La scène se passe
à Abobo, précisément au centre de
coordination de la Commission électorale d’Abobo1.
M. Diby N’Cho Claude, né le 11 novembre 1965, se
présente en ces lieux, muni d’un formulaire de
réclamation et demandant la radiation pure et simple de M.
Kamagaté Moustapha, né le 11 mai 1976
à Bouandougou. Pour le sieur Diby, le nommé
Kamagaté n’a pas le droit
d’être sur la liste électorale. Comme
argument pour étayer son accusation, lisons plutôt
la fiche de « témoignage de demande de radiation
qu’il fournit comme preuve : « Je
soussigné M. Diby N’Cho Claude déclare
sur l’honneur que le nommé Kamagaté
Moustapha (…) n’a pas le droit de figurer sur la
liste électorale 2010 de la République de
Côte d’Ivoire pour les raisons suivantes : Est de
père et de mère maliens. (Parce que) Participe
aux réunions de la communauté malienne de la
Djibi et participe aux festivités et mariages de la
communauté malienne. En foi de quoi je porte ce
témoignage pour valoir ce que de droit. Fait à
Abobo, le 01/08/2010 ». Autres exemples de demandes de
radiation à Abobo, tous aussi à la limite du
farfelue comme celle de M. Diby, ce sont celles de MM. Dodou
Opiéhé Augustin, Ibodéa My Paul,
Lué Kipré, Ibo Caro Jean-Pierre, Kouakou Konan
Olivier, Kouassi Konan Martial et bien d’autres, qui exigent
chacun le retrait d’une trentaine de
pétitionnaires de la liste électorale sous
prétexte que ceux-ci seraient des étrangers.
Comme preuve ici, on brandit une fiche n’ayant aucune mention
de certification (en-tête ou signature). Il est simplement
écrit au dessus du tableau comportant « les
accusés » la mention : « Extrait du
fichier des ressortissants CEDEAO possédant une carte
consulaire ». Et c’est tout. Cela doit suffire
à « désinfecter », selon les
termes du FPI, la liste électorale définitive.
Ridicule !
Cette situation, depuis l’entame de la dernière
ligne droite du contentieux sur la liste électorale
provisoire, a empiré. Car, comme ces cas cités
plus haut, les populations d’Abobo, notamment les militants
du RDR et des personnes ayant des noms à consonance
nordiste, ne cessent d’être quotidiennement surpris
par ces dénonciations fantaisistes de la part de personnes
proches du FPI. Selon des indiscrétions proches de ces
personnes, elles agissent pour le compte du parti au pouvoir moyennant
des espèces sonnantes et trébuchantes.
« Pour une réclamation de radiation, on a 1000
FCFA. Imaginez une personne réclamant la radiation de 10,
20, 30 ou 100 individus. C’est faire du pactole »,
se réjouit cyniquement MK, étudiant. Des sources
nous indiquent qu’à ce jour, ce sont plus de 2.500
pétitionnaires qui sont accusés par le FPI
à Abobo. Sans aucune preuve réelle, les
calomniateurs qui agissent ainsi en toute impunité ne se
soucient même pas des conséquences d’un
tel acte sur la paix social et la cohésion nationale. Une
action malheureuse pour une Côte d’Ivoire en
quête d’une vraie réconciliation entre
ses fils et filles.
Diawara Samou