A Addis-Abeba, le Premier ministre,
Pascal Affi N’Guessan a rejeté les propositions
non négociées du panel en faveur
d’Alassane Dramane Ouattara sur la crise ivoirienne. Cet
échec du panel place plus que jamais les Ivoiriens face
à leur destin.
La rencontre, hier jeudi 10 mars 2011 à Addis-Abeba, en
Ethiopie, entre les parties ivoiriennes et le panel de cinq chefs
d’Etat commis à la résolution de la
crise postélectorale en Côte d’Ivoire,
par l’Union africaine, n’a pas grandi
l’Afrique. Le panel, faisant fi du résultat du
travail qu’il a réalisé sur le terrain
en Côte d’Ivoire, a donné une
première proposition déjà sue. Il part
sur la position de la Cedeao reconnaissant Alassane Dramane Ouattara
comme le vainqueur de la présidentielle. Et il demande que
le Conseil constitutionnel fasse prêter serment à
Alassane Ouattara et qu’un Premier ministre soit
nommé qui va mettre sur pied un Gouvernement
d’union. C’est la condition pour que les autres
point d’Accord de Ouaga puissent être
traités, à savoir le désarmement et
autres. Mais cette proposition a été
rejetée par les représentants du
président Laurent Gbagbo, disant que cela ne reposait sur
rien surtout que la proposition n’est pas
argumentée. « Nous avons estimé que
c`est une proposition inacceptable », s’est
dressé le
président du Front populaire ivoirien (Fpi) Pascal Affi
N’Guessan. Qui constate que «nous continuons la
fuite en avant.» et déplore que «tout le
monde s’appuie sur l`annonce du haut-représentant
de l’Onu (en Côte d’Ivoire, Choi
Youg-Jin) » Or, selon lui, le rapport de Choi n’a
pas une garantie d’infaillibilité :
«Mais si cet élément était
faux? S`il ne reflétait pas la
réalité? » a-t-il relevé.
Pascal Affi N’Guessan s’est montré
imperturbable face à une multinationale de
déstabilisation, qui a mis en minorité les
présidents sud-africain Jacob Zuma et mauritanien Mohamed
Ould Abdel Aziz, président du panel, opposés
à cette position de la Cedeao. Le panel ayant
été constitué pour faire un travail,
si l’on se fonde sur la même forfaiture de la
Cedeao qui a plongé davantage la Côte
d’Ivoire dans la violence, c’est que le panel
n’a pas fait son travail. La séance a
été suspendue pour reprendre
l’après midi devant le Conseil de paix et
sécurité (Cps). Mais déjà,
le représentant du président Laurent Gbagbo
n’a pas fait mystère de son accusation de complot
international contre la Côte d’Ivoire à
l’Afp : « Si cette initiative ne
débouche pas sur des propositions pertinentes et
irréfutables, suffisamment convaincantes, nous craignons que
l`Ua contribue en quelque sorte à parachever le coup
d’Etat entamé en 2002, et qui s`est mué
en coup d`Etat électoral à travers la
dernière élection présidentielle". Et
de tirer les conséquences de cette complicité
dont se serait rendue coupable l’Union africaine : "Nous
craignons qu`en accompagnant ce coup d`Etat là, l`Afrique,
l’Union africaine ne contribuent à aggraver la
situation et être comptables d’une
éventuelle guerre civile qui pourrait avoir lieu parce que
la population n`aurait pas été convaincue de la
pertinence de ce choix". Cette proposition du panel, selon Se. Alcide
Djédjé, ministre des Affaires
étrangères joint hier au
téléphone, « va être
certainement adoptée par le Cps allé en
concertation. Mais ils nous ont permis de nous exprimer…
» Quant à savoir si cette proposition sera
contraignante, il a répondu : «Non, il y a rien de
contraignant. Comment vont-ils nous contraindre ?... On a dit solution
négocié, puisque ce n’est pas
négocié… celui qui n’est pas
d’accord, il rejette ; et nous, nous avons rejeté
ces propositions parce que nous ne sommes pas d’accord.
» Pour lui, le panel n’a pas pris ses
responsabilités. « Nous allons faire une
déclaration pour dire que le panel a
échoué » a-t-il promis en
précisant que « Nous, on s’organise pour
défendre notre souveraineté ».
Germain
Séhoué
gs05895444@yahoo.fr