succès de la conférence de Copenhague résidera dans le soutien financier des pays industrialisés aux pays en développement, qui devra être obligatoire, prévisible, proportionné aux besoins et pérenne.
Les pays industrialisés sont responsables des émissions passées de GES, ils restent aujourd’hui de grands émetteurs et ils possèdent des ressources financières et technologiques. Ils doivent donc non seulement être les premiers à réduire massivement leurs émissions de GES, mais ils doivent en outre aider les pays du Sud - plus vulnérables aux impacts des changements climatiques - à réduire leurs émissions et à s’adapter aux impacts à venir. Il s’agit là d’un enjeu d’équité impliquant une solidarité internationale.
Pour Ecolo, au moins 110 milliards [2]
d’euros par an de fonds publics additionnels doivent
être mobilisés
d’ici 2020 pour mettre en place des mesures de
réduction des émissions
et soutenir l’adaptation au changement climatique dans les
pays en
développement.
Ces montants devront être additionnels à
l’aide publique au
développement, et récoltés entre pays
industrialisés en fonction de
leur responsabilité dans les émissions de GES et
de leur capacité
financière. L’Union européenne devrait
ainsi financer un tiers de cette
somme (35 milliards d’euros par an).
Le secteur privé devra également contribuer aux transferts financiers et technologiques, notamment par l’intermédiaire du marché du carbone. Il a par ailleurs un rôle important à jouer afin de favoriser la mobilisation des capitaux nécessaire à la mise en place de politiques d’adaptation dans les pays du Sud.
Les forêts constituent d’importants réservoirs de carbone car les arbres captent et stockent du CO2. Des millions d’hectares de forêts disparaissent tous les ans, ce qui représente environ 20 % des émissions mondiales de CO2 et engendre de nombreuses conséquences désastreuses (perte de biodiversité, déplacement de populations, etc.).
Pour
Ecolo, l’accord de Copenhague doit impérativement
inclure un mécanisme
financier visant à mettre un terme à la
déforestation et la dégradation
des forêts d’ici 2020. Les réductions
d’émissions ainsi obtenues
doivent être additionnelles aux réductions
d’émissions dans les pays
industrialisés.
L’accumulation de CO2 dans l’atmosphère peut être diminuée par l’accumulation de carbone dans la végétation et les sols des écosystèmes terrestres. Les pratiques dans les secteurs LULUCF, dont l’agriculture, peuvent ainsi contribuer à retirer du CO2 de l’atmosphère (ou en tout cas réduire les émissions des sources concernées).
Pour
Ecolo, les activités LULUCF doivent être prises en
compte afin que tous
les secteurs participent à l’effort global de
réduction des émissions
de gaz à effet de serre. La
prise en compte des
activités LULUCF e peut cependant mettre en
péril la viabilité et
l’intégrité environnementale des
politiques mises en œuvre pour
atteindre les objectifs climatiques. En particulier, de
nombreuses interrogations subsistent quant aux méthodologies
permettant
de mesurer et prévoir de manière
précise les flux de gaz à effet de
serre liés aux activités LULUCF. Il faut en outre tenir compte du
caractère non-permanent du stockage du carbone ainsi
réalisé.
Jusqu’à présent, le mécanisme pour un développement propre (MDP – un des trois mécanismes dits « de flexibilité » du protocole de Kyoto) a généré des projets dans un nombre restreint de pays « moins avancés » (la très grande majorité des projets financés se trouvent en Chine et au Brésil, et pratiquement aucun en Afrique, par exemple) et n’a pas réellement contribué au développement durable de ceux-ci.
Pour
Ecolo, à partir de 2013, le MDP doit être
limité aux pays en
développement dits « moins
avancés » qui disposent d’une
capacité
limitée à réduire leurs
émissions.
Le mécanisme doit être renforcé afin
d’obtenir une réelle réduction
des émissions de gaz à effet de serre, contribuer
au développement
durable des pays bénéficiaires et être
limité au soutien aux énergies
renouvelables et à une utilisation plus efficace de
l’énergie. Le
budget consacré au MDP ne peut pas être
comptabilisé dans les budgets
de la coopération au développement (APD). Par
ailleurs, le nucléaire,
la capture et la séquestration du carbone et le grand
hydraulique ne
peuvent être éligibles pour le MDP et doivent
rester exclus des marchés
du carbone.
Les secteurs du transport maritime et de l’aviation internationale présentent des émissions en forte croissance et leur part dans les émissions mondiales ne cesse d’augmenter.
Pour
Ecolo, le transport maritime et l’aviation internationale
doivent être
intégrés dans les efforts de réduction
des GES pour l’après-2012.
Ces secteurs doivent recevoir des quotas
d’émissions dégressifs
d’année en année pour contribuer
à maintenir l’augmentation de la
température mondiale sous les +2°C.
L’eau est le premier vecteur par lequel le changement climatique sera ressenti dans les pays en développement. Ses impacts se traduiront tantôt par de graves problèmes de sécheresse, tantôt par de fréquentes inondations.
Pour
Ecolo, la problématique de l’eau doit
être incluse dans l’agenda des
négociations en cours sur les changements climatiques, et ce
dès la
conférence de Copenhague.
Il s’agit d’un premier pas essentiel devant
conduire à
l’intégration de la question de l’eau
dans les enjeux « post-Kyoto »,
en vue de garantir le droit à l’eau de chaque
habitant de notre planète
et d’en assurer son contrôle public.
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