Les chefs d`Etat et de gouvernement
de la Communauté économique des Etats d`Afrique
de l`Ouest (Cédéao), se réunissent
mardi à Abuja pour un sommet extraordinaire sur la crise en
Côte d`Ivoire, déchirée entre deux
présidents proclamés, Laurent Gbagbo et Alassane
Ouattara.
Aucun dirigeant de la Côte d`Ivoire - un des 15 membres de la
Cédéaeo - n`a
été invité à participer
à cette réunion, a annoncé lundi
à l`AFP son
porte-parole. "Les invitations ont été
lancées, mais aucune à la Côte
d`Ivoire", a déclaré le porte-parole de la
Cédéao.
Mais M. Gbagbo, au pouvoir depuis 10 ans, a envoyé des
émissaires en tournée dans la
sous-région à la veille de cette rencontre.
La finalité du sommet d`Abuja est de tenter de
résoudre la grave crise en Côte d`Ivoire
où les deux candidats au second tour de la
présidentielle, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, ont
été proclamés vainqueurs.
La Côte d`Ivoire est en pleine tourmente depuis que M. Gbagbo
a été proclamé vendredi vainqueur de
la présidentielle avec 51,45% des suffrages par un Conseil
constitutionnel acquis à sa cause, qui a invalidé
les résultats de la Commission électorale
indépendante (CEI) donnant son rival en tête avec
54,1%.
Alassane Ouattara bénéficie d`un très
large soutien international. L`ONU, les Etats-Unis, la France, l`Union
européenne, la Grande-Bretagne, la Francophonie mais aussi
l`Union africaine et la Cédéao ont
avalisé les résultats de la CEI et reconnu sa
victoire.
Barack Obama a formellement mis en garde Laurent Gbagbo contre un
"isolement accru" et dit qu`il subirait les "conséquences de
ses actes injustes" s`il s`accrochait au pouvoir, a indiqué
lundi un responsable de la présidence américaine
à l`AFP.
Dimanche, la Cédéao a condamné
l`investiture de Laurent Gbagbo et annoncé une
réunion extraordinaire des dirigeants régionaux
sur la situation dans l`ancienne colonie française.
Le sommet d`Abuja s`ouvre dans l`urgence pour tenter de trouver une
solution alors que le pays, coupé en deux depuis huit ans,
se retrouve avec deux présidents et que leurs partisans
pourraient être tentés de se radicaliser,
plongeant le pays dans le chaos.
A Abidjan, l`ancien président sud-africain Thabo Mbeki a
appelé lundi les dirigeants ivoiriens à faire
"tout leur possible" pour "préserver la paix" dans le pays
après une médiation de deux jours à
Abidjan au nom de l`Union africaine.
A Abuja, le porte-parole de la Cédéao, Sunny
Ugoh, n`était pas en mesure de donner davantage de
précisions sur les mesures qui seront abordées
pendant le sommet.
Depuis le deuxième tour du scrutin présidentiel
le 28 novembre en Côte d`Ivoire, des incidents violents
à Abidjan et dans l`ouest du pays ont fait "au moins 20
morts", selon Amnesty international.