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Le Parti Ecologique Ivoirien
Côte d`Ivoire :
difficile lutte contre le
racket des forces de
l`ordre
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samedi 7 février
2009 - Par AFP |
ABIDJAN — "Goutte
d'eau" ou "avancée
notable" ? Plus de six mois après son démarrage
médiatique, le premier
bilan de la lutte contre le racket des automobilistes ivoiriens par les
forces de l'ordre semble mitigé, les barrages routiers
restant une
réalité quotidienne dans le pays.
Face aux innombrables plaintes déposées contre
policiers et gendarmes,
la hiérarchie militaire a lancé en juin 2008 une
campagne sans
précédent contre les extorsions
pratiquées par ses propres agents, avec
pour objectifs la réduction des barrages routiers ou la
radiation de
soldats corrompus.
Il s'agit de combattre un phénomène au lourd
impact financier: entre
"95 et 150 milliards de francs CFA" (145 à 230 millions
d'euros) sont
ainsi prélevés en Côte d'Ivoire chaque
année, selon la Banque mondiale.
"Le racket provoque un désordre social. Il n'est plus une
infraction
pénale qu'on juge, c'est surtout un problème de
société", explique à
l'AFP le lieutenant-colonel Ange Kessi, commissaire du gouvernement
(équivalent de procureur au tribunal militaire d'Abidjan).
En forme de premier bilan, il évoque une "avancée
notable": "en 2008,
une vingtaine d'affaires de racket ont été
jugées, sanctionnées par des
condamnations allant de trois mois à six ans de prison
ferme", contre
une poignée de cas jugés auparavant.
"Il y a quelques années, on ne parlait même pas du
racket", souligne le
colonel Kessi, qui s'affiche de plus en plus comme le héraut
de cette
cause.
Constamment gardé par quatre hommes armés, ce
magistrat de 49 ans se
dit d'ailleurs l'objet de "menaces de mort" depuis qu'il
mène cette
opération.
Ses résultats sont cependant relativisés par
certains, quand d'autres se montrent franchement sceptiques.
S'il salue la démarche d'Ange Kessi, le président
de la Chambre de
commerce et d'industrie, Jean-Louis Billon, n'y voit pourtant qu'"une
goutte d'eau".
De fait, dans les rues d'Abidjan, habituée aux barrages,
notamment
nocturnes, aucun recul significatif du phénomène
n'est perceptible.
M. Billon en appelle aux autorités: si les chefs de
l'armée, de la
gendarmerie et de la police "montrent une véritable
volonté, cela peut
être démonté rapidement".
Dans un rapport publié en 2008, avant la campagne
anti-racket, une
commission de l'Assemblée nationale accusait la
hiérarchie militaire
d'être "complice" et "responsable" de la persistance du
problème.
D'autres voix sont beaucoup plus critiques sur le combat du commissaire
du gouvernement.
Alors qu'un scrutin présidentiel est attendu en 2009, "c'est
une
opération électoraliste dont Ange Kessi est le
maître d'oeuvre",
tranche un militant ivoirien des droits de l'Homme, sous couvert
d'anonymat.
Mais chacun s'accorde sur l'urgence à agir. D'autant que,
d'après les
parlementaires ivoiriens, "la corruption gangrène toutes les
couches de
la société".
Au pouvoir depuis 2000, le président Laurent Gbagbo affiche
sa volonté
de faire le ménage. Lancée en 2008, son
"opération mains propres" dans
la cruciale filière café-cacao a conduit
à l'incarcération de la
plupart de ses dirigeants, parmi lesquels plusieurs de ses proches.
Dernière victime de cette "moralisation": une
secrétaire du chef de
l'Etat lui-même, arrêtée cette semaine
pour avoir volé plus de 65
millions FCFA (100.000 euros) à la compagnie de
téléphonie mobile
MTN-Côte d'Ivoire. Une affaire qui a abouti aussi
à un arrêté
d'expulsion contre le patron de la société,
accusé de "légèreté".
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