http://www.parti-ecologique-ivoirien.org
P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Mamadou Koulibaly: “Yao-N’dré rentre d’Accra pour l’investiture du président Ouattara” “Depuis la tribune du Parlement, le président s’adressera aux Ivoiriens le 27 avril”

|
mercredi 20 avril 2011 - Par Le nouveau Reveil |

J`étais à Accra, le président
Ouattara m`a téléphoné et a
souhaité que je regagne la Côte d`Ivoire.
Nous avons discuté d`un certain nombre de choses. Je suis
arrivé hier (mardi, Ndlr) et ce matin je sors d`une audience
avec lui. Nous avons parlé de plusieurs sujets. En
particulier je lui ai fait part des préoccupations des
députés qui aimeraient bien qu`en
début de mandat, nous puissions nous inscrire dans la
légalité constitutionnelle. Donc que les
ordonnances qui ont été prises puissent faire
l`objet d`une autorisation de l`Assemblée nationale, d`une
régularisation. Le président a donné
son accord. Les députés ont
suggéré aussi que l`on puisse entrer dans
l`application de la constitution, le respect de l`Etat de droit, le
respect des libertés individuelles. Le président
de la République m`a dit qu`il prendrait toutes les
dispositions pour qu`il en soit ainsi.
Venant des députés, je lui ai signalé
des problèmes de sécurité.
L`assemblée nationale ayant été
pillée. Mon domicile à Abidjan
et à Azaguié, ma famille menacée et
pillée. C`est aussi vrai pour l`ensemble des
députés. Nous avons trouvé
à l`Assemblée nationale un cadavre en
putréfaction, tous les bureaux cassés,
pillés. Les députés se sont
demandé dans quelle mesure ils pouvaient avoir la
sécurité. Puisqu`ils se sont
déjà inquiétés de la
situation auprès des ministres concernés. Rien
n`avait encore été fait. Le président
a donc donné des instructions pour qu`assez rapidement
l`Assemblée nationale soit sécurisée.
Parce qu`il y a des pillages chaque jour. Il y a des gens qui passent
pour ramasser ce qui est resté.
Nous avons parlé de l`Etat de droit pour dire qu`en
début de mandat, conformément au vœu de
l`Union
africaine, que le président de la
République puisse avoir une prestation de serment
régulière. Il a donné son accord et je
crois savoir, si je ne trahis un secret, que le président du
Conseil constitutionnel, Yao-N`dré, est en route pour
Abidjan. Où il arrive probablement demain d`Accra. Et
très rapidement, le président m`a
assuré qu`une cérémonie serait
organisée en ce sens pour rester conforme au vœu
de l`Union africaine.
Je lui ai dit par ailleurs, toujours concernant la
sécurité, que de nombreux militants du Fpi et de
Lmp, ceux qu`on appelle pro-Gbagbo
étaient très inquiets pour leur
sécurité dans les quartiers. Qu`ils
étaient dénoncés, indexés
comme si être militant de ce parti ou de ce mouvement
était une tare. Ils se cachent, ils se sentent
brimés. Nombreux sont également ceux qui ont fui
et qui se sont réfugiés au Ghana,
au Togo ou au Bénin. Il serait bien d`aller vers une
détente pour que ces militants se sentent bien
sécurisés. Et de surcroit, je lui ai
signalé plusieurs appels reçus d`amis et de
proches de populations bété qui me disent,
” Nous sommes poursuivis, tués dans des quartiers
simplement parce que nous sommes Bété. Et
l`ethnie ne peut pas être un défaut. Et si l`on
peut reprocher des choses au Fpi, ce n`est pas aux
Bété qu`il faut le faire payer. Si l`on peut
reprocher des choses à Gbagbo Laurent, ce n`est pas aux
Bété qu`il faut le faire payer. Si nous rentrons
dans ce jeu, jamais nous n`aurons de réconciliation et nous
n`aurons de paix. Le président de la République a
pris le téléphone, il a appelé les
ministres concernés. Il a demandé que des
enquêtes soient faites rapidement afin que cette situation
s`estompe. Parce qu`il n`a pas envie de gouverner au nom d`une ethnie.
J`en ai profité aussi pour l`informer que
l`Assemblée nationale faisait sa séance
solennelle d`ouverture le mercredi 27 avril 2011, la
première session de l`année.
Je lui ai dit que la méfiance, la tension, l`absence d`Etat,
les fonctionnaires qui ne vont pas au travail, les policiers, les
gendarmes apeurés, les militaires effrayés. Qu`il
serait peut-être bien qu`il parle aux Ivoiriens encore une
fois, mais pas dans le cadre d`une interview classique comme nous
l`avons déjà vu. Mais qu`il saisisse la tribune
de l`Assemblée nationale pour dire aux Ivoiriens
où il va, comment il veut y aller, avec qui, dans quelles
conditions de sécurité, de détente. Et
qu`à ce propos, les députés m`avaient
demandé de lui adresser une invitation pour le 27 pour qu`il
vienne s`adresser aux Ivoiriens. Le président m`a dit qu`il
donnait son accord et qu`il se préparait pour le mercredi 27
pour s`adresser à la nation. Je pense qu`en allant dans ce
sens, et si les uns et les autres acceptaient d`arrêter de se
bagarrer, si ceux qui ont des armes arrêtaient de menacer
ceux qui n`en ont pas, si ceux qui sont RHdp arrêtaient de
faire peur à ceux qui ne sont pas Rhdp, si les
représentants locaux du Pci ou du Rdr arrêtaient
de faire peur aux représentants locaux du Fpi,
peut-être que nous aurions une chance extraordinaire de
reconstruire ce pays après ce chaos. Mais, si jamais
certains pensent que l`arrivée de Ouattara au pouvoir, c`est
le pouvoir aux Dioula ou aux Nordistes alors, ils peuvent faire ce
qu`ils veulent, alors c`est le chaos promis. Jamais il n`y aura de
réconciliation, jamais il n`y aura de paix, jamais il n`y
aura d`Etat, jamais il n`y aura de nation. Et là
où nous sommes, nous sommes encore loin du fond du puits.
C`est vrai que les temps sont durs, mais les Ivoiriens pensent que nous
sommes tombés, que c`est grave. Mais il y a pire que la
situation dans laquelle nous sommes. Il faut regarder ce qui est
arrivé à Haïti, il faut regarder ce qui
est arrivé en Somalie. On n`a pas encore vu le pire, faisons
donc tout pour l`éviter “.
Propos recueilli par
Akwaba Saint Clair
Source: Le Nouveau Réveil

Reproduction interdite du site