Quatre agents de la police
disparus au
large de Sassandra le 11 mars sont toujours introuvables. Les agents de
la police maritime sont en colère.
C’est à la fois un sentiment de révolte
et de recueillement dans les
milieux portuaires. Les 4 agents de la police maritime en service
à
l’arrondissement de San Pedro partis en mission le 11 mars
à Sassandra
n’ont toujours pas regagné leur base. Le
lieutenant Philibert Ouan
Gonkanou, les sergents Gaudens Yapo Kouassi, Mathieu Kouao Yapi et
Anderson Botty Trazié, partis arraisonner des navires
ghanéens
soupçonnés de pratiques illicites dans les eaux
territoriales
ivoiriennes, demeurent introuvables. L’administration
maritime a lancé
des missions de recherche mais les chances de les retrouver vivants
sont bien minces. En tout cas, les agents que nous avons
rencontrés
aussi bien à la Direction générale au
Plateau qu’à la base maritime de
Treichville, principal point de ralliement des marins, donnaient
l’air
d’avoir perdu le moral. Surtout que les pêcheurs
artisans qui ont sonné
l’alerte affirment avoir entendu des échanges de
tirs d’armes à feu.
Ces derniers, pour avoir sans doute prêté main
forte aux marins en leur
mettant une pirogue à disposition, ajoutent avoir
essuyé également des
rafales libérées par
l’équipage suspect qui, après le
forfait, a pris
la poudre d’escampette. Les bateaux, au nombre de 4, tous
immatriculés
au Ghana avec pour port d’attache Takoradi ont pour noms Nana
I, Nana
II, Maate I, Maate II. Si les navires pirates continuent leur cavale,
les premiers éléments de
l’enquête confirment en revanche que leurs
occupants sont des Chinois. Ces Asiatiques sont
réputés champions a de
la pêche illégale dans les eaux ivoiriennes. Les
armateurs les accusent
régulièrement de pratiques anticoncurrentielles.
L’offensive engagée
par les gardes-côtes permis en octobre 2008,
d’intercepter un bateau
pirate chinois à Assouindé au large de Bonoua.
Mais après les dernières
attaques, les syndicats affichent des airs
d’écorchés vifs. Ils sont
d’autant en colère que les assassinats le 5
août 2008 du sergent
Frédéric Samien Bi Kakou à Vridi Ako
et de Serges Tapley le 11 décembre
de la même année à Sassandra par les
trafiquants n’ont toujours pas été
élucidés. La plateforme des syndicats des
affaires maritimes a saisi
l’occasion pour remettre au goût du jour les
conditions exécrables dans
lesquelles la police maritime mène ses activités.
Selon le lieutenant
Mamadou Traoré, un des porte-parole de la plateforme, les
capacités
opérationnelles des marins devant telles situations sont
inexistantes.
Une situation dramatique pour un corps qui est censé traquer
les
pirates souvent lourdement armés. «Que notre
administration soit
conséquemment dotée d’armes, de moyens
navals et roulants, de moyen de
communication et de tout autres moyens devant permettre
d’accomplir
efficacement et sereinement leur mission», a
expliqué l’officier. Selon
lui, c’est parce que ces criminels savent que la police
maritime manque
de logistique, qu’ils viennent piller les eaux ivoiriennes,
exigeant
des autorités une plus grande considération pour
leur service. Il a
plaidé en faveur du respect des engagements
contractés dans le cadre du
projet réseau sous régional
intégré des garde-côtes pour la
sécurisation et la sûreté des
côtes, des activités et des navires. En
effet, la Côte d’Ivoire en tant que
siège de zone de coordination, a un
certain nombre d’obligations vis-à-vis des pays
membres de l’Omaoc
notamment l’accroissement des ressources
nécessaires au projet. Par
ailleurs, la plateforme exige la création d’un
fonds de prévoyance
ainsi que l’institution des baux pour logements.
Lanciné
Bakayoko