Organisation
Campagne
Archives
Actions
Soutien
Adhérer au P.
E. I
Avec
le Parti Ecologique Ivoirien
C’est le développement durable
C’est non, aux OGM
C’est non, aux nucléaires
Non, à la pollution et aux nuisances
C’est la santé
C’est l’économie
d’énergie
C’est la protection de l’environnement
C’est la vie, la paix la cohésion
Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
E. I
Contactez nous pour vos annonces publicitaires sur notre site.
La priorité est réservée à
nos DONATEURS
Liens articles Pertinents
Le Parti Ecologique Ivoirien
13
milliards de
déficit : La Caisse
d’épargne au bord de la banqueroute
| |
|
jeudi
19 mars 2009 - Par Fraternité Matin |
La Caisse nationale des caisses
d’épargne est à la croisée
des chemins.
Les déséquilibres financiers,
consécutifs au manque de rigueur dans la
gestion du directeur général, et à
l’absence de contrôle menacent la
société de cessation de paiement.
C’est l’alerte générale
à la Caisse nationale des caisses
d’épargne
(Cnce, ex-Caisse d’épargne et des
chèques postaux ou Cecp). Les
clignotants sont au rouge et la société
d’Etat est au bord de la
banqueroute. Le ministre de l’Economie et des Finances, Koffi
Charles
Diby, a donc brandi le carton rouge.
Le courrier n°1236 / Mef / Dge / Dpp /As en date du 6 mars
dernier
qu’il a adressé au président du conseil
d’administration (Pca) de la
société, est un sévère
diagnostic de la mauvaise gestion de la Caisse
d’épargne. Qui s’est
installée dans un déficit chronique.
“Je note que
depuis l’exercice 2005, la Caisse
d’épargne a réalisé des
déficits
budgétaires très importants pour un cumul de
13.896.897.420 FCFA. A ce
rythme, dans un horizon proche, la Caisse
d’épargne sera en état de
faillite”, analyse-t-il.
Sur ce tableau sombre, l’exécution du budget 2008
a fait apparaître un
résultat net provisoire déficitaire de
3.551.548.801 FCFA et le projet
de budget 2009, que la tutelle a finalement rejeté,
révèle, lui aussi,
un résultat net prévisionnel
déficitaire de 293.674.981 FCFA.
Le péril du dépôt de bilan est en la
demeure. Préoccupé par la menace
que l’entreprise ne puisse être en cessation de
paiement, le ministre
de l’Economie et des Finances était
monté au créneau pour mettre le
holà et tenter de sauver les meubles. Par courrier
n°073/Mef/cab-01/0S
en date du 8 juin 2008, il demandait au directeur national de la Bceao
de rejeter tous les effets émis par la Caisse
d’épargne. Et par
courrier n°4964/Mef/Cab-01/OS en date du 19 septembre 2008, il
adressait une mise en demeure à Sokouri Marcellin Zahui,
directeur
général (Dg) de la Cnce.
Car, faisant déjà le constat qu’en
raison d’un manque de rigueur dans
la gestion du Dg, le niveau des débits Cnce sur le compte
central du
Trésor - fixé à 15 milliards de nos
francs au maximum - se situait à
26,3 milliards de FCFA en fin août 2008, le ministre de
l’Economie et
des Finances a sommé Sokouri Marcellin Zahui de se mettre en
règle en
urgence en couvrant le déficit de 11 milliards de FCFA
constaté sur les
nivellements décadaires.
Le 29 décembre dernier, ce fut au tour du conseil
d’administration de
la société d’être
convié à une réunion extraordinaire. A
l’ordre du
jour, la situation délétère qui
prévaut au sein de l’entreprise.
“Malaise général”
La gouvernance du directeur général, à
la tête de l’entreprise depuis
le 5 octobre 1998 est, en effet, en cause. Le Pca de la Caisse
d’épargne, Maurice Oulaté,
déplorant “le malaise
général au sein de la
société”, a fustigé sa
gestion gabégique. Il a, selon le procès verbal
de ce conseil d’administration extraordinaire,
dénoncé notamment
l’implication de Marcellin Zahui et de certains de ses
collaborateurs
dans la création de sociétés
quelquefois concurrentes à la Cnce, le
financement d’opérations immobilières
(occultes), sans l’accord
préalable du conseil d’administration, et la
réalisation de plusieurs
investissements financiers exorbitants, qui se chiffrent à
une dizaine
de milliards de FCFA. Alors que le pouvoir d’engagement
accordé au Dg
par le conseil d’administration (Ca) est limité
à seulement 120
millions de nos francs.
Si l’on en croit le réquisitoire de Maurice
Oulaté, la Cnce - victime
d’une hémorragie financière
consécutive à d’importants
décaissements
improductifs - est devenue la vache à lait du premier
responsable de la
société. En effet, de janvier à
novembre 2002, M. Zahui s’est lancé
dans des opérations immobilières. Le financement
qu’il dit avoir trouvé
aux Usa pour un projet d’habitat social, devait
être réalisé par une
société de droit américain
basée en Louisiane, Tristar Usa of LA, Inc,
dont le chairman, d’origine ghanéenne, se nomme
Charles Ampofo. Ce
dernier est connu à la Cnce. Il est le
propriétaire de Slm Soft, la
société canadienne de logiciel qui a obtenu, en
2001, le contrat clé en
mains de 7 milliards de nos francs pour le perfectionnement du
système
informatique obsolète de la Caisse
d’épargne et des chèques postaux
(Cecp, ancêtre de la Cnce).
Tristar a accepté, à titre d’essai, de
faire un premier financement de
2 millions de dollars Us, soit un milliard de nos francs. Mais alors
qu’il était question au départ
d’un préfinancement à 100% pour cette
opération d’habitat social, les conditions
financières vont être
totalement bouleversées. Par courrier
n°540/Cecp/DG/KM/2002 en date du
6 mai 2002 adressé à Serge Bailly, directeur de
l’exploitation de
Standard chartered bank à Abidjan, le directeur
général de la Caisse
d’épargne a offert une garantie au profit de
Tristar, sous forme de
caution bancaire d’un milliard de FCFA, soit deux millions de
dollars
Us: 500 mille dollars après embarquement des
équipements par Tristar,
500 mille dollars lorsque les équipements seront sortis des
douanes à
Abidjan, 500 mille dollars à la livraison des
équipements sur le site
de Yamoussoukro et 500 mille dollars à la livraison des 50
premières
maisons.
Les deux premiers décaissements ont
été effectués au profit
d’une
société tierce, Kampac oil (autre
dénomination de Tristar, selon
certains) qui, elle, réside à Dubaï, au
Qatar. Mais aucune maison n’est
sortie de terre et l’argent, non remboursé
à la Cnce parce que
volatilisé. Concomitamment, deux
sociétés civiles immobilières ont vu
le jour, au plan local, pour la conception, la mise en œuvre
et la
réalisation des travaux. Il s’agit d’une
part de la Sci Monaco, qui a
bénéficié d’un
prêt de 180 millions de nos francs et d’une caution
bancaire en faveur de la mairie de Yamoussoukro pour 110 millions de
FCFA; et d’autre part, de la Sci Fromager, qui a
bénéficié de deux
prêts promoteurs immobiliers de 180 millions de FCFA chacun
pour
l’acquisition de terrains urbains à la Djibi et
Akouédo village. Mais,
les constructions n’ayant jamais vu le jour; tous les
crédits et
décaissements effectués dans ce cadre
apparaissent comme des sommes
détournées.
Sur sa lancée, le directeur général de
la Caisse d’épargne a autorisé
d’autres opérations en faveur du Crédit
mutuel de Côte d’Ivoire (Cmci).
C’est un délit d’initié. Il
se trouve que la liste officielle des
institutions de microfinance (Imf) agréées au 31
décembre 2007 indique
Marcellin Zahui en qualité de
“responsable” de cette institution
mutualiste d’épargne et de crédit.
Ainsi, un crédit de 20 millions de
FCFA, jamais remboursé (?), a été
consenti, en novembre 2002, dans le
cadre de l’installation de cette institution dans les
localités de
Yopougon, d’Abobo et Abengourou.
En outre, par décision personnelle, le Dg de la Cnce a
effectué auprès
du Cmci des dépôts à terme (Dat) pour
un montant cumulé de 2 milliards
de FCFA sur la période du 19 mai 2004 au 23 septembre 2004.
Ces Dat ont
fait l’objet de quatre conventions d’ouverture de
compte à terme, mais
aucun des articles 2 de ces conventions portant sur le montant,
n’identifie le numéro de compte
attribué à la Cnce par le Cmci pour ses
dépôts. La rentabilité de ces
placements est restée sujette à caution,
compte tenu de la jeunesse de cette structure.
Mère nourricière
Dans cette ambiance, la direction générale de la
Cnce a sollicité
l’autorisation du conseil d’administration, au
cours de sa session du
16 avril 2004, pour effectuer des prises de participation dans le
capital des sociétés d’assurance Colina
vie et Prévoyance
luxembourgeoise Côte d’Ivoire
d’assurances vie (Preluxcia vie, ex-Afram
vie), à hauteur respectivement de 20 et 55%. Le conseil a
donné son
accord pour Colina, la première compagnie. En revanche, il
n’a pas
autorisé l’opération sur la seconde.
Mais il venait d’être abusé. Car,
ses réserves arrivaient au moment où les carottes
étaient cuites.
Depuis juillet 2003, Zahui Marcellin, Dg de la Cnce, et Joseph
Mancambou, Dg de Preluxcia vie, avaient signé une convention
d’une
durée de trois ans. Et, en son article 1, ladite convention
fait de la
Caisse d’épargne
“l’actionnaire majoritaire dans Preluxcia vie
à
concurrence de 55% du capital social de celle-ci”. Selon les
dispositions, la Caisse d’épargne a
été condamnée à prendre en
charge
Preluxcia vie.
Et puis, “en cas d’absence de
bénéfices dégagés par
Preluxcia vie, il
n’est pas dû de rémunération,
ni de remboursement desdites sommes à la
Caisse d’épargne”, stipule
l’alinéa 1 de l’article 3 de la
convention.
Au terme de cette disposition, le concours financier se
révèle
(presque) gratuit et Preluxcia vie peut dormir sur ses lauriers en
comptant sur le cordon ombilical de sa mère
nourricière qu’est la Cnce.
Surtout que si elle “présente un
résultat, même insuffisant, elle devra
payer à la Caisse un intérêt
de… 5% l’an”, selon
l’alinéa 2 de
l’article 3 de la convention.
L’affaire sent donc le roussi. Car, la Caisse
d’épargne, elle aussi
abusée, a été roulée dans
la farine. Elle n’est mentionnée nulle part
dans le protocole d’accord d’achat
d’actions conclu, le 18 septembre
2002, entre la société Afrique conseil et
management en assurance
(Acma, cabinet de courtage d’assurances),
représenté par Eba Martial
Assandé, son gérant, et les héritiers
de feu Angoua Koffi Maurice
(ex-DG des Douanes et fondateur de l’ex-Afram vie).
Il en résulte que les 11.220 actions
cédées par Preluxcia vie (sur les
12.000 au total) ont été vendues au courtier Acma
et non à la Caisse
d’épargne pour un prix de 215 millions de FCFA
augmenté du goodwill (*)
de 118.224.000 F CFA.
La vérité est que dans la répartition
du capital acquis et le chiffrage
du coût de ce projet, c’est la Caisse
d’épargne qui a financé, presque
entièrement, à elle seule et gratuitement, le
rachat et les charges
d’exploitation de Preluxcia vie.
Pour cette opération, l’on avance un
décaissement global supporté par
la Cnce de plus d’un milliard de nos francs ainsi
décompté: 250
millions de FCFA pour le siège de la
société dans une partie du 4e
étage de l’immeuble Woodin, au Plateau,
achetée comptant, entièrement
aménagée et meublée par la Caisse; 660
millions de nos francs (prêt
gratuit de 220 millions de FCFA reconductible sur trois ans) pour
consolider les fonds propres de la compagnie; trois avances en
trésorerie qui se chiffrent à 183.500.000 (50
millions, 40 millions et
93,5 millions); 150 millions de FCFA pour le fonds de roulement.
Tour de passe-passe
Le 31 octobre 2003, le conseil d’administration de Preluxcia
vie se
réunit et adopte, à
l’unanimité, le changement de
dénomination sociale
de la société que la Cnce a portée
à bout de bras. Preluxcia vie
devient officiellement, le 31 décembre 2003, La Loyale vie
(société
anonyme au capital de 600 millions de FCFA). Cette modification de la
personne morale est préjudiciable à la Caisse
d’épargne. Qui est le
dindon de la farce.
Contrairement à Preluxcia vie où elle
détenait, initialement et sur
papier, 55% des parts, la Cnce n’est plus
l’actionnaire majoritaire de
la nouvelle société. Avec seulement 26% du
capital, elle ne dispose pas
de la minorité de blocage. Pis, de 2003 à 2008,
elle n’a reçu aucun
dividende de La Loyale vie à l’inverse de
l’investissement de Colina
vie qui lui a rapporté d’importants
intérêts.
Dans ce tour de passe-passe, La Loyale vie crée, en 2003, La
Loyale
assurances - société anonyme au capital de 600
millions de FCFA dont
les statuts ont été adoptés le 19
novembre 2003 - pour constituer le
groupe La Loyale. Elle en est la société
mère et l’actionnaire
majoritaire avec 35,33% du capital social, à concurrence de
212
millions de nos francs.
Et pourtant, la santé financière de La Loyale vie
était très précaire.
Le cumul de ses pertes enregistrées aux 31
décembre 2003 et 2004
s’élevait respectivement à 639.299.397
FCFA et 826.342.704 FCFA. Quant
aux engagements envers les assurés et aux dettes, ils se
chiffraient,
pour les mêmes dates, respectivement à
1.117.860.178 FCFA et
1.399.988.936 FCFA pour les provisions techniques, et à
591.944.494
FCFA et 653.542.824 FCFA pour les emprunts.
La vérité de ce financement de 212 millions de
FCFA pour contribuer à
la création de La Loyale assurances se trouve dans le jeu
habile des
participations croisées, des abus sociaux et des prises
illégales de
participation. Par lequel les ressources propres de la Cnce - le gros
perdant – ont servi à bâtir des empires
privés.
Mais ce n’est pas le bout du tunnel pour la Caisse
d’épargne. Autant
elle ne contrôle plus La Loyale vie, autant elle ne figure
même pas au
nombre des actionnaires de la nouvelle société:
La Loyale assurances.
Dont les principaux actionnaires qui la contrôlent, en dehors
de La
Loyale vie, sont: Roger Etienne Arnaud (15%, à concurrence
de 90
millions de FCFA) et Acma (9,86%, à concurrence de 59,200
millions de
nos francs).
Et puis, après la modification de sa personne morale, en
2003, la
structure du capital de la compagnie La Loyale vie a
été modifiée en
2007. Roger Etienne Arnaud et la société Acma,
actionnaires de
Preluxcia vie avec respectivement 15% et 30% des parts, ont disparu de
l’actionnariat. Ils sont remplacés par deux
sociétés qui ont été
portées sur les fonts baptismaux: Athema finances et MPS
holding. Qui
ont respectivement 28% et 14% des parts de La Loyale vie.
Même notaire, même commissaire aux comptes
C’est le 1er octobre 2008, par devant Me Pierrette
Kassy-N’Goran,
notaire à Abidjan, que Athema Finances -
société anonyme au capital de
30 millions de nos francs – a été
créée. En dehors de son objet qui
porte notamment sur le financement et la constitution de
sociétés de
toutes natures, la recherche de financement,
l’ingénierie financière et
la prise de participation dans toutes sociétés
ivoiriennes ou
étrangères existantes ou à
créer, ses administrateurs se recrutent
essentiellement au sein des responsables du groupe La Loyale. Ce sont
Asso Bernard Abouo, Pdg de La Loyale assurances; Yapo Joseph Mancambou,
Dg de La Loyale vie, et autres Anassé Ernest Assamoi, Dga de
La Loyale
assurances; Assandé Martial Eba, Dga de La Loyale vie (et
Pdg de Athema
Finances).
D’autre part, les annonces légales parues dans le
quotidien Fraternité
Matin des 9 mars 2007 et 6 septembre 2007 ont rendu publique la
création de trois sociétés: MPS
holding (200 millions de FCFA de
capital social), MPS finances (10 millions de FCFA de capital social)
et Société africaine de logistique de valeurs
(Salv, 400 millions de
FCFA de capital social). Leurs capitaux sociaux (610 millions de nos
francs) ont été souscrits en
numéraire, c’est-à-dire
payés en espèces
sonnantes et trébuchantes, en une seule fois, chez Me
Zouckou-Boli.
Roger Etienne Arnaud est l’administrateur
général de MPS holding et Pdg
de MPS finances. Le 1er février 2007, associé
unique dans la Sarl
Calypso voyages et tourisme (au capital social de 25 millions de FCFA),
il cédait la totalité de ses parts sociales
à MPS holding. Quant à la
Salv, elle est dirigée, en tant que Pca, par Zahui
Marcellin, Dg de la
Cnce. Ces sociétés ont, avec La Loyale vie, le
même notaire, Me
Zouckou-Boli, et le même commissaire aux comptes, la
Société
d’expertise comptable et de conseils (Secc).
Athema finances et MPS holding (avec 42% des actions de La Loyale vie)
représentent les intérêts personnels
des initiateurs de Preluxcia vie
qui sont liés par un pacte d’actionnaires. A
preuve, les initiales (MPS
pour Marc, Philomène et Sophie) sont celles des membres de
la famille
Zahui, les principaux actionnaires de Acma sont, ici aussi, les
dirigeants du groupe La Loyale et l’ex-directeur
général adjoint de la
Caisse d’épargne, Touré Vamoutari
Médéric Christian, admis à faire
valoir ses droits à la retraite pour compter du 17 juin
2007, est Pca
de La Loyale vie et administrateur de la Salv.
C’est-à-dire que dans
l’opération, on prend toujours les mêmes
- les
initiateurs de l’opération Preluxcia vie (parce
qu’on ne change pas une
équipe qui gagne dans les… montages financiers
suspects) - et on
recommence. Et le tour est joué.
Ferro M. Bally
Concurrence déloyale
Sale temps pour la Caisse d’épargne. Elle
n’accumule pas seulement des
déséquilibres financiers; elle est en butte aux
concurrences ardues des
compagnies privées de transport et maintenant de certaines
sociétés
qui, créées par ses fossoyeurs de premiers
responsables, lui disputent
le marché.
Le 19 février 2007, par déclaration
notariée dite de souscription et de
versement de statuts par les soins de Me Zouckou-Boli, la
société MPS
finances Sa a vu le jour. Son Pdg est Roger Etienne Arnaud,
administrateur général de MPS holding Sa. Son
objet est curieusement
identique aux gammes de produits exploités
également par la Cnce:
toutes activités et opérations de change, gestion
de bureaux de
changes, conception de système de paiement et toutes
transactions
financières assimilées. C’est la
parfaite description des activités de
Money express, produit de la Caisse d’épargne.
M. Arnaud est également administrateur dans une
société de transport de
fonds et valeurs: la Société africaine de
logistique et de valeurs
(Salv). Trois principaux responsables de la Cnce sont membres du
conseil d’administration: Zahui Marcellin, directeur
général, Touré V.
Médéric, ex-directeur
général adjoint, et Adiko Antoine, chef du
département autonome de l’administration
générale. Le Pca de la Salv
est le Dg de la Cnce. Ces deux sociétés, avec le
même patron, sont
désormais concurrentes pour exercer
l’activité de transport des fonds
et valeurs. Il est donc indiscutable que pour des raisons
évidentes,
l’avantage concurrentiel va être donné
à la société privée, Salv,
au
détriment de la société
d’Etat, Cnce.
F. M. Bally
Une opération frappée de nullité
Selon l’avis, signé de Touré Vamoutari
Médéric (Pca de La Loyale vie)
et de Me Zouckou-Boli Léa (notaire) et paru dans le
quotidien
Fraternité Matin en date du 27 février 2009, le
capital social de La
Loyale vie est passé de 600 millions de FCFA à
1,5 milliard de nos
francs.
La compagnie d’assurance a donc
bénéficié d’une augmentation
de son
capital à hauteur de 900 millions de FCFA “pour
partie en numéraire
(c’est-à-dire payée en
espèces), à concurrence de 738.450.000 FCFA et
pour partie par compensation avec une créance certaine,
liquide et
exigible”, selon l’avis. Ladite augmentation du
capital résulterait
d’une assemblée générale
extraordinaire tenue le… 19 avril 2007.
Il y a donc anguille sous roche. La Loyale vie est une
société à
participation financière publique parce que la Cnce, avec
26% du
capital social, est l’un de ses actionnaires.
L’article 2 de la loi
n°97-520 du 4 septembre 1997 relative aux
sociétés à participation
financière publique est ainsi libellé:
“Au sens de la présente loi, une
société à participation
financière publique est une société
commerciale
dont le capital est partiellement et directement détenu par
l’Etat, une
personne morale de droit public ou une société
d’Etat”.
Pour cette raison, “toute augmentation ou
réduction ultérieure de la
participation financière publique, selon les dispositions
pertinentes
de cette loi, doit être autorisée par
décret”. Ce ne fut pas le cas au
point que cette opération est susceptible
d’être frappée de nullité.
En outre, l’annonce légale s’est
gardée de révéler les actionnaires qui
ont participé à cette importante augmentation.
C’est le black-out sur
la participation de la Cnce à cette augmentation du capital
et les
incidences que ladite augmentation peut avoir sur les parts initiales
de la Caisse d’épargne. L’avis est
également resté silencieux tant sur
les taux de participation des actionnaires à cette
augmentation, que
sur l’identité de la “créance
certaine, liquide et exigible”, objet de
la compensation opérée à concurrence
de 161.550.000 FCFA.
Selon nos investigations, le montant de 900 millions de FCFA qui est
l’augmentation effectuée du capital social de La
Loyale vie,
s’apparente à une partie d’une
créance impayée que La Loyale vie
détenait, en 2006, sur la Cnce.
En effet, en 2005, la Caisse d’épargne a, pour ses
clients, souscrit à
une assurance «Frais funéraires»
n°00-00041F auprès de La Loyale vie
pour la période allant du 1er septembre 2005 au 31
décembre 2006.
La facture de primes que cette compagnie d’assurances a
établie, le 20
décembre 2005, pour ses prestations
s’élevait à 2.486.490.000 FCFA. La
direction générale de la Cnce a refusé
d’honorer ses engagements. Pis,
elle a demandé l’annulation du contrat.
C’est alors que par courrier Mae/ka/344-07-06/L-L-vie en date
du 13
juillet 2006, Martial A. Eba, directeur général
par intérim de La
Loyale vie, s’est opposé à cette
éventualité parce que “d’une
part, la
société a déjà
enregistré dans ses comptes 2005 une partie de la prime
correspondant à la période du 1er septembre au 31
décembre 2005 et
d’autre part, a, dans son chiffre d’affaires 2006,
pris en compte la
partie des primes correspondant à la période du
1er janvier au 31
décembre 2006”.
La Loyale vie a donc proposé et obtenu d’une part,
le règlement
intégral de la prime correspondant à la
période du 1er septembre au 31
décembre 2005, soit 621.622.500 FCFA; et d’autre
part, le paiement de
la prime correspondant à la période de garantie
juridique (1er janvier
– 30 juin 2006), soit 932.433.750 FCFA.
A l’analyse, le pactole (1.554.056.250 FCFA) aura servi, pour
la
première tranche (621.622.500 FCFA) à
éteindre la dette de 666 millions
du bilan 2005 de La Loyale vie et pour la seconde (932.433.750 FCFA),
à
augmenter le capital de la société
d’assurances.
Cerise sur le gâteau, le Pca de La Loyale vie,
Touré Médéric, était le
directeur général adjoint de la Cnce. Il y
était pour le compte de la
société d’Etat. Rayé de
l’effectif du personnel de la Cnce depuis le 17
juin 2007, il ne peut plus, sauf mandat spécial introuvable,
représenter les intérêts de la Caisse
d’épargne au conseil
d’administration de La Loyale vie.
Car, s’il y était jusqu’à son
départ à la retraite, c’est en
application des paragraphes 19 et 21 conjoints de la
délégation de
pouvoirs du 7 avril 1999, qui permet à Marcellin Zahui de
désigner
certains de ses collaborateurs pour représenter la Cnce dans
l’administration d’une
société tierce où elle
possède des parts ou
intérêts.
En outre, la mise en œuvre des pouvoirs de
représentation indiqués aux
paragraphes 19 et 21 de la délégation de pouvoirs
ne se conçoit et ne
s’entend que dans le cas de sociétés
dont la création a été
préalablement autorisée au moins par le conseil
d’administration. Ici
aussi, la cause est entendue quand on sait que le conseil
d’administration de la Cnce n’avait pas
autorisé la direction générale
à prendre des participations dans le capital de La Loyale
vie
(ex-Preluxcia vie).
F. M. B
Une caisse de résonance
À la tête de la Caisse
d’épargne depuis bientôt onze ans, le
directeur
général peut se flatter de composer avec un
conseil d’administration
(Ca)… complaisant et peu regardant. Devenu une caisse de
résonance et
une chambre d’enregistrement. Alors que l’article
16 des statuts
dispose qu’il “a les pouvoirs les plus
étendus pour agir, en toutes
circonstances, au nom de la société et faire
autoriser tous actes et
opérations relatifs à son objet”, ce
conseil (de huit membres) a
complètement démissionné, laissant les
mains libres à Marcellin Zahui.
La majorité des administrateurs composant le Ca de la Cnce
ont,
semble-t-il, choisi de jouer dans le camp du directeur
général. A la
différence du Pca qui se retrouve presque seul à
dénoncer les
comportements illégaux,
l’irrégularité des
procédures et le piétinement
de l’autorité du Ca; instance qui n’est
pas informée des initiatives
majeures que le Dg prend. Unilatéralement.
Ainsi, le Dg ne transmet pas les Pv des comités de direction
au Pca,
s’implique dans la création de
sociétés quelquefois concurrentes à la
Cnce, réalise des investissements et des prises de
participation. Sans
habilitations spéciales nécessaires et donc en
violation des statuts de
la Cnce et des sociétés d’Etat,
Marcellin Zahui est surpris à
représenter la Caisse d’épargne dans le
Crédit mutuel de Côte d’Ivoire
et à siéger au conseil d’administration
de la Salv; deux sociétés dont
les créations n’ont pas été
légalement autorisées par le Ca de la
Caisse d’épargne. Mais s’appuyant sur
des complicités actives internes,
il est toujours parvenu à régulariser ou
à arranger, après coup,
certains de ses actes.
Le procès-verbal de la réunion du Ca du 16 avril
2004 a dénoncé cette
pratique malsaine du Dg qui consiste à recourir à
la bénédiction du
conseil après qu’il l’a mis devant le
fait accompli. La réunion
extraordinaire du 29 décembre dernier s’inscrit
dans cette logique. Au
grand dam du Pca de la Cnce.
Primo, en soulignant que “tous les contrats signés
par la Cnce et
courant jusqu’en fin 2008 doivent être
résiliés”, cette session tente
d’avaliser la “rupture abusive”, par la
direction générale, du courtage
Cicar Amyot et des contrats de Colina pour les contrats
d’assurance de
2009. Or, cette question a déjà
été réglée le 2 septembre
2008 quand,
dans le cadre de son pouvoir de contrôle permanent de la
gestion
assurée par le Dg, le président du conseil
d’administration de la Cnce,
par courrier, a annulé la dénonciation de la
convention de courtage.
Des lettres d’information ont été
transmises, le 3 septembre, à la
société Cicar Amyot de même
qu’aux administrateurs et au ministère de
l’Economie et des Finances.
Secundo, les administrateurs ont tenté de noyer le poisson.
En appelant
au strict respect de la réglementation “pour que
s’organisent des
appels d’offres en bonne et due forme”, ils savent
qu’ils prêchent le
faux. Non seulement pour légitimer, a posteriori et
rétroactivement,
les résiliations effectuées
antérieurement par la direction
générale en
juin et août 2008, mais pour couvrir des forfaitures.
Car, sans appel d’offres et donc en contradiction flagrante
avec ladite
réglementation, le Dg de la Cnce avait
déjà choisi, pour les contrats
d’assurance de 2009, un nouveau courtier, Acma, et de
nouveaux
assureurs, le groupe La Loyale. Le conseil d’administration
est resté
motus et bouche cousue devant ce marché de gré
à gré. De même que le
directeur de la privatisation et des participations, K. P. Narcisse
N’Dri, qui demeure sans réaction face à
la violation du décret
n°2005-110 du 24 février 2005 portant Code des
marchés.
F. M. Bally
(*) Le terme goodwill est un mot anglais que l’on peut
traduire par Pas
de porte. Il désigne, en matière commerciale, une
plus-value accordée
en considération notamment de la bonne image commerciale de
la société,
de sa bonne réputation, de sa situation
géographique, de son attrait ou
de son impact sur les clients.
Reproduction
interdite du site