Il s’agit sur base de notre cartographie des pays suivants :
Nigeria, Côte d´Ivoire, Guinée Bissau,
Guinée Equatoriale, Tchad, Cameroun, Niger, Centre Afrique,
Congo Brazzaville, Gabon, RDC, Angola, Rwanda, Burundi, Madagascar,
Erythrée, Soudan.
Dans tous ces pays, il existe un Etat Optimum
caractérisé par un système de pouvoir
et de décision qui est aujourd´hui usé.
Il y a une crise à la fois morale parce que le
système représentant
l’intérêt général
donne de plus en plus le sentiment de dissimuler une forêt
d’intérêts particuliers, où
les pilleurs pèsent plus que les chômeurs, et une
crise d’efficacité quand la pauvreté
s’aggrave alors que le pouvoir se lance dans la politique de
grands chantiers ou d’éléphants blancs
pour masquer la prédation et les vrais problèmes
sociaux.
Souvent, les inégalités sont devenues aveuglantes
au point de provoquer un terrible sentiment d´injustice.
Cependant, ces pays sont gérés d’une
main de fer par une majorité présidentielle qui
se substitue en parti-Etat et recourt à la politique du
ventre.
Tous les partis politiques qui forment la galaxie
présidentielle ont ce principal dénominateur, le
soutien à l’action du président. La
trame dans tout cela, c’est la conservation du pouvoir. A
fortiori, les discours mettant en exergue la stabilité du
pays viennent vendre l’image du président afin de
donner un sens à son mandat. C´est comme si tout
va bien.
Malheureusement, le pire est devant tous ces régimes
liberticides. En somme, la politique du ventre prévaudra
aussi longtemps que possible dans la mesure où le
scénario repose sur ces ressources : le pétrole,
le diamant, l’or, le cacao, la drogue, le bois.
Il est indéniable d’affirmer que dans ces pays, la
corruption politico-administrative est générale.
Le népotisme, le tribalisme, le clientélisme
règnent en maîtres. Les entreprises publiques sont
le cadre par excellence de cette corruption de profit,
différente de la corruption de survie des peuples. Enfin, il
faut souligner que la plupart des pays cités ci-haut sont
malades de la démocratie.
Quelle que soit pour certains la délicatesse de la situation
post-conflits, il existe une forme de dictature
déguisée revêtant un habillage
institutionnel dont les méthodes et les pratiques sont
celles d’un régime dictatorial.
Très souvent, les postes clés sont
détenus par les membres de famille ou les partisans du Chef
de l´Etat. Il y a une absence de confrontation des
idées et d’alternance politique
générationnelle.
Les chefs d’Etat reproduisent des modèles de
bonapartisme sous-développés. Somme toute, la
question de la consolidation voire de la survie de ces
régimes politiques est plus que jamais marquée du
sceau de l’incertitude. Il appartient donc aux peuples de
prendre conscience que ceux qui sont au pouvoir sont leur
misère et il faut les chasser du pouvoir.
Congo-Brazzaville : Cinquante Années de Guerres
Financées par l'Or Noir
Par Boniface VIGNON
Pays pétrolier, la République du Congo, ou
Congo-Brazzaville, est une illustration du "paradoxe de
l’abondance" : les revenus de l’or noir, qui ont
financé voire provoqué plusieurs guerres civiles,
ont contribué à aggraver la pauvreté
de la population au lieu de l’éradiquer.
Le territoire de la République du Congo, État
d’Afrique centrale qui doit son nom au fleuve Congo et
à l’explorateur SAVORGNAN DE BRAZZA, est
délimité à l’ouest par le
Gabon avec une étroite façade sur
l’océan Atlantique où se trouve la
capitale économique, Pointe-Noire, et les plates-formes
pétrolières off-shore, au nord par le Cameroun et
la République centrafricaine, à l’est
et au sud par la République démocratique du
Congo, ex-Zaïre, dont le séparent les fleuves Congo
et Oubangui. Plus de la moitié de la superficie du pays -
342 000 km2 - est recouverte de forêts.
Le Congo ancien était constitué de plusieurs
royaumes, dont l’"empire" du Kongo
jusqu’à la fin du XIXe siècle, avant le
début de la colonisation française. En 1910, la
région alors appelée "Moyen-Congo" devient une
colonie de l'Afrique équatoriale française (AEF).
C’est alors qu’est entreprise la construction du
fameux chemin de fer Congo-océan, au prix de milliers de
vies humaines.
L’indépendance est acquise en 1960, dans un climat
d’affrontements entre mouvements politiques à base
ethnique, avec l’abbé Fulbert YOULOU à
la tête de l’Etat.
Depuis son indépendance en 1960, le pays a connu une
histoire mouvementée, caractérisée par
une instabilité politique presque chronique. Coups
d'État militaires, assassinats des présidents et
régime autocratique de parti unique ont jalonné
le chemin difficile vers la voie du multipartisme, de la
démocratie.
Dès l'indépendance, les partisans du Mouvement
social africain (MSA) de Jacques OPANGAULT et de l'Union
démocratique de défense des
intérêts africains (UDDA) de l'abbé
Fulbert YOULOU s'affrontent à l'issue d'un scrutin
remporté par ce dernier.
En 1963, Alphonse MASSAMBA-Débat renverse Fulbert YOULOU et
s'installe à la tête d'une révolution
qui donne naissance au Mouvement national de la révolution
(MNR) comme seule force politique à l'intérieur
d'un système de parti unique. Il est renversé et
assassiné en 1966 par un putsch militaire dirigé
par le commandant Marien NGOUABI qui créé le
parti congolais du Travail (PCT). Il est assassiné
à son tour, le 18 mars 1977.
Jacques Joachim YOMBI OPANGO, membre du bureau politique du PCT prend
le pouvoir pour deux ans, et est renversé en 1979 par Denis
SASSOU NGUESSO, lui aussi membre du bureau politique du PCT. Il est
élu en 1984.
En 1990, la dégradation économique du pays,
accentuée par la baisse du prix du pétrole,
débouche sur l’organisation d’une
conférence nationale et l’adoption d’une
nouvelle Constitution.
La première élection présidentielle
démocratique de 1993 amène le professeur Pascal
LISSOUBA, président de l'Union panafricaine pour la
démocratie sociale (UPADS) au pouvoir. Mais en 1993, des
troubles éclatent. Ils opposent le pouvoir et
l’opposition jusqu’en 1995. Deux ans plus tard, la
guerre civile reprend, avec des combats entre
l’armée et la milice de l’ancien
président Denis SASSOU NGUESSO.
En octobre 1997, victorieux, SASSOU NGUESSO se proclame
président. Fin 1998, de violents accrochages opposent de
nouveau l'armée congolaise aux "Ninjas", les miliciens de
Bernard KOLELAS, ancien Premier ministre de LISSOUBA et maire de
Brazzaville. L'armée angolaise aide finalement SASSOU
NGUESSO à conserver le pouvoir.
En décembre 1999, un accord de paix est conclu entre toutes
les factions armées. En 2002, Denis SASSOU NGUESSO est
élu président de la République pour un
mandat de sept ans. Il se maintient encore au pouvoir à
l'issue du scrutin de juillet 2009
21 mai 2004 Le président Denis SASSOU NGUESSO, au micro de
RFI, réfute la disparition des
réfugiés Congolais en mai 1999.
Entre avril et juin 1999, des Congolais du Congo-Brazzaville
réfugiés du fait de la guerre civile dans la
région du Pool ou en République
démocratique du Congo (RDC), sont revenus vers Brazzaville
par le port fluvial, suite à la signature d’un
accord tripartite entre la RDC, la République du Congo et le
Haut-Commissariat aux réfugiés,
définissant un couloir humanitaire censé garantir
leur sécurité.
A leur arrivée à Brazzaville, des centaines de
personnes ont été arrêtées
par des agents publics pour interrogatoire et ont disparu, sans que
l’on sache, encore aujourd’hui, ce qui leur est
arrivé.
La normalisation des relations avec le pasteur Ntumi chef
d’une milice dans le Pool (une région encore peu
représentée au Parlement), de même que
la réconciliation avec l’opposition en exil
restent parmi les défis à relever pour un
régime qui a laissé entrevoir une
volonté de libéralisation, une fois la
stabilité assurée.
Enjeu des guerres civiles qui ont déchiré le
Congo, le pétrole, exploité depuis 1972,
représente 60% de son PIB et plus de 85% de ses recettes
d'exportation. En perte de vitesse à la fin des
années 90, sa production a été
relancée en 2004 avec la découverte de nouveaux
champs pétrolifères. Avec plus de 100 millions de
barils/an en 2009, le pays se place au 39e rang des producteurs
mondiaux, 6e rang des pays producteurs d'Afrique centrale,
derrière le Nigeria, l'Angola, la Guinée
équatoriale, le Gabon et la République
Démocratique du Congo. En 2008, le PIB du Congo
était de 10,7 milliards de dollars.
Régulièrement dénoncées
pour leur gestion opaque des recettes
pétrolières, les autorités congolaises
ont annoncé leur adhésion, en 2004, à
l'Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI).
Le bois constitue la deuxième ressource naturelle du pays.
La population ne profite pas cependant des revenus
générés par les secteurs
pétroliers et forestiers : les deux tiers des 4 millions de
Congolais vivent toujours en-dessous du seuil de pauvreté.
La dette extérieure du Congo (1,9 milliard de dollars) a
été effacée en janvier 2010,
après six années de dures négociations
dans le cadre de l'initiative PPTE (pays pauvre très
endetté).