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P.E.I
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Un édifice imposant
Les conditions de la chute de Gbagbo affaiblissent Ouattara

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mardi 12 avril 2011 - Par liberation.fr |

«Ouattara a
peut-être gagné mais sa victoire hier montre les
faiblesses du président élu il y a quatre
mois», relève François Sergent dans
Libération. «Ce n’est pas lui qui a
finalement délogé et fait plier son rival,
Laurent Gbagbo, mais les forces de l’ONU menées
par l’armée de l’ancien
colonisateur.» L'intégralité de
l'édito à lire ici.
«Le pire, une guerre civile
sans frein, a sans doute été
évité», estime Laurent Marchand dans
Ouest France. «Le plus difficile commence
pourtant: la pacification.» «Gbagbo a
été arrêté. Si cette issue
ne peut que
réjouir puisque potentiellement synonyme de fin de massacres
et de terreurs
pour les populations, il est permis de s’inquiéter
des conséquences de
l’intervention militaire directe de la France»,
énonce Pierre Bastien dans La
Marseillaise.
«Le cauchemar est
terminé. On voudrait tellement croire
cette affirmation de l’ancien Premier ministre ivoirien
Guillaume Soro!»,
renchérit Olivier Picard dans les Dernières
Nouvelles d’Alsace. Mais «la
violence du conflit va laisser des traces qui ne s’effaceront
pas sous l’effet
de la volonté de l’Onu», poursuit
l’éditorialiste.
«Les conditions de la
défaite finale de Gbagbo
affaiblissent, paradoxalement, la légitimité de
la victoire de son vainqueur.
Toutes les précautions oratoires prises par Paris
n’y changeront rien: Alassane
Ouattara restera, dans les esprits, un président
installé par les bombardements
et les hélicoptères
français…» «Que la Licorne
française ait mis un doigt de
pied dans la résidence de Gbagbo ou pas, de toute
façon l’assaut final n’aurait
pas pu réussir sans l’intervention encore plus
directe des hélicoptères, des
chars et de forces spéciales
françaises», résume Xavier Panon de La
Montagne.
Pour Hervé Favre de La
Voix du Nord, «la reddition de
Laurent Gbagbo met fin à une situation
surréaliste» sans garantir «pour autant
le retour rapide à la paix civile».
«La volonté des
gagnants de traduire Laurent Gbagbo devant
la justice ne plaide pas pour une réconciliation rapide,
surtout si les
enquêtes sur les exactions s’arrêtent
à la porte du vainqueur», poursuit-t-il.
«Seule la capture de
Laurent Gbagbo pouvait ouvrir la voie à
l’apaisement en Côte d’Ivoire»,
où «la crise n’est pas finie».
Le nouveau
président devra, aussi, «prouver qu’il
n’est pas la marionnette de la France»,
ce qui pourrait se révéler une tâche
«ardue», souligne Patrick Fluckiger dans
L’Alsace.
«En attendant»,
ironise-t-il, «les fortes paroles de Nicolas
Sarkozy, qui avait juré de rompre avec la vieille pratique
des interventions
armées de la France en Afrique, sont à ranger au
rayon, déjà bien garni, des
effets de manche non suivis de concrétisation».
(Source AFP)

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