http://www.parti-ecologique-ivoirien.org
P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
L’opinion
l’aura
noté. Guillaume Soro n’en finit pas de
désavouer publiquement ses
collaborateurs s’agissant des éventuels coupables
de l’attentat manqué
perpétré contre lui. A chaud, Konaté
Sidiki et Issiaka Ouattara
‘’Wattao’’ qui ont
porté un doigt accusateur sur les casques bleus et
la Licorne freinent des quatre fers. Désormais, le Premier
ministre
« ne veut accuser personne »,
là où vendredi, il laissait ses hommes
incriminer les auteurs présumés de
l’attaque contre l’avion
présidentiel qui le transportait. Une attitude suspecte qui
livre à
présent ses secrets. De sources proches de la
présidence française, le
retournement de veste dans les accusations n’est pas fortuit.
La France
est passée par là. L’Elysée
qui craint un lynchage public,
contre-attaque. D’abord à travers des injonctions
au téléphone, avant
que l’ambassadeur André Janier n’aille
porter le message de Paris à
Soro, de vive voix. Le diplomate, qui a effectué le voyage
de Bouaké en
compagnie du patron de la Licorne mardi dernier, est allé
crier son
ras-le-bol, soutiennent des confidences. L’armée
française, échaudée
par les évènements de novembre 2004, a vertement
remonté les bretelles
à la rébellion. André Janier et le
général Lecerf s’en sont donc
allés
fouetter le holà à une mayonnaise qui de toute
façon a pris. Pour
tordre les bras à Soro et les siens, le diplomate
français et le
commandant de la Licorne ont employé la méthode
forte. Paris use de
chantage pour faire taire les dirigeants du MPCI. Dans la balance,
Janier et Lecerf mettent les nombreux crimes physiques et
économiques
que l’armée française a couverts depuis
le début de la crise armée.
Selon des sources diplomatiques, Paris a promis l’enfer
à ceux qu’il a
portés à bout de bras des années
durant. Au nombre des forfaits brandis
en échange du silence des accusateurs, les nombreux
charniers qui
jonchent le parcours des insurgés. Korhogo, Man,
Bouaké et d’autres
zones assiégées ont leurs lots de
cimetières géants, et la France
menace de tout déballer. Autres moyens de pression, les
nombreux casses
des agences centrales de la BCEAO. L’affaire qui a
défrayé la chronique
les années écoulées n’a
jusque là pas été
élucidée. Des éléments de
la
Licorne, pris sur les faits ont été
rapatriés en France. Mais à Bouaké,
c’est le silence micro. Aucun chef de guerre n’a
été cité. La
hiérarchie de la force Licorne qui s’est
montrée très coopérative en
use à présent pour se faire blanchir. Ce
n’est pas tout. Pèle mêle,
l’on fait cas du commerce fort juteux et non moins frauduleux
du cacao
ivoirien vers la sous région. Les ressources
minières n’échappent pas à
la longue liste des faits qu’André Janier et le
général Lecerf ont
promis de taire, pourvu que Soro
‘’oublie’’ que les militaires
français
ont une quelconque responsabilité dans l’attentat
manqué. Conséquence
de la démarche honteuse des émissaires du Quai
d’Orsay, le double
langage constaté depuis quelques jours à
Bouaké. Konaté Sidiki qui, sur
des chaînes de radio étrangères, nie
ses propos tenus les vendredi et
samedi derniers, Wattao qui se mure dans un silence
incompréhensible.
Le Premier ministre lui-même clôt le
débat. “Je ne donne le droit à
personne d’accuser qui que ce soit dans cette affaire. Je
veux que les
polémiques dans la presse cessent”, injoncte-t-il,
pieds et mains liés.
Ainsi, le ministre de l’Artisanat s’interdit de
dénoncer la Licorne et
l’ONUCI. Il en va de même pour le patron de la
compagnie ‘’Anaconda’’.
Pour sûr, l’ambassadeur André Janier a
gagné une bataille. Mais l’on se
demande bien comment Paris compte s’y prendre pour se
soustraire à la
justice ivoirienne qui, depuis hier, par la voix du procureur de la
république près la cour d’appel de
Bouaké s’est mise en branle.
"En vertu des dispositions (des textes), nous venons d’ouvrir une information judiciaire. " Ainsi s’est exprimé hier Abo Kadjo Fodio, le procureur général près la cour d’appel de Bouaké. Une semaine après l’attentat manqué contre Soro, la justice se saisit de l’affaire. Et en l’absence d’autorités judiciaires à Bouaké en ce moment, c’est le juge d’instruction de Toumodi, Niamké Joseph, qui va conduire les investigations. Une situation rendue possible par le code de procédure pénale en son article 83 qui, selon le procureur Abo, " donne la possibilité de désigner un juge d’instruction de n’importe quel tribunal du ressort de sa cour d’appel, pour mener les investigations nécessaires. " A en croire l’homme de droit qui a brièvement rencontré la presse, l’attentat contre le premier ministre, qui a causé des morts et des blessés, “est un acte répréhensible qui ne saurait rester impuni”. C’est pourquoi le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a instruit ses services pour démêler l’écheveau. Une suite est donc donnée à l’attaque du Fokker 100 qui continue de défrayer la chronique. Ceci dit, a tenu à préciser Abo Kadio, la procédure n’entrave pas d’autres actions à même de contribuer à l’éclatement de la vérité. " Le devoir de la justice de se mettre en mouvement n’empêche pas une enquête nationale ou internationale ", a soutenu procureur général de Bouaké. Et de poursuivre, affirmant ignorer si Ange Kessy, le procureur militaire a diligenté une enquête de son côté. En tout état de cause, souligne Abo Kadio Fodjo, rien a priori n’indique que les auteurs du bombardement de l’avion présidentiel soient des militaires.
Reproduction interdite du site