5 soldats de l’ONUCI
à bord de leur pick-up et qui se rendaient hier matin
à Azito (un village de la commune de Yopougon
située à Niangon Nord à droite) pour
saboter des installations de la centrale thermique ont
été stoppés net dans leur course par
les populations, à moins de trois kilomètres de
ce village.
Furieuses, ces populations en majorité des jeunes patriotes,
nationalistes, prêts à défendre leur
pays contre la présence de forces belligérantes
sur le sol ivoirien, ont dégonflé les pneus de
leur véhicule et les ont neutralisés
malgré les kalachnikovs qu’ils
détenaient. “ONUCI, dehors, vous êtes
des criminels, le génocide du Rwanda, c’est vous,
mais vous échouerez en Côte d’Ivoire.
Allez-vous-en. Vous êtes des assassins. Vous êtes
là pour semer la haine et non l’amour. Ne vous
fatiguez pas, Alassane Ouattara ne sera jamais président de
la Côte d’Ivoire”, pouvait-on entendre
ici et là. Ces cinq casques bleus d’origine
bengladeshi ont passé des heures difficiles,
conspués, pris en otage par des centaines et des centaines
de jeunes dont plusieurs ont pratiquement happé leur
véhicule (certains sur le toit, d’autres dans la
cabine).
Informé de cette situation et pour éviter que ces
5 soldats soient lynchés à mort, le chef
d’Etat-major des armées, le
général Philippe Mangou s’est rendu sur
les lieux pour appeler les manifestants au calme. Celui-ci a
ordonné à ses éléments que
ces 5 Casques bleus soient sous protection policière au
commissariat du 17ème arrondissement de Yopougon (non loin
d’Azito). Mais les populations ont manifesté leur
mécontentement contre les forces de défense et de
sécurité à qui elles reprochent de les
protéger alors que, selon elles, l’ONU veut
détruire la Côte d’Ivoire, et que sa
première cible, ce sont le policiers, les gendarmes et les
militaires. Mécontentes, elles ont suivi les FDS et les
casques bleus jusqu’au commissariat du 17ème
arrondissement où elles continuaient de réclamer
la peau des soldats de l’ONUCI.
Informé à nouveau de la vive tension qui y
régnait, le général Philippe Mangou
arrive sur les lieux à 13 h40 où il rencontre ces
cinq Casques bleus. Acclamé par les populations riveraines
et les manifestants, il s’adressera à eux en ces
termes : “Vous menez le bon combat, tenez bon. Nous nous
occupons de la sécurité du pays. Soyez
tranquilles, ils ne circuleront plus dans les rues
d’Abidjan”, a lancé le chef
d’Etat-major des armées. Finalement
c’est dans l’un des véhicules de
commandement du Général Philippe Mangou que ces
cinq casques bleus ont pu sortir de ce commissariat sains et saufs,
ramenés à leur base grâce à
l’armée ivoirienne. Notons que le
véhicule de l’ONUCI était entre les
mains du commissariat du 17 ème arrondissement de Yopougon
au moment où nous mettions cet article sous presse.
Charles
Bédé