Annoncé au Golf
hôtel afin de rencontrer le chef du gouvernement, le 24 avril
2011 et le président de la République le
lendemain lundi, le « Commandant » (selon
l'appellation d'Alassane Ouattara) Ibrahim Coulibaly alias IB n'a pas,
pour ces deux occasions, effectué le déplacement.
Sur les raisons du premier rendez-vous manqué, les versions
divergent. Pour le camp du Premier ministre, IB convoqué
à cette rencontre conformément à la
volonté du président de la République
a carrément refusé d'y participer. « A
la dernière minute, IB a dit qu'il devrait se concerter avec
ses hommes et des imams », alors que tout était
prêt et que les casques bleus de l'Onuci étaient
disposés pour l'escorter au Golf hôtel.
« La rencontre n'a pas eu lieu du fait de IB », a
accusé le porte parole militaire de Guillaume Soro. Des
accusations battues en brèche par des responsables des
Forces de défense et de sécurité
impartiales de Côte d'Ivoire (Fdsi-CI). Dans une
déclaration rendue publique le lundi 25 avril 2011,
Capitaine Aka Mèyo, porte parole des Fdsi-CI a
apporté un démenti. « Le
Général Ibrahima Coulibaly n'a reçu
aucun coup de fil dans ce sens », a-t-il soutenu. Ajoutant
que le général trois étoiles (comme se
présente IB lui-même) et ses troupes se tiennent
à la disposition de l'Etat de Côte d'Ivoire et de
son chef, Alassane Ouattara, chef suprême des
armées. « Les Fdsi réaffirment
à travers ces lignes leur attachement aux principes de paix
et de démocratie et entendent s'offrir en sacrifice pour les
restaurer tant qu'ils seront foulés au pied », a
poursuivi le capitaine Mèyo. Il a, par ailleurs,
invité ses « frères d'armes »
à l'union. « Il est impérieux que nous
transcendions nos égos afin de sceller l'union
sacrée car c'est forts de cette union, à n'en
point douter, que nous aiderons notre mère ivoire malade
à recouvrer sa santé économique dans
un souci de développement; ce qui permettra à nos
compatriotes et amis de la Côte d'Ivoire de mieux vivre
ensemble pour le bonheur de chacun et le progrès pour tous
parce que nous avons un père qui a des solutions, il faut
l'aider; résolument. La Côte d'Ivoire doit
demeurer cette terre d'espérance promise », estime
le porte-parole d'IB. Quant à l'échec de la
rencontre avec le président Ouattara hier, le capitaine Aka
Mèyo l'impute aux forces onusiennes et au camp Soro.
«Il était convenu qu’à 10
heures, l’Onuci vienne ici nous chercher pour aller au Golf.
Nous avons constaté qu’à
l’heure indiquée, l’Onuci
n’arrivait pas. Nous avons appelé le colonel de
l’Onuci avec qui nous avons discuté hier. Il nous
a répondu qu’il était bloqué
par son supérieur hiérarchique. A 10 h 15
l’Onuci nous a intelligemment fait comprendre
qu’elle ne viendra pas nous chercher. Elle a dit que la
division politique n’a pas donné son accord aux
militaires de venir nous chercher. A 10h 20 nous avons eu la
responsable de la division politique au téléphone
(…) Je lui est posé le problème,
jusqu’à présent, elle n’a pas
trouvé de suite favorable à notre
préoccupation. Il est 11h 13, l’Onuci
n’est pas avec nous pour nous escorter. Alors que le
général Ibrahim Coulibaly en sortant de son
quartier général, devait être
accompagné de 100 soldats du commando invisible, nous avons
averti l’Onuci la veille. Sans l’escorte
d’une force impartiale, il ne peut pas sortir d’ici
», rapporte le site koaci.com. Une situation que les proches
d'IB interprètent comme un piège. Ils sont
convaincus que le camp Soro complote contre leur chef. Ainsi la
rencontre de ce lundi de pâques censée ramener IB
et ses hommes dans les rangs des Forces républicaines de
Côte d'Ivoire (Frci) n'a pu se tenir. Le ralliement physique
et matériel (et non idéologique ou verbal)
d'Ibrahim Coulibaly tarde à se faire. Et pourtant, il urge
que les chefs de ces forces armées signent la paix des
braves pour le bonheur des populations ivoiriennes.
Jonas BAIKEH