La violence s’est
généralisée ces derniers jours dans la
capitale économique ivoirienne, Abidjan. Hier jeudi 17 mars
2011 en début d’après-midi, des tirs
à l’arme lourde ont été
entendus à Adjamé, dans les environs du journal
pro-gouvernemental Fraternité Matin, obligeant les
responsables du quotidien aidés par la police, à
évacuer le personnel. Selon des témoins, une
fusillade a éclaté non loin du district de police
d’Adjamé situé en face de
Fraternité Matin. Ce poste de police a
été attaqué par des individus
armés, autour de midi. Mais la riposte ne s’est
pas fait attendre de la part des policiers. Le personnel du quotidien
pro-gouvernemental qui avait été
regroupé dans le sous-sol du bâtiment qui
l’abrite, a été sorti pour
être évacué, quand il y a eu une petite
accalmie. « On nous demande de partir. Mais nous
n’avons aucune garantie de sécurité en
sortant de l’entreprise. Ça tire partout
», aurait expliqué affolée, une
secrétaire de direction à Fraternité
Matin au site connectionivoirienne.net. Un peu plus tôt dans
la matinée, une information de plus en plus
récurrente mais que nous n’avons pas pu
vérifier, annonçait que des casques bleus
à bord de véhicules militaires de
l’ONUCI auraient distribué des armes à
des jeunes à Adjamé. Ceux-ci auraient
semé la terreur dans la commune. Ainsi, dans le quartier
Dallas, toujours à Adjamé, qui fait
frontière avec la commune du Plateau, le centre des affaires
abidjanais, des tirs nourris ont également
été entendus. On pouvait voir des jeunes, des
femmes et des hommes courir, la tête baissée pour
éviter de prendre une balle perdue. Le « commando
invisible » qui affirme combattre pour Alassane Ouattara,
reconnu président par la communauté
internationale, a tenté de prendre le ministère
de la Défense, non loin de l’Etat-major des
Armées au Plateau. La riposte des Fds présents en
ce lieu a été fatale. Une douzaine d`assaillants
ont été tués. Un
périmètre de sécurité a
été mis en place par la gendarmerie et la
préfecture de police, des gendarmes et des policiers
s’affairaient à faire retourner les
véhicules qui entraient au Plateau. Toujours à
Adjamé, le Forum des marchés et les environs de
la gare de la SOTRA étaient sous les tirs. A Cocody,
c’était le même constat. Des tirs ont
également sorti les riverains de leur quiétude,
les obligeant à se barricader. La Radiodiffusion
télévision ivoirienne (RTI) aurait
été la cible d’assaillants. A Yopougon,
un bastion réputé imprenable du
président Laurent Gbagbo, des affrontements ont eu lieu dans
le quartier de Port-Bouët 2, proche d’Alassane
Ouattara, entre les Forces de défense et de
sécurité (FDS) et ce « commando
invisible », soupçonné
d’avoir élu domicile dans le quartier comme dans
bien d’autres pro-Ouattara. Des combats rudes ont fait fuir
les populations, qui se sont réfugiées dans
d’autres quartiers de Yopougon. Cette commune est sous haute
tension depuis quelques jours, après les combats qui ont
opposés les FDS à des assaillants dans les
environs de la résidence du chef d’Etat-major des
Armées, le Général de corps
d’armée, Philippe Mangou, le lundi dernier. Dans
la nuit de mercredi 16 mars 2011, une information diffusée
sur les antennes de la RTI, annonçait que 40 chars onusiens
étaient aux portes de Yopougon, en provenance de
Bouaké, le fief de la rébellion des Forces
nouvelles. C’était la veillée
d’armes dans la plus grande commune de Côte
d’Ivoire; tous les quartiers étaient en alerte
maximum jusqu’au petit matin pour attendre le convoi onusien
qu`on suspectait de vouloir attaquer Yopougon.
Hervé KPODION