Une minute de silence.
C’est par ce rituel que le président de la
République a débuté ses
échanges avec la forte colonie ivoirienne du
Sénégal mais aussi de la Mauritanie, de la Gambie
et du Cap-Vert. « Je suis soulagé
d’être avec vous pour qu’ensemble nous
pussions penser à tous ces martyrs, tous ceux qui nous ont
quittés, tous les Ivoiriens et même les
non-Ivoiriens qui ont souffert de cette situation de crise
postélectorale. », a déclaré
Alassane Ouattara, déplorant par ailleurs en terme de bilan:
«1 million de déplacés, 170 mille
réfugiés dans les pays voisins et plus de 3.000
morts». Dans une situation de meurtrissure, de blessure, il
était important de commencer à panser les plaies,
a dit le président de la République, pour
justifier les trois jours de deuil national et l’institution
de la commission Dialogue, Vérité et
Réconciliation. « L’une de mes
premières préoccupations a
été de voir comment nous pourrions aller plus
loin pour nous rassembler, créer la confiance et pour faire
en sorte que la Côte d’Ivoire soit à
nouveau réunie», a-t-il affirmé,
invitant par ailleurs les Ivoiriens à faire «leur
examen de conscience» et à dire: «Plus
jamais ça». «Je veux insister sur ma
volonté de réconciliation. Ce qui s’est
passé s’est malheureusement passé.
C’est la vie des nations. Nous avons vu des guerres civiles
dans d’autres pays comme les Etats-Unis ou ailleurs et
quelquefois les crises permettent aux Nations de se reconstruire de
manière plus forte. C’est cela mon ambition. Je
voudrais que la Côte d’Ivoire soit une nation
forte, rassemblée», a-t-il souligné. Le
président de la République a aussi
manifesté son intention de «voir une nouvelle
Constitution qui règlerait les problèmes du
passé mais qui doit aussi anticiper les questions du
futur». Car, argumentera-t-il, la crainte de la
majorité crée quelquefois le désordre
au niveau d’une nation. «Nous allons faire des
élections législatives d’ici la fin de
l’année pour que les Ivoiriens puissent choisir
librement leurs représentants au Parlement et que les
palabres aient lieu au Parlement et non dans la rue, dans les villages
ou dans les hameaux », a fait savoir le chef de
l’Etat. Abordant le chapitre de la justice
«manipulée et
instrumentalisée», le premier magistrat a
manifesté le «besoin d’une justice
crédible, respectée pour les citoyens mais
également pour les investisseurs nationaux ou
étrangers». «Que ce soient
l’armée, les forces de
sécurité, la justice, l’administration,
le processus électoral, nous devons arriver à
faire confiance à nos institutions », a-t-il
déclaré, non sans promettre de marquer son mandat
« en donnant des institutions fortes à la Cote
d’Ivoire avec des personnes indépendantes et
respectées ». Dans les prochains jours, annonce
Alassane Ouattara, les nominations qui seront faites vous
démontreront ma détermination de faire en sorte
que les nominations tiennent compte des compétences.
Auparavant, Blé Lucien, président de
l’Association des ressortissants ivoiriens du
Sénégal (Aris), au nom de toutes les amicales
ivoiriennes, a reconnu Alassane Ouattara comme le «
président de tous les Ivoiriens ». Les
doléances qu’il a présentées
au profit des étudiants, des commerçants et des
femmes ont trouvé solution avec la remise, séance
tenante, de 10 millions de FCfa par Amadou Gon Coulibaly.
Traoré Yacouba
Diarra
Correspondant à Dakar